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Un swissroll

Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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mercredi 8 août 2012

Non-information insolite et médias

Un jeune Argovien s'entiche du Kosovo. Cela mérite-t-il l'attention des médias et la polémique?

L’insolite titille la curiosité sur les réseaux sociaux (voir hier l’érection apparente mais qui n’en était pas une du médaillé olympique Henrik Rummel: je trouve son "If I did have one you can bet I would've tried harder to cover it up with the flowers" tout à fait convaincant). Il fait vendre dans les médias commerciaux. Et il peut attiser de faux débats. Illustration avec le pseudo-refus d’octroyer la nationalité kosovare à un jeune Suisse qui la demande.

L’information est publiée sur le site du principal quotidien (payant) francophone de Suisse, Le Matin, hier mardi à 10h36 et reprise sur le site du quotidien gratuit du groupe de presse, 20 Minutes, à 11h01. Elle trouve sa source dans un article mis en ligne à 8h04 (en v.o. allemande) sur le (remarquable, en passant) site d'actualités des albanophones de Suisse - trilingue: la version française est de 10h27 et la version albanaise suivra à 14h - en se référant à un article très complet publié le 2 août par le quotidien kosovar Zëri (La Voix), qu’on peut lire en v.o. ou en s’aidant de Google Traduction... Et c’est sur le site qui propose "une vision de l’actualité suisse libérée de la pensée unique", Les Observateurs, qu’elle fait polémique au milieu de l’après-midi.

La Suisse a une relation d’amour-haine avec le Kosovo: elle a accueilli des dizaines de milliers de réfugiés de la guerre des Balkans, elle a même participé militairement à l’opération internationale de maintien de la paix sur place, et elle a porté à bout de bras la création du nouvel Etat qui aurait presque pu être un 27e canton; dans l’imaginaire des élites, il a pris la succession d’Haïti ou du Burundi comme enfant chéri de la coopération suisse au développement, sauf que l’intégration des Kosovars ne se fait pas toujours sans problème dans les écoles, le samedi soir ou dans les milieux du trafic de drogue... Mais enfin des milliers d’entre eux ont grandi ici et sont devenus Suisses, comme nombreux sont les Suisses dont l’origine française, italienne ou espagnole, voire plus exotique, n’est pas si lointaine.

L’insolite ici est dans l’inversion des rôles: un Argovien de 18 ans aux copains kosovars, il a appris la langue et s’est rendu plusieurs fois dans le pays, qu’il aime. Et il s’est mis en tête d’en obtenir la nationalité: c’est charmant non, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Mais les méchants Kosovars refusent! Et Les Observateurs de partir au quart de tour: après tout ce qu’on a fait pour eux... Alors que l’intéressé, aussi sympathique que soit sa motivation, vit toujours à Aarau et ne se prévaut que de quelques séjours sur place, le premier remontant à 2009.

En réalité l’autorité locale d’Istok où il a ses amis est trop bonne de l’avoir reçu au-delà du guichet d’information. Au Kosovo comme dans n’importe quel Etat de droit (de surcroît coaché par la Suisse et ayant l’objectif ultime d’intégrer l’Union européenne), le domicile sur place, au bénéfice soit d’une intégration de 9 ans (en Suisse ce serait 10) soit d’un mariage binational de 3 ans, est la première condition de recevabilité d’une demande...

Et notre impatient jeune homme à peine majeur de vouloir emprunter la voie exceptionnelle permettant à la présidence du pays d’octroyer la nationalité par décret, pour services rendus: mais c’est plutôt taillé pour l’ancienne ministre des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, ou un héros de la Swisscoy!

Bref: une anecdote insolite, oui. Mais digne d’être publié par les principaux médias du pays? Et montée en épingle sur un site de débat politique qui se veut sérieux?

vendredi 3 août 2012

9 ans!

Grâce à Normblog, créé quelques jours plus tôt, je n'oublie pas de célébrer l'anniversaire de ce blog. Même si les billets se font plus rares, et si je privilégie Google+ pour le partage de liens (qui figurent néanmoins ici dans la colonne de gauche)... Mais la flexibilité est une des grandes qualités d'un blog!

Jean-Paul Guisan ajoute:

Il y a aussi la flexibilité d’un blog à deux voix. La voix qui est restée la plus prolixe demande à l’autre une contribution pour l’anniversaire. Une manière de se dérober pourrait être de glisser. Est-ce la voix qui glisse? – En l’occurrence, il s’agit d’insérer une fois encore un petit grain de ciel, qui renverrait lui aussi à une autre souplesse – celle de la pensée. Cette souplesse de l’esprit, dont je me plais à présumer qu’elle a motivé la création de ce blog.

vendredi 6 juillet 2012

Des outils pour suivre tous mes billets

Au fil des années et avec le développement considérable de la blogosphère, la part de ma production propre a passablement diminué au profit de la lecture et du partage de la production d'autrui. Jusqu'à il y a une année, les choses étaient claires: la production propre c'était Un swissroll, les lectures partagées c'était Google Reader (avec sa page Shared items et son flux RSS, qui me permettait de faire figurer ces liens dans le widget qui est dans la colonne de gauche -- celui de mon co-blogueur est encore visible dans la colonne de droite).

