mardi 29 novembre 2005
La mort de Pierre Seel, gay français déporté
François Brutsch | 16h59 | pink power | permalien | rss
Un blogueur était à son enterrement (via Laurent de Embruns, qui renvoie judicieusement à cette présentation).
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mardi 29 novembre 2005
François Brutsch | 16h59 | pink power | permalien | rss
Un blogueur était à son enterrement (via Laurent de Embruns, qui renvoie judicieusement à cette présentation).
lundi 28 novembre 2005
François Brutsch | 14h19 | pink power | permalien | rss
Comme athée (de culture protestante), je suis réservé sur les injonctions aux Eglises, par exemple de s'ouvrir aux femmes et aux gays: personne n'est obligé d'en faire partie, donc les non membres n'ont pas vraiment voix au chapitre; les membres potentiels non plus, d'ailleurs: par définition les Eglises sont dans l'ordre du dogme, pas de la raison, et un dogme n'a pas être démocratique. L'application des lois anti-discriminatoires me semble extrêmement délicate dans ce contexte, on est vraiment à la jonction de deux droits humains de valeur égale: le droit à la liberté religieuse et l'interdiction des discriminations; et s'il est évident qu'une Eglise ne saurait, au nom de ses dogmes, se lancer dans des campagnes racistes haineuses, je ne suis pas sûr que l'ordre constitutionnel devrait empêcher une Eglise de n'accepter que des Blancs, par exemple, parmi ses fidèles et ses officiants (ce qui me rappelle que mon père, missionnaire au Cameroun, avait joué un rôle de médiateur vis-à-vis d'une Eglise dissidente des "Fils de Cham", réservée aux Noirs...). J'ai donc toujours trouvé qu'il y avait un peu de chutzpah (effronterie, culot; mais cela ne rend pas vraiment la saveur du mot yiddish: c'est l'attitude de celui qui, ayant tué père et mère, invoque comme circonstance atténuante le fait qu'il est orphelin) pour un gay catholique à revendiquer son admission à part entière par une Eglise qui le rejette (puis à vouloir en changer les règles), à la Andrew Sullivan.
Tout cela pour dire que j'ai suivi d'assez loin et sans m'en indigner outre mesure l'affaire des restrictions mises par l'Eglise catholique à l'embauche de gays (je défends d'ailleurs le droit d'établissements gays à sélectionner leur personnel et leur clientèle de la même manière). Mais la présentation arrogante et désobligeante qui en est donnée commence tout de même à m'agacer, en particulier dans cette interview de Mgr Genoud (fichier PDF), évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, dans Le Temps de samedi (que Guillaume Barry est trop occupé par ailleurs pour commenter ici, mais nous ne perdons sans doute rien pour attendre -- complément: c'est ici).
Le lien opéré avec les scandales pédophiles impliquant des prêtres catholiques tout d'abord (il faudrait commencer par rappeler que le scandale porte davantage sur la manière dont la hiérarchie catholique a dissimulé les délits et crimes commis, se faisant ainsi complice des auteurs et déniant toute reconnaissance de leur statut aux victimes, et en définitive permis des récidives par un traitement inadéquat des plaintes dont elle avait connaissance): le test d'embauche ferait mieux de rechercher les tendances pédophiles ("simples" ou "profondément enracinées"), qu'elles soient hétéro ou homo. En ne le faisant pas et en s'en prenant spécifiquement aux gays, on jette gratuitement l'opprobre sur ceux-ci, alors que la pédophilie hétéro n'est pas moins menaçante (et est évidemment une réalité statistiquement plus importante, puisqu'ils sont plus nombreux). Au mieux, en admettant l'idée, largement répandue et apparemment corroborée par des sondages, que la proportion des gays est plus élevée parmi les prêtres catholiques que dans d'autres groupes professionnels (par nécessairement par machiavélisme pour assouvir plus facilement leur perversion... plus vraisemblablement, pour certains, comme mécanisme de fuite devant la découverte de leur homosexualité), ce genre de mesure parviendra à diminuer cette proportion, donc le nombre de cas d'actes pédophiles commis par certains d'entre eux; à effectif constant, la proportion des hétéros augmentera donc, et le nombre total d'actes pédophiles restera certainement inchangé -- mais au moins toucheront-ils des filles, protégeant mieux les garçons: est-ce vraiment là le but recherché?
