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Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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samedi 23 mars 2013

François et Justin

L'intronisation parallèle des nouveaux chefs de l'Eglise catholique et de l'Eglise anglicane

Coïncidence étonnante qui voit, la même semaine, deux hommes ordinaires succéder à deux intellectuels vaguement bizarres, dans des cérémonies hautes en couleur, à la tête de leur Eglise respective. Cela justifie cette brève irruption dans une rubrique d'ordinaire nourrie par mon co-blogueur.

Tout le monde a vu le cardinal Bergoglio être installé comme pape François sur le trône de Saint-Pierre[1] à la suite de Benoît XVI, l'ancien cardinal Ratzinger. En dehors du Royaume-Uni, on a moins remarqué la cérémonie par laquelle, à Cantorbéry, l'évêque de Durham Justin Welby a été intronisé sur le siège de saint Augustin[2] pour succéder à Rowan Williams et devenir le 105e archevêque, chef spirituel de l'Eglise anglicane, avec siège à Lambeth Palace à Londres. (Comme athée de culture calviniste, je ne peux m'empêcher de relever que l'Eglise anglicane est une Eglise catholique dissidente bien davantage qu'une Eglise protestante.)

Tous les deux sont d'un abord bien plus familier que leurs prédécesseurs, et tous deux ont eu une vie avant l'Eglise (Welby comme manager dans l'industrie pétrolière, avec un salaire à six chiffres, Bergoglio comme chimiste). Mais il y a évidemment des différences, en particulier que Justin est marié avec cinq enfants, et démissionnera dans un certain nombre d'années[3]. Il n'y a pour lui rien d'étonnant à ce que ses prédécesseurs soient encore en vie alors que le déjeuner d'aujourd'hui entre le pape François et le pape émérite Benoît XVI est une première. Comme les anciens présidents de la République en France, les anciens archevêques de Cantorbéry ne facilitent au demeurant pas forcément la vie de leur successeur, alors que Ratzinger semble plus porté à suivre l'exemple de la loyauté envers le titulaire de la fonction des anciens présidents américains.

Notes

[1] A la fois topographiquement, par rapport à la place, et métaphoriquement, par rapport à la théologie.

[2] Pas celui d'Hippone, mais un missionaire envoyé par le pape Grégoire Ier pour évangéliser les Anglais.

[3] C'est un peu comme les conseillers fédéraux en Suisse: sauf rares exceptions de décès en fonction (Ritschard) ou de non réélection (Metzler et Blocher), il choisira librement la date.

samedi 23 avril 2011

L'athéisme pastoral est-il une symphonie héroïque?

Ma réponse à Philippe Barraud qui n'a pas l'intention de tendre l'autre joue quand il pense avoir reçu une gifle un Vendre Saint (un provocateur qui en l'occurrence ne goûte pas la provocation - spirituelle - d'un autre).

Socrate a été condamné à mort parce qu'on l'accusait de corrompre la jeunesse et de la rendre athée. Pour lui, en effet, on pouvait poser des questions sur tout. En revanche, il était habité par une espérance tranquille quant à l’après-mort, le souci d’accomplir des rites prescrits par la tradition, et il se montra tout sauf révolté au moment de mourir.

Des mystiques soufis ont été condamnés à mort pour avoir dit qu’ils ne faisaient qu’un avec Dieu - ce qui a été interprété comme une forme d’athéisme. Mais leur foi à eux n’était pas tranquille, ils la vivaient sur le mode des tourments amoureux

Jésus a été condamné à mort parce qu'il laissait dire qu’il était le fils de Dieu, que Dieu n’habitait pas dans un temple mais dans le coeur des hommes. Pour les autorités religieuses de l'époque, c'était aussi une forme d'athéisme de témoigner d’un Dieu autre que le Très Haut Tout Puissant qu'on prétend servir alors qu'on s'en sert pour dominer les plus petits que soi.

Sauf que pour Jésus, il ne fallait surtout pas les faire trébucher, les scandaliser, leur barrer l’accès à Dieu. La foi est relation à un Dieu libérateur et non aliénant. Pour Jésus, on reconnaît l’arbre à ses fruits. Et c’est là qu’on peut s’interroger sur les conséquences de la prédication du pasteur néerlandais.

Pour autant, Jésus n’est pas du côté des juges, de ceux qui disent Seigneur Seigneur. Les perdants, au jour du Jugement dernier (cf. Matthieu 24), ce ne sont pas les athées, ni d’ailleurs ceux qui ont fait le mal, mais ceux qui se sont abstenus de faire le bien - peu importe les incantations Seigneur Seigneur qu’ils auront proférées. Les gagnants sont ceux qui auront imité Dieu, même à leur insu, en faisant preuve de compassion et en pratiquant une charité désintéressée (pléonasme).