Depuis l'avènement de Google+[1], tout est devenu plus riche, plus foisonnant mais plus flou. Je veille en tout cas à ce que Un swissroll continue de contenir toute production originale, même si elle est parfois publiée d'abord sur G+. Mes lectures partagées passaient désormais par G+ mais étaient moins pratiques à faire figurer sur ce blog.

Mais l'une des nombreuses personnes dont j'ai fait la découverte sur G+ est Shira Gal, qui est une source inépuisable d'idées et de tutoriaux. Grâce à elle, j'ai pu compléter Google+ par un flux Feedburner permettant de recevoir tous mes posts publics directement sur son ordinateur ou dans un agrégateur tel que Google Reader (et également de les envoyer sur le compte Twitter d'Un swissroll); une autre variante est de s'abonner à une newsletter quotidienne (au plus) pour les recevoir par mail. La métamorphose du widget de la colonne de gauche est aussi une ressource de Feedburner (BuzzBoost), pour la finalisation de laquelle j'ai quand même eu recours aux connaissances d'un pro pour touiller la feuille de style... Le résultat me plaît beaucoup.

Le flux ou la newsletter Feedburner permettent désormais de suivre la totalité de ma production publique, puisque tout billet original sur Un swissroll est également mentionné sur G+.

Notes

[1] Et la regrettable réduction concomitante des prestations de Google Reader sans intégration véritable à G+.

vendredi 21 octobre 2011

Les approximations de «L'Express»

Correspondance croisée PMF - Françoise Giroud - JJSS

Mardi 24, 21h: L'Express me récrit qu'après vérification c'est bien une lettre à PMF... Il faut vraiment que je me procure le bouquin!

Par une alerte Google, j'apprends que L'Express publie une lettre inédite de Jean-Jacques Servan-Schreiber depuis l'Algérie française. Je vais voir, elle est effectivement passionnante. Et elle fait partie d'un volume de correspondance croisée entre Mendès France, Françoise Giroud et JJSS publié par Eric Roussel et que je vais me procurer sans tarder (Laure Adler avait fait allusion à ces échanges dans son Françoise que j'ai lu récemment).

Mais dans la brève présentation qu'en donne Emmanuel Hecht, il y a deux erreurs manifestes:

  • La lettre n'est sûrement pas adressée à PMF (il est question de lui à la troisième personne dans le texte), mais bien plutôt à Françoise Giroud, qui assure la direction de L'Express pendant l'absence de JJ.
  • Hecht conclut par un petit coup de griffe au co-fondateur: il s'exprimerait "en journaliste... plutôt satisfait de son travail!". En réalité dans la lettre JJ dit sa satisfaction à la lecture de L'Express qu'il a reçu: le compliment est entièrement pour Françoise!

J'ai laissé hier un bref commentaire sur le site de L'Express, retenu pour validation, puis remarquant un lien pour la correction des fautes, erreurs et bugs, je répète ma démarche. Quelques heures plus tard mon commentaire était en ligne, et ce matin je reçois un courriel: "Nous allons vérifier l'information que vous nous avez communiquée et corriger notre erreur le cas échéant". Depuis mon commentaire n'est plus en ligne, mais l'erreur n'est toujours pas rectifiée. Se trouverait-elle (déjà) dans la version papier? Et l'ennui c'est qu'Emmanuel Hecht n'est pas un quelconque stagiaire mais le rédacteur en chef Livres, ancien de Sciences Po Paris et de ma génération (Google est mon ami), donc inexcusable de commettre deux bourdes pareilles...

Billet d'abord posté sur Google+: j'espère qu'il y aura bientôt un outil permettant de faciliter ce genre de croisement!

samedi 16 juillet 2011

Google+

G+ logoJ'avais l'impression que cela faisait peut-être une semaine, mais en réalité c'est depuis le 1er juillet que je suis sur Google+ via mon téléphone Android, ma tablette Adam et mon ordinateur... Et alors que j'ai toujours été allergique à Facebook et quelque peu réticent à Twitter, je suis ravi de ce nouvel outil!