L'autre point qui me dérange, c'est ce double standard relatif à l'exigence (ou tout au moins au voeu) de chasteté pour les prêtres catholiques: apparemment seuls les gays seraient menacés d'être emportés par leur sexualité, pour les hétéros ce n'est bien sûr pas un problème de la maîtriser (Genoud n'en parle jamais et le journal tourne autour du pot sans poser la question)! On n'est pas loin des fantasmes purs, comme naguère à propos de la sexualité féminine, ou de celle des Noirs... S'il est en revanche reconnu que l'intensité de la pulsion sexuelle varie selon les individus, pourquoi ne pas plutôt limiter l'embauche en fonction de cela (là aussi sans distinction entre hétéros et gays)? Evidemment, si le respect du voeu est ainsi rendu plus facile, il est aussi moins méritoire (et je soupçonne en vérité l'Eglise catholique de préférer la faute suivie d'une confession au respect des obligations qu'elle créé)... Mais est-il vraiment souhaitable que ce Superman dont parle Mgr Genoud, père célibataire de sa communauté, soit asexué? Il parle d'ailleurs de continence plutôt que de chasteté ce qui me paraît curieux: dans une échelle qui va de Carter (une pensée impure, c'est déjà pécher) à Clinton (seule la pénétration est une "relation sexuelle") est-ce à dire que la masturbation, et même les éjaculations nocturnes, sont interdites?
Bref, la confirmation d'une hypocrisie fondamentale de la part d'une Eglise qui prétend afficher du respect pour les personnes, mêmes homosexuelles, mais développe des théories fumeuses et insultantes sur l'inaptitude au sacerdoce des gays (ou des femmes) plutôt que de simplement assumer son rejet dogmatique de ce qui sort du schéma hétérosexuel mâle (pourtant convenablement théorisé par cette idée que le prêtre est l'époux de l'Eglise).
dimanche 20 novembre 2005
François Brutsch | 17h35 | pink power | permalien | rss
Propos décapants d'un évêque anglican britannique du doyen de la cathédrale du diocèse de Southwark captés au vol sur BBC Radio 4 (et restitués de mémoire au loisir d'un trajet en bus pris dans les embouteillages). Il critique comme "sectaire, et non schismatique" la démarche du courant homophobe au sein de l'Eglise anglicane mondiale, qui en veut à l'Eglise du Vermont New Hampshire d'avoir ordonné un évêque gay (et pas platoniquement) et réclame maintenant la démission de Rowan Williams, archevêque de Canterbury et à ce titre "pape" anglican. Il parle de pur chantage. Il pratique lui-même l'offensive qu'il appelle de ses voeux de la part du courant libéral en dénonçant le silence de Mgr Akinola, chef de file des homophobes, sur ce qui se passe dans son diocèse du Nigéria: polygamie, mutilation sexuelle des filles, condamnations à la lapidation des femmes adultères... Il blâme le sentiment de culpabilité des Occidentaux à l'égard du tiers-monde et la trop grande réserve du caractère anglais, qui les empêchent de reconnaître et combattre pour ce qu'ils sont (de simples préjugés) les propos anti-gays...
Je ne sais si c'était l'un des rares ministres du culte partisans de l'intervention en Irak (ou, comme c'est plus vraisemblable, un adversaire tout aussi résolu), mais cela sonnait soudain comme un discours "neocon" décomplexé appliqué à la question gay.
COMPLEMENT DE 23H (actualisé le 29.11): Le lien audio vers The World This Weekend, l'émission phare du dimanche de 13h à 13h30, n'est plus valable. Le sujet sur l'Eglise anglicane et les gays, traité sous les différents angles, dure plus de 11 minutes (dès 17'52"). L'intervention du Dr Colin Slee va de 25'11" à 29'0".
mardi 15 novembre 2005
François Brutsch | 18h51 | pink power | permalien | rss
Après Londres pour les Jeux Olympiques de 2012, c'est Cologne, en Allemagne, qui souffle à Paris (et Johannesbourg en Afrique du Sud) la place de ville organisatrice des VIIIe Jeux Gays (2010).
C'est une supposition gratuite, mais cette décision se veut-elle une pierre dans le jardin du pape allemand (un peu comme le Prix Nobel de la paix paraît souvent avoir pour fonction de critiquer la politique américaine)? Ou est-ce le succès des XXe Journées mondiales de la jeunesse qui a fait pencher la balance?