Le pasteur néerlandais a raison de dire que Dieu se produit dans les relations humaines - ce disant, il est en phase avec la théologie la plus classique. Par contre, sa provocation manque un peu d’humilité, et d’ouverture à un Dieu tout autre, qui nous précède et de ce fait nous libère du fardeau de nous être faits nous-mêmes. Je serai curieux de le lire pour voir si dans son offre spirituelle qui accueille les demandes individuelles et propose des rites à la carte (comme l’évoquait Gabriel de Montmollin) il ne tombe pas dans le nombrilisme contemporain qui instrumentalise la spiritualité en vue du développement personnel, au lieu d’opérer un décentrement salutaire.

Joyeuses Pâques à tous. Le Christ est ressuscité: la mort, les discours et les pratiques mortifères n’ont pas eu le dernier mot.

dimanche 5 septembre 2010

Fidel, Benoît, émois, émois, émois!

Le dirigeant communiste Castro "regrette " ce qu'il appelle "une grande injustice, une grande injustice". (Cf. cet article parmi d'autres.) Cela ressemble à ce qu'on appelait une autocritique, qui se faisait devant le Tribunal de ses Camarades et les Journalistes. Que demandait le Peuple?

Allez Joseph, encore un effort...! Toi, tu demanderas pardon devant... des frères et soeurs en humanité, les médias ET Dieu. C'est alors que, ô miracle céleste, les poules auront des dents.

mercredi 21 octobre 2009

ECR fait main basse sur le réseau des concessionnaires CoE

Dernière édition: 31 octobre 2009

Il faut imaginer Peugeot-Citroën s'adressant aux concessionnaires de Renault:

"Vous en avez marre de la façon dont vous êtes traités, des gonzesses qui s'imposent et vont bientôt vous commander, des tapettes qui ne se cachent plus et voudraient même qu'on les respecte? Nous vous faisons une offre: changez de marque, passez chez nous et amenez-nous vos clients! Pour une période limitée, on vous fait des conditions défiant toute concurrence, et vous verrez vous serez mieux!"

Peugeot-Citroën en profite pour résoudre son problème d'effectif: moyenne d'âge élevée de son personnel de vente, accentuée par les difficultés de recrutement dues, justement, à sa culture d'entreprise obscurantiste. Cerise sur le gâteau, l'opération survient peu après une visite solennelle de Carlos Goshn à Sochaux et des promesses de rapprochement dans le respect mutuel...

Hugues me dira peut-être que la métaphore ne joue pas du tout, mais c'est la meilleure que j'ai trouvée[1] depuis l'annonce, ce matin, que le Vatican lance une campagne dans le monde entier en vue d'accentuer la déstabilisation d'une Eglise anglicane ébranlée par ses débats internes, en encourageant la défection vers l'Eglise catholique romaine des prêtres, voire évêques qui traînent les pieds devant les évolutions décidées par leur Synode (accession des femmes à la prêtrise, puis bientôt au statut d'évêque, acceptation dans une certaine mesure des gays).

Me voulant athée, cela devrait bien sûr m'être indifférent. Mais, d'abord, je ne partage pas la vision ségrégationniste de la société des fondamentalistes de la laïcité: la dimension spirituelle en fait partie et est un objet du débat public. Surtout quand elle s'incarne dans un jeu d'appareil, un rapport de force, une démonstration de pouvoir et d'autorité qui doit plus aux relations inter-étatiques et au monde du business qu'à la foi. Et je ne saurais renier mon origine calviniste: quand de surcroît je lis sur le blog d'un catholique de choc (découvert grâce à l'excellent Sacristains.fr où l'on retrouve KoZ) que c'est un bond en avant pour l'oecuménisme[2], mon sang ne fait qu'un tour!

COMPLEMENT DU 23.10 à 11h15: Dans le flot de columns qui accompagne, comme il se doit, l'événement, j'en signale deux:

COMPLEMENT DU 31.10 à 11h30: Mais le meilleur, c'est Michael Gove, l'un des éléments les plus originaux de l'équipe Cameron dont il sera ministre de l'éducation. Extrait:

But why should the path to Rome be a one-way street? Why shouldn’t the Church of England issue an enthusiastic invitation to those Catholics less than perfectly happy with their own denomination to join a progressive, inclusive and wonderfully tolerant communion? How many Roman Catholics believe that women, as in the early church, should play an equal role in worship? How many Roman Catholics believe heart and soul in the sanctity of life but consider it absurd to tell African women at risk of Aids that condoms are sinful? How many Roman Catholics believe in commitment, fidelity and monogamy but find it sad, even a little shaming, that their Church is so hostile to gay people who want to openly celebrate their commitment to each other?