"Réseau social", ça ne dit pas grand chose. Mais là où Facebook propose une sorte d'horizontalité réciproque déraisonnable (tous les "amis" au même niveau, et ça doit être mutuel) et où Twitter, outre la limitation à 140 caractères, envoie des bouteilles à la mer sans sélection possible des destinataires sauf message privé et permet à quiconque de vous suivre, G+ propose du sur mesure en vous invitant à ranger vos contacts dans des cercles:

  • vos messages publics, c'est au fond une réinvention du blog perso (il est accessible à tous sur le profil, voir le mien qui intègre mes billets ici, ma liste de partage Google Reader et bien +)
  • mais vous pouvez aussi limiter un message à tous vos contacts (éventuellement augmentés de leurs propre contacts: "Cercles étendus"): il n'est alors pas accessible à vos abonnés si vous ne les avez pas incorporés à vos cercles, voire à n'importe qui (et longtemps après)
  • surtout, vous pouvez sélectionner comme destinataires un ou plusieurs de vos cercles: c'est la réinvention de la newsletter ou du groupe de discussion
  • et vous pouvez ajouter des contacts non (encore) sur G+: ils recevront le message par courriel (certains y voient carrément la réinvention-disparition du mail)

Et tout cela splendidement multimédia et interactif, encourageant le partage et l'échange, augmenté d'un vidéochat jusqu'à 10 personnes.

Les cercles permettent aussi de trier/parcourir commodément le flux de messages que vous recevez de vos contacts.

Bon, j'arrête là (voir ici si vous en voulez plus). De toute façon, c'est encore la période de rodage, des changements et de nouvelles fonctionnalités vont venir prochainement avant le lancement public, d'ici la fin du mois. Mais si vous avez besoin d'une invitation, laissez un commentaire!

dimanche 10 juillet 2011

La double hypocrisie derrière l'affaire du News of the World

Dernière modification: lundi 11, 10h50

Je voulais l'acheter, pour la première et la dernière fois (sinon je ne l'avais jamais que parfois feuilleté chez le coiffeur), mais pas moyen: la dernière édition commémorative du meilleur et du pire de 168 ans de journalisme populaire dans le News of the World est partie comme des petits pains et était rapidement épuisée malgré un tirage supplémentaire de deux millions d'exemplaires.

Hier, dans un commentaire publié par The Times, Matthew Parris crève la première baudruche de l'indignation unanime que suscitent les pratiques de l'hebdomadaire, en rappelant combien sont généralisées, et généralement peu critiquées, les méthodes douteuses de journalistes pour se procurer l'information quand la fin le justifie, précédents à l'appui:

(T)humbing through a book I wrote about parliamentary scandals, I’ve found the chapter on David Mellor, the Majorite minister caught in a steamy affair with an actress in 1992. Remember, do you, how he was caught? "Her telephone in the ... flat where she lived and where he frequently visited her had been bugged. Her landlord had co-operated in this with journalists . . ."
Bugging a phone is by several orders of seriousness a graver intrusion than accessing messages, but this was never the story: it was Mr Mellor, we thought, who was the proper target of our indignation.
Or go back to the fall of the minister Lord Lambton, after sex with the wife of Colin Levy, in 1973. "Levy and an accomplice hid ciné equipment and a microphone and offered the film show to the News of the World for £30,000. The pictures were not good enough so the newspaper installed its own equipment in the flat. The following day a NoW photographer hid in the wardrobe behind a two-way mirror and took pictures of the minister cavorting on the bed . . ." When the newspaper dropped the story, Levy sold the pictures to the Sunday People.
Or go forward to the fall of Harvey Proctor, a Tory MP, in 1986: "One of the People’s informants was an 18-year-old rent boy ... Armed with the People’s hidden tape recorder he had visited Proctor ... Wired for sound [he] assured the MP that he was over 21 . . ."
It would be tedious to remind you of journalists gaining access to the credit card statements of Norman Lamont, then the Chancellor. In vain did Mr Lamont complain that the scandal was not whether he had paid a bill (he had) but how the press had acquired his private records. Nor will I belabour you with the 1997 story of "The Knicker Vicar of North Yorkshire" ([reporters] glued a tiny video camera to the inside of a bookshelf in the master bedroom ... and somehow ... they took away with them verbatim extracts from Mrs Roberts’s diary entries . . .").

Et sa conclusion:

The shock this week that should cause real rather than synthetic indignation is the death of a great national newspaper founded more than 160 years ago to bring the newly literate working class into the world of news and comment — and consistently sneered at by the educated elite: their proxy for hating their own proletariat. We’ve been alone in the West in keeping national papers before the eyes of a reading public composed of the masses. Many will never transfer to another paper. Their papers have subsidised ours. This could be the beginning of the end for all of us in print journalism.

Bien sûr ce qui a fait déborder le vase, c'est la révélation cette semaine que l'attention du NoW s'est portée non seulement sur des politiciens, membres de la famille royale, vedettes du sport et du showbiz, qui sont au fond fair game, mais aussi sur les victimes de faits divers particulièrement atroces (enlèvements et meurtres d'adolescentes et préadolescentes) et leurs proches, allant, en effaçant les messages sur un répondeur saturé pour permettre l'enregistrement de nouveaux, jusqu'à dérouter l'enquête policière, amenée dès lors à imaginer que la victime était encore en vie et donner de faux espoirs aux parents, et soldats morts en Afghanistan et leurs proches.

Mais cela ne justifierait pas autre chose que la rigueur de la loi pénale et ne se serait pas transformé en affaire d'Etat (avec commission d'enquête parlementaire indépendante et menace de régulation étatique sur les journaux) s'il n'y avait une deuxième hypocrisie, bien plus intéressée, qui unit des deux côtés de l'Atlantique l'ensemble des médias concurrents de News International, le groupe bâti par Rupert Murdoch, par ailleurs haï par l'intelligentsia pour ses opinions de droite bien connues, sans oublier l'opposition britannique ravie de mettre le premier ministre David Cameron dans de sérieuses difficultés: il était entré à Downing Street avec comme bras droit chargé de la stratégie et de la communication un ancien rédacteur en chef du NoW. Il a démissionné depuis, mais le mal était fait et Cameron l'a longtemps défendu. Or il se révèle compromis dans le scandale malgré ses dénégations répétées, et sur un point particulièrement délicat pour quelqu'un qui allait aspirer à des fonctions au service du pouvoir politique: la corruption de policiers qui servaient d'informateurs aux journalistes.

News International est un groupe multiforme qui ne se limite nullement aux médias d'information mais est actifs dans les loisirs ou l'éducation et ne saurait se réduire à un véhicule idéologique des vues du patron, à la Berlusconi (à côté de Fox, le New York Post ou le Sun et le NoW, il y a le Times et le Wall Street Journal, notamment). Il accumule légitimement les ennemis: l'acquisition du Wall Street Journal, justement, perturbe tant le New York Times que le Financial Times; au Royaume-Uni, même la BBC (dont le poids médiatique national est sans comparaison, avec l'argent de la redevance) s'est unie au Guardian et à tous les autres pour s'opposer au désir de Murdoch, déjà principal actionnaire, d'acquérir la totalité du réseau TV BSkyB, qui est maintenant remis en cause.

Avec un splendide autogoal: le deal prévoit que dans ce cas News International devra cependant rendre indépendant et vendre le volet proprement journalistique de la chaîne, Sky News, alors qu'il le conservera sinon...

lundi 6 décembre 2010

Le blog du plombier

C'est le rêve de mon ami Jean-François, infatigable G.O. de la plateforme de blogs de la Tribune de Genève: un blog tout simple et pourtant passionnant, une fenêtre sur l'activité professionelle mais aussi, forcément, la personnalité de son auteur, plombier et technicien en chauffage indépendant[1]: le chat en travers de la route de campagne, les clients qui ne paient pas, la panne rétive, l'antiquité qui fonctionne toujours à merveille, l'application iPhone pour la facturation...

La maison où nous habitons à Londres est assez particulière, Sebastian avait fait merveille et nous faisions régulièrement appel à lui pour la maintenance du chauffage central. Malheureusement pour nous c'est depuis sa nouvelle vie dans le Pays de Galles qu'il blogue, je ne crois même pas que je peux en revendiquer un quelconque mérite; je lui aurais sinon donné mon conseil standard de ne pas dissocier le blog de son site professionnel, déjà nettement supérieur aux autres du genre: en l'intégrant, il améliorerait sans effort supplémentaire la visibilité de son site dans les moteurs de recherche.

Notes

[1] Ca nous change des avocats et autres universitaires, aussi intéressants soient-ils également!

dimanche 17 octobre 2010

Le Parti du thé va-t-il l'emporter?

Et maintenant une minute terminologique pédante. On ne lit pas encore la traduction, mais déjà l'expression "le Tea Party" dans la presse francophone -- et même occasionnellement la presse anglophone! Or il n'y pas de Parti du thé, mais un mouvement contestataire qui a pris pour référence symbolique une manifestation de colons américains contre les taxes prélevées par la métropole et qui est restée dans l'histoire, par euphémisme, comme la Tea Party de Boston: en fait de goûter il s'est agi de jeter à l'eau la cargaison de thé d'un bateau ancré dans le port.