Notes

[1] Je vous ai épargné notamment IBM - Apple, ou l'Anschluss (qui aurait pu être prometteur compte tenu de la façon de le chef spirituel anglican, Mgr Rowan Williams, décidément hopeless, a même été amené à participer à une conférence de presse du primat de l'Eglise catholique romaine en Angleterre, Mgr Vincent Nichols, archevêque de Westminster)!

[2] Il faut lui reconnaître le mérite de ne pas tourner autour du pot, quand on lit sa réponse à l'objection d'un lecteur qui m'avait devancé: "pour un catholique, oui, c'est encore mieux si tous les chrétiens se rangent sous la bannière de l'Eglise et du pape, en adoptant tout ce qui a été révélé, les textes fabuleux sur l'eucharistie, l'amour, la sexualité, la famille, la doctrine sociale, le travail, les laïcs, les prêtres, l'Europe, etc., sur tous les sujets (ce qu'on appelle le Magistère)".

dimanche 16 août 2009

Et si Jésus avait été gai (suite sérieuse des 14 arguments)

''Les 14 arguments démontrant que Jésus aurait pu être gai[1] ont aussi fait l'objet d'un article mis en ligne sur le site des blogs de la Tribune de Genève. Ils ont fait l'objet de questions et de réponses, dont celle d'un aimable lecteur demandait quelles eussent été les conséquences si Jésus en avait été. Et voici la réponse, plus longue et plus sérieuse que ce qui précède, que je viens de rédiger à son intention. '' Bonne question difficile à s'imaginer la situation. A l'époque, on ne raisonnait pas dans les mêmes catégories. Tout le monde était considéré comme hétéro – pour le grec, c'était une loi de la nature, pour le juif, c'était dans l'ordre de la Création. Il n'y avait donc pas d'homosexuels: il n'y avait que des gens qui, quand ils passaient éventuellement à l'acte, déviaient par rapport à leur nature. Donc, pour un observateur qui ne ne connaissait pas Jésus intimement, ça n'aurait rien changé. Dans les Evangiles canoniques, on ne dit pas explicitement s'il a aussi eu une disciple préférée, ni s'il avait voeu de chasteté. Donc pour nous, les spéculations pour savoir s'il a été hétéro ont aussi un degré d'incertitude.

En revanche, dans un évangile apocryphe attribué à Marie Madeleine, les disciples mâles sont jaloux de la préférence de Jésus pour Marie Madeine, préférence que Jésus revendique. (Certes, pour l'auteur, c'est à mettre sur un plan spirituel.) La réponse de Jésus est très savoureuse. En substance: "Ah, vous demandez pourquoi je la préfère? combien de temps devrai-je encore vous supporter, vous ?! C'est justement parce que vous êtes jaloux que je la préfère elle. "Revenons à votre question. S'il avait eu des inclinations, il n'aurait probablement pas pas passé à l'acte, car c'était inconcevable à l'époque. Mais célibat, qu'on peut induire du texte des quatre évangiles canoniques, aurait revêtu une autre signification à ses yeux et aux nôtres, comme le l'épithète unique du de "préféré" pour un disciple.

Du point de vu de son enseignement, je ne vois pas ce que cela aurait changé. Sa relation intime au Père, son amour envers les humains de Dieu , ses miracles auraient été les mêmes. Sa condamnation de l'hypocrisie acquerrait un surplus de signification. Idem quand il renonce leur sens au pur et à l'impur: pour Jésus, ce n'est pas l'attention à ce qui entre et et sort dans le corps (le ventre), mais ce qui sort du coeur. Bref, la prise en otage de la Torah qui est interprétée prise selon la lettre et non selon l'esprit. Même son avis sur l'indissolubilité ne change rien: Jésus met en évidence l'hypocrisie de ses interlocuteurs. Jésus leur que Moïse a consenti autorisé le divorce par réalisme, parce que les hommes (les mâles avant tout, à qui Jésus s'adresse) sont incapables de résister à leurs désirs, au détriment de l'épouse légitime. Ce qui revient à dire que Moïse a autorisé le divorce pour que ces femmes ne soient pas contraintes de rester toute vie prisonnières et dépendantes le restant de leur vie d'un mari qui ne les aime plus.