C'est donc le Tea Party Movement, en français le mouvement de la Tea Party, d'autant qu'il s'agit davantage d'une mouvance activiste autour du Parti républicain que d'une organisation structurée.

mardi 2 février 2010

Pause télévision

Nous regardons rarement la télévision, mais hier sur Channel 4 il y avait une biopic sur Mo Mowlam, l'une des ministres emblématiques du premier gouvernement Blair. Populaire (dans les deux sens du terme), chaleureuse, d'une grossièreté pas nécessairement antipathique, probablement angélique sur le plan politique et prête à donner dans tous les sentimentalismes de gauche, elle était néanmoins pragmatique, "down to earth". Le film tourne principalement autour de son important poste de secrétaire d'Etat[1] à l'Irlande du Nord au moment des négociations[2] qui ont abouti à l'accord du Vendredi Saint (1998) sur le processus de paix approuvé par la suite massivement dans un référendum, et de la tumeur cérébrale qui l'affectait (dont elle a longtemps fait croire qu'elle avait été bénigne, jusqu'à la rechute et sa mort prématurée à l'âge de 55 ans, en 2005). Son rôle était probablement quelque peu surévalué (aucune mention de Jonathan Powell, le chief of staff de Tony Blair qui a été instrumental dans les coulisses) et enjolivé (la partialité de Mo envers le camp indépendantiste catholique, contre la majorité unioniste protestante, n'a pas facilité les choses et il a fallu rien moins que Peter Mandelson pour lui succéder dans ce poste extrêmement délicat). Mais ce qui m'a frappé dans ce film c'est le mari, pratiquement deuxième rôle principal: elle avait apparemment la chance de former un couple et une famille comme peu de politiciens en connaissent me semble-t-il.

Le problème quand on veut écrire rapidement un billet, c'est que cela prend parfois des tournants imprévus: je découvre ainsi que Mo a fait une thèse de science po à l'Université d'Iowa sur la démocratie directe en Suisse! Et son mari a eu ensuite une relation avec une autre (ex-)ministre que j'abhorre, elle, Clare Short, avant de mourir en 2009 à l'âge de 53 ans.

Et ce soir il y avait, toujours sur Channel 4 (la chaîne privée sous mandat public d'être provocante et de se préoccuper des publics minoritaires, distincte tant des deux chaînes sans publicité de la BBC publique que des deux chaînes privées de l'offre de base, ITV et Channel 5) l'une de ces émissions d'infotainment taillées pour la télévision: des parlementaires qui se prêtent à la vie dans un grand ensemble.

Notes

[1] Au Royaume-Uni c'est la désignation des membres du Cabinet (conseil des ministres), auxquels sont rattachés des ministres puis des ministres d'Etat: hiérarchie terminologique inverse de la France.

[2] Initiées sous John Major.

lundi 3 août 2009

7e année

Dernière édition: mardi 04.08 à 23h

C'est celle qu'entame notre blog, puisqu'il a débuté le 3 août 2003 sur Blogger, qui n'avait pas encore été intégré à la galaxie Google. Et nous continuons notre bonhomme de chemin, explorant aussi à l'occasion les autres voies qu'offre le Net (Facebook, Friendfeed etc.).

Cela peut donner l'impression que nous prenons de la distance par rapport à ce blog (et indéniablement le nombre de billets ici est sujet à fluctuations)... mais c'est peut-être simplement une diversification des moyens de publier, d'intervenir et de débattre. Pour donner un exemple: grâce à Google Reader, tant Guillaume que moi sommes à même de signaler un nombre et une variété de choses vues sur le web bien plus importantes que nous ne pourrions les rapporter s'il fallait à chaque fois leur consacrer un billet (et oui, chacun d'eux un fil de syndication auquel vous pouvez vous abonner aussi). Nouveautés du 4 août: il y a désormais, grâce à Friendfeed, un fil commun 3 en 1 (14h30) et, tant qu'à faire, vous pouvez aussi nous suivre sur Twitter (23h)!

Bref, l'aventure continue!

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY DU 04.08 à 0h30

Comment faisait-on avant internet, les e-mails, les ordinateurs domestiques? Avant la téléphonie avec ou sans les fils ou les satellites? Avant les tunnels transalpins percés pour les trains? Avant les révolutions coperniciennes physique et conceptuelle? Avant la révélation qui allait qui redonner son sens – anthopocentré – à une religion devenue aussi aliénante que les autres? Comment faisait-on avant la roue ou la conquête du feu?

Comment faisait-on avant les blogs? Est-ce plus facile à se l'imaginer que pour les quelques inventions ou innovations mentionnées ci-dessus? Les fenêtres grandes ouvertes, le vent (qui en hébreu a donné son nom à l'esprit)! De l'oxygène. La fin des pensées uniques de gauche ou de gauche (pour imiter humblement Pierre Desproges que je suis en train de redécouvrir), ce, pour autant qu'on le voulût. Voilà comment je me représente l'avènement des blogs.

Bientôt sept années de vaches tantôt grasses tantôt maigres, selon l'ampleur de nos inspirations; des vaches tantôt sages (pour en intéresser d'autres que nous, il fallait viser l'originalité dans la crédibilité, ne pas céder à la tentation de ne se faire plaisir qu'à soi), tantôt folles (on osait quand même s'exprimer plus librement que sur les supports connus jusqu'alors).

Je me demande bien ce qui constituera la prochaine révolution technnologique, médiatique ou philosophique. Par définition, on ne peut pas le savoir. J'espère juste que nous pourrons y participer parc que l'élan, la curiosité, l'enthousiasme avec lesquels nous nous sommes lancés dans l'aventure n'auront pas trop subi les outrages du temps.

jeudi 18 juin 2009

Blogueur «outé» par un journaliste

La fausse querelle entre blogueurs et journalistes n'a rien de nouveau, même si elle me semblait en régression. Quant à la problématique des blogs sous pseudonyme qui permettent un témoignage vécu de l'intérieur d'une profession ou autre activité, elle est bien connue aussi, y compris quant aux risques encourus en cas de perte de son anonymat. L'affaire anglaise du moment réunit les deux sujets: c'est un journaliste de la rubrique Médias du Times, apparemment ému par l'attribution au policier blogueur NightJack du prestigieux prix Orwell d'ordinaire attribué à des journalistes engagés, qui s'est assigné la mission de dévoiler son identité, à l'appui de critiques du blog dont la pruderie le dispute à l'hypocrisie.

A vrai dire, il est rarement difficile de percer l'anonymat d'un blogueur et le journaliste raconte bien comment il s'y est pris. Ne trouvant pas la compréhension pour sa position à laquelle il aurait pu légitimement s'attendre, le policier a tenté de jouer l'argument de la protection de la sphère privée, mais sans succès et à raison. Ce n'est pas sur le plan juridique mais sur le plan éthique que l'attitude du Times est déplorable (et massivement condamnée par ses lecteurs); elle est particulièrement surprenante de la part d'un quotidien du groupe News Corp de Rupert Murdoch, qui a le mieux su comprendre la spécificité et l'importance des nouveaux médias interactifs et y adapter son activité. On peut espérer un tardif mea culpa, comme dans le cas de ce blogueur américain.

samedi 23 août 2008

Blogosphère

Je n'avais pas eu l'occasion d'évoquer sur le moment l'arrêt de son blog par l'ami Versac. Un billet analytique qu'il publie avec recul chez Francis Pisani[1] me permet de réparer cet oubli. A l'époque, j'avais suivi de loin en loin et avec effarement le harcèlement insensé dont Versac était devenu l'objet de la part de blogueurs jaloux et étroits d'esprit, et je comprends tout à fait sa décision. Bloguer est une conversation (entre blogueurs et avec les lecteurs qui laissent des commentaires) qu'il faut cependant pouvoir mettre à l'abri des détournements. Plus encore que le spam, c'est ce qui nous a conduit ici à adopter la modération a priori des commentaires: refuser sarcasmes vulgaires, attaques ad hominem ou onomatopées SMS raréfie un peu le nombre publié, mais améliore grandement la qualité des échanges!

L'arrêt de Versac est sans nul doute provisoire, et peut-être choisira-t-il de diversifier, segmenter sa participation à la blogosphère. D'autres sont parfois victimes d'un passage à vide, ou comme nous fluctuent au gré de l'humeur et des disponibilités: certes le blogueur n'est pas totalement indifférent aux lecteurs, mais l'avantage de l'acte gratuit c'est qu'il n'engage à rien! Ce qui me paraît sûr, en revanche, c'est que la blogosphère continue de s'étendre et de s'améliorer, quoiqu'en pensent les Cassandre, et c'est une autre raison pour bloguer moins. Il est loin le temps où je pouvais me plaindre de ne pas trouver grand chose d'intéressant en français, et de la timidité des Suisses!

Cela devient donc aussi difficile à suivre. Après l'avoir allègrement prôné sans le pratiquer[2], je me suis décidé récemment à passer à l'agrégateur. Plutôt que sur mon portail personnel[3], j'ai finalement préféré un lecteur de fil dédié, Google Reader. Je le consulte quand je veux (au moins une fois par jour si possible, le plus souvent plusieurs fois, mais il ne me "harcèle" comme le courriel pour lequel j'envisage une solution similaire), il rassemble pour le moment 58 fils (pas tous des blogs) classés en 8 groupes en me permettant d'un coup d'oeil de me faire une idée du sujet des nouveautés mises en ligne et d'un clic d'aller sur la page en question (je préfère lire in situ, et avec les commentaires).

COMPLEMENT DU 24.08, actualisé le 26.08 à 23h55: Nous pouvons aussi (car Guillaume s'y met également) assez facilement sélectionner les billets intéressants, qui sont signalés et accessibles à une adresse permanente. Les cinq plus récents sont désormais annoncés en haut de la page. J'ai expérimenté le fil RSS avec le module usuel RSSreader pour Dotclear, mais le flux est défectueux (à voir dans la colonne de droite, entre les bouquins et la pub Google, pour répondre au commentaire d'Hugues ci-dessous et si jamais un connaisseur ou une connaisseuse veut se pencher sur le problème); il me semble que c'est Google Reader qui génère dans son fil une concaténation du lien vers le billet avec le lien vers le blog. Le module JavaScript proposé par Google Reader, lui, ne peut pas être mis en forme dans le style ''Un swissroll'', mais au moins il marche...