Encore une fois, je en pense pas que l'éventualité d'une orientation homosexuelle de Jésus aurait changé grand chose, cela donnerait simplement un autre accent, un autre poids à certains gestes ou paroles. Mais Jésus, subjectivement parlant, aurait pu ressentir sa singularité avec plus d'intensité. Et lors de son arrestation et de son agonie, le sentiment de trahison par ses amis et d'abandon par le Père auraient peut-être été encore plus intense (si c'est possible).

Il serait devenu tout proche de ceux et celles d'entre nous qui vivent l'exclusion, qui intériorisent la condamnation ambiante qu'ils perçoivent en se détruisant, en se faisant du mal.De même, pour nous, nous pourrions concevoir encore plus concrètement sa proximité et son accueil des petits, des pauvres, des prostituées et des parias d'entre les parias: ces juifs collabos, ces riches percepteurs d'impôts, honnis entre les honnis, qui pressuraient leurs concitoyens (et parmi eux, certainement les petits, les pauvres) en s'octroyant une marge exorbitante sur les montants exigés par l'occupant romain. Non, non, rien n'aurait changé. Si on se penche sur chaque récit de rencontre de Jésus, on se rend compte que l'affection, la compassion, la tendresse, ou la sévérité ne dépendent pas de l'orientation sexuelle. Ou bien?

Notes

[1] Cf. billet précédent

dimanche 9 août 2009

Pat Condell: Jésus était-il gai? + Ma réponse en 14 arguments

La découverte de cette vidéo de Pat Condell (parmi d'autres de cet auteur) m'enchante.

Ce dernier, en effet, un auteur et humoriste britannique, athée militant, hétéro, répond d'une manière stupéfiante de bon sens et qui m'enchante à ces deux questions:

  1. Comment annoncer à des parents fondamentalistes qu'on est homo athée
  2. Jésus était-il gai?

En réfléchissant de mon côté à la deuxième question, voici 14 arguments qui me sont venus à l'esprit, que je n'ai pas tous trouvés tout seul. Certains sont sérieux, d'autres moins, mais plus d'un devrait sauter aux yeux de toute personne qui se penche sans a priori sur la question:

  1. Il est question d'un disciple que Jésus aimait.
  2. La seule autre fois où il est dit de Jésus qu'il aime quelqu'un c'est à propos du jeune homme riche dont il (Jésus) aurait bien aimé qu'il le suivît.
  3. Jésus était célibataire, ce qui était quasiment inconcevable à l'époque, à moins d'être eunuque
  4. Jésus a justement abordé le thème des eunuques: eunuques de naissance / rendus tels / ou par choix
  5. Jésus s'est entouré d'hommes
  6. Jésus a aussi eu pas mal de de femmes parmi ses disciples, ce qui était une première pour l'époque. Or qui d'autre que des gais ont beaucoup d'amies femmes?
  7. Et qui d'autres que des gais ont une meilleure copine (comme ce fut le cas avec une certaine Marie Madeleine)?
  8. L'évangile de Marc mentionne un jeune homme (sous-entendant que c'était un proche) qui était nu sous sa tunique qu'il a laissée pour s'enfuir lors de l'arrestation de Jésus
  9. Un évangile apocryphe glose sur ce jeune nu
  10. Jésus a redéfini la notion d'impureté dans la Loi (hypocrisie et absence d'amour)
  11. Jésus a transgressé les tabous légalistes de son époque
  12. Jésus a guéri le serviteur d'un officier romain. "Serviteur" est un euphémisme pour "esclave". Or un officier romain n'en aurait pas fait autant pour un esclave ordinaire. Par contre, on sait qu'à l'époque, il était admis que des personnes haut placées dans la hiérarchie militaire aient un favori (c'est aussi un euphémisme), qu'on pourrait aussi appeler "mignons"
  13. Jésus a été transfiguré sur une montagne, comme une drag queen sur un char de la street parade (il n'y a quasiment plus de drag queen dans les gay prides)
  14. Last but not least – et je le pense très sérieusement, au-delà du gag apparent. En descendant sur terre, Dieu a fait son coming-out. En effet, jusque là, il était un dieu caché dans son placard céleste, personne ne l'avait vu, personne ne soupçonnait son existence, sa véritable identité, à savoir un Dieu d'amour qui aime et accepte les humains sans conditions, etc. Mais, dans la personne de Jésus, il s'est pleinement montré comme il était.

mardi 4 août 2009

La volonté de savoir (à propos du Mal)

Un billet récent[1] d'Eve Garrard, publié sur le blog de Norman Geras, s'interroge sur l'absence d'explication logique qu'on peut donner aux atrocités commises par l'être humain. Cela a fait écho pour moi à la thèse développée par une théologienne protestante[2] qui depuis est devenue une star.