COMPLEMENT DU 11.09 à 19h15: J'ai essayé d'ordonner mes explications sur le fonctionnement et les bénéfices de Google Reader, c'est en commentaire à ce billet.

Notes

[1] Découvert via l'ami Authueil.

[2] C'est comme les Mac: j'en ai si je puis dire vendu plusieurs, sans jamais en utiliser un moi-même!

[3] J'en suis encore à Mon Yahoo, tout en ayant vaguement le sentiment que Netvibes est mieux -- mais le "coût de transaction" justifie me semble-t-il l'inertie!

mercredi 9 juillet 2008

Fessée nazie: l'inconscient anglais en procès

L'un des nombreux paradoxes de la société britannique est le suivant: si vous demandez réparation d'une atteinte illicite à votre vie privée, vous commencez par multiplier cette atteinte. Il faut une capacité singulière d'obstination dans l'adversité, ancrée dans la certitude de défendre un principe essentiel (et c'est ma foi l'une des qualités traditionnellement attachées à la mentalité insulaire) à Max Mosley, le demandeur, pour poursuivre le News of the World, le défendeur. Vidéo à l'appui, le magazine à scandale avait révélé en mars le goût pour les jeux sado-masochistes dans une mise en scène piquante du patron de la course automobile de formule 1 (et fils d'une famille haïe, cela joue un rôle); celui-ci était parvenu à s'y adonner dans le plus grand secret pendant 45 ans, vis-à-vis en particulier de sa femme et de ses enfants. Cette semaine, le procès a lieu, en audience publique comme il se doit, et donne donc lieu à compte-rendus aussi exhaustifs que neutres ("Il a dit...", "elle a dit...", "l'avocat a dit...") dans les journaux les plus convenables. Il y a certainement matière à l'une de ces pièces qui fait fureur ici où l'on met magistralement en scène des extraits verbatim d'un événement d'actualité.

La goutte d'eau qui semble avoir fait déborder le vase, tant pour l'écoeurement vendeur du News of the World que pour l'indignation cérébrale de Max Mosley, c'est que ces jeux sexuels se seraient inscrits dans un contexte "nazi": l'une des cinq partenaires féminines[1] de Mosley était allemande, le scénario comprenait entre autres l'interrogatoire d'une autre partenaire féminine dans cette langue qu'elle ne connaît pas du tout, Mosley s'appliquant pour sa part à donner un accent allemand à son anglais.

Frappé, probablement comme tous les étrangers, par la rémanence en Grande-Bretagne d'un antigermanisme épidermique lié à la deuxième guerre mondiale, qui n'a d'équivalent ni en Suisse, ni en France, ni aux Etats-Unis, je suis tout prêt à donner raison sur ce point aux deux parties. Pour Mosley, né en 1940, allemand n'est pas nazi (et une vie entière sous le poids de l'engagement de son père comme chef des fascistes britanniques et de la vénération de sa mère, Diana Mitford, pour Hitler, qui leur valut à tous deux l'internement, puis l'exil à Paris, ne l'incite nullement à érotiser ce moment de l'histoire allemande); il tient sa vie sexuelle en général pour strictement privée mais s'indigne particulièrement de cette accusation. Quant au News of the World, il est certainement de bonne foi, conformément à des préjugés solidement ancrés et largement répandus[2], en "voyant" du nazisme dans un interrogatoire en allemand suivi de fessées. Voir ce compte-rendu particulièrement éclairant.

Au demeurant, la vraie question est celle de l'atteinte à la vie privée, ou plus précisément de la justification pour un média de la commettre. Est-ce la saveur nazie (plutôt que, disons, "Club Méd'", avec des GO particulièrement enthousiastes, qu'aurait eu la même scène sur un mode français, italien ou espagnol) qui créé l'intérêt public? Même le NoW ne va probablement pas soutenir cela; il s'en tient à la thèse que, par sa fonction de président de la Fédération internationale de l'automobile, Mosley est un homme public, un personnage influent, et qu'il n'est pas indifférent de connaître ses (répugnantes, évidemment) pratiques SM. Bien sûr cet aspect de sa personnalité n'est connu que grâce au magazine, mais celui-ci invoquera comme intérêt public le risque que présente, vis-à-vis d'un maître-chanteur, l'existence d'un tel secret... Un raisonnement[3] dont on se demande où, dans la hiérarchie sociale, placer précisément le curseur, qu'il s'applique ou non à Mosley; mais bien sûr le juge n'ira pas jusque là.

Pour ma part je souhaite sincèrement que Mosley gagne. Complément du 24.07: le jugement

Notes

[1] C'est l'une d'elle qui a caché la caméra pour le compte du NoW, les quatre autres témoignant au procès pour le demandeur.

[2] La question cruciale: comment se situe le juge, Mr Justice Eady, à cet égard? Réponse du 24.07: le juge Eady est manifestement un homme plus moderne et informé sur le monde contemporain que sa perruque le donne à craindre.

[3] Appliqué naguère à l'homosexualité.

mercredi 18 juin 2008

David Servan-Schreiber: quand le business se combine à l'humanisme

Dans la famille Servan-Schreiber, je prends tout le monde. Ma culture politique s'est nourrie de L'Express et des combats de Jean-Jacques. Mais le Jean-Louis du Pouvoir d'informer et de L'Expansion a aussi répondu à mon intérêt; et je l'ai même suivi dans le virage qui, de la gestion du temps aux limites du New Age, l'a conduit vers le développement personnel et Psychologies. J'aime à croire que j'ai à peu près tout lu à leur propos (et je continue): j'en ferais mon sujet particulier si je participais à Questions pour un champion. Et, oui, cela s'étend à la génération suivante, et même celle d'après: j'ai lu le Guérir de David, je lirai Anticancer.

Au demeurant, je crois profondément que l'admiration n'exclut pas la lucidité, qui protège de la déception qu'une idéalisation naïve ne peut que générer. Je n'ignore pas les défauts de JJSS, je me méfie du conspirationnisme de Franklin (ou est-ce Edouard?) sur la mort de Diana, qui ouvre le livre que Madeleine Chapsal a écrit sur le sujet.

Pour alimenter ma douce manie, je peux compter sur l'alerte Google qui me tient assez bien au courant des allées et venues (au propre et au figuré) de la tribu. Depuis le week-end passé, ça crépite avec l'Appel lancé par 19 "experts", pas tous cancérologues, emmenés par David (qui lui est neuropsychiatre) pour mettre en garde sur l'usage du téléphone portable. Médusé, j'observe avec quel enthousiasme c'est repris sans la moindre distance. Avec Le Figaro, qui ouvrait en soulignant la "leçon de communication" donnée, j'ai cru un instant au sarcasme, mais non: sincère admiration devant la capacité à rédiger de manière claire et concise, et à trouver la forme si alléchante des 10 conseils à suivre (même s'il sont souvent parfaitement impraticables), seulement tempérée par la remarque prudemment critique que l'appel ignore les vraies victimes,celles de l'usage du portable au volant ou en traversant la rue. C'est donc à l'Académie de médecine, qu'on accusera facilement d'être composée de de pisse-froids aigris et jaloux, qu'il revient d'enfoncer la porte ouverte de mettre les pieds dans le plat: c'est avant tout une opération de marketing pour le site de DSS, Guérir, en utilisant une angoisse grand public qui en sort allègrement renforcée.

David Servan-Schreiber a l'habitude: il a déjà été critiqué pour ses intérêts financiers dans les Oméga-3 qu'il promeut, pour sa commercialisation de la pratique de de l'EMDR[1] qu'il recommande. Et c'est là où l'on ne peut que saluer l'artiste: il a probablement raison. Cette conjonction d'intérêts qui fait mauvais genre, c'est aussi la marque d'un souci d'efficacité, d'un va-et-vient entre pratique et théorie qui est l'une des explications de sa popularité et de l'efficacité de sa vulgarisation. Effacer les repères de classe et d'autorité est un trait de l'époque, mais c'est aussi un effet de la démocratisation (le pire des systèmes... après tous les autres, comme disait Churchill).

COMPLEMENT DU 27.06 à 17h15: Intéressant complément du Figaro sur les dessous de l'appel, qui confirme mon sentiment. Il aura donc fallu plus de 10 jours pour qu'un minimum de travail journalistique soit entrepris (oh, pas très fouillé: aucune allusion aux Omega-3 ou à l'EMDR), et seulement parce que l'Académie de médecine a joué le rôle du méchant...

jeudi 12 juin 2008

Bienfait de la télévision

Dans la nuit qu'ont vécue les victimes de Josef Fritzl enfermées à vie, il me semble qu'on doit s'émerveiller du rôle positif joué par le poste de télévision dont ils disposaient: même effrayés d'y être confrontés, c'est grâce à lui que les enfants savaient ce qu'étaient ces véhicules et autres objets, cet environnement naturel ou urbain qu'ils expérimentaient pour la première fois. Je ne doute pas que cela a joué un rôle décisif dans l'acquisition du langage et d'un certain nombre de connaissances. A peine sortie du coma, l'aînée Kerstin exprime le voeu d'assister à un concert de Robbie Williams: une renaissance accélérée!

Je me souviens d'un ami réfugié politique roumain, arrivé jeune adulte au début des années 80 en Suisse. Par la télévision, sa connaissance de la culture pop mondialisée n'avait rien à envier à la nôtre, quand bien même il en était auparavant coupé.

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