La thèse, géniale et à mon avis inédite (ou jamais entendue sous cette forme) c'est que, dans le récit sur Adam et Eve, le mal est déjà là (sous la forme du serpent). C'est comme ça, c'est inexplicable. Vouloir l'expliquer, le comprendre, le maîtriser (au lieu de lâcher prise[3]), c'est ça, le péché originel. Tel est le sens de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. C'est la volonté d'un savoir définitif sur le bien et le mal, qui constitue le passage à l'acte au niveau de l'humain (je résume grossièrement). C'est dans ce sens qu'on dira que la connaissance du bien et du mal est réservée à Dieu. L'homme s'en sert pour dominer et aliéner lui-même et son semblable. La caricature de cette human attitude, c'est l'esprit sectaire et fondamentaliste qui sait.

Ce tabou salutaire lié à la connaissance du bien et du mal n'a donc rien à voir avec les interprétations funestes qui veulent y voir une condamnation du savoir et de l'émancipation scientifique ou de l'expérience de la sexualité. On retrouve cette intuition dans le proverbe Qui veut faire l'ange (qui est esprit, donc connaissance, à l'état pur) fait la bête...

Notes

[1] Norm lui fait suite dans celui-ci.

[2] Lytta Basset dans Le pardon originel, Labor et Fides, Genève 1994

[3] Pour utiliser une terminologie qui a eu été en vogue et bien souvent à juste titre.

lundi 22 juin 2009

L'islamophobie n'existe pas

En Suisse, le peuple va devoir voter sur une initiative interdisant la construction de minarets, ce qui est à mes yeux fort regrettable. Malheureusement, les adversaires de cette initiative (pas tous heureusement) ont aussi des arguments lamentables, par exemple quand ils argumentent à partir de la seule islamophobie qui est une catégorie vide. Voici donc ce que ce discours automatique m'inspire et qui a déjà fait l'objet d'un commentaire à cet article de Domaine Public.

Est-ce qu'un Suisse moyen, athée, conservateur et égoïste (si, si, l'addition de ces qualités existe), qui lancerait une initiative contre les clochers et les cloches qui sonnent le dimanche matin et troublent son repos voire son sommeil serait taxé de christianophobe? Par ailleurs, n'a-t-on pas le droit de détester une religion (mais pas les gens qui la pratiquent) dans ce qu'elle représente d'atteinte à la dignité de telle ou telle catégorie d'humains. Si on prend la liberté d'opinion et d'expression, n'aurais-je pas le droit, non seulement de ne pas croire ou d'être athée, mais encore de vilipender, de vomir une doctrine qui réclame la mise à mort des homosexuels (mais je sais que je suis partial puisqu'il se trouve que je suis concerné)?

Ai-je le droit de dire que le fantasme de la toute-puissance de la divinité suprême dans le Coran est rabaissante pour l'humain, et insultante pour le Dieu qui se révèle dans la faiblesse à travers une incarnation pour le chrétien que je suis? Dans toute les évocations mythologiques plus ou moins imagées et plus ou moins mythologiques de l'après-vie proposées par la Bible (jardin, cité ou royaume, justes promus au rang d'anges ou d'astres rayonnants, etc.) avec une remarquable parcimonie, y a-t-il quelque chose d'aussi ridicule que les 72 vierges du paradis coranique qui sont réservées aux mâles croyants? Sans parler des beaux jeunes gens qui seront au service des représentants du sexe fort, précise le texte dicté par l'archange Gabriel.

Quand il s'agit des idées, des croyances, des doctrines, le refus de tout ou partie de l'islam n'est pas comparable à du racisme, à de la xénophobie ou à de l'homophobie (avec leurs conséquences mortelles quand elles sont extrêmes). Le rejet, l'aversion et les préjugés à l'égard d'une population, en l'occurrence arabe, qui se trouve, dans la compréhension qu'elle a d'elle-même, être musulmane, relèvent par contre du racisme ou, version atténuée, de la xénophobie. Ceci dit, je voterai non à l'initiative contre les minarets, car elle atteint gravement au principe de laïcité qui est au fondement des valeurs libérales-et- chrétiennes qui sont les miennes.

jeudi 28 mai 2009

Oxygène vs surréalisme?

Voici deux clips qui m'ont été communiqués dans un contexte chrétien. L'un est qualifié de surréaliste, l'autre d'oxygène.





Et voici la réponse que cela m'a inspiré:

Chère <...>, Permets à ton ami Helvète de, très respectueusement, ne pas partager ton enthousiasme pour le deuxième clip.

Certes, sur la forme, c'est plein d'oxygène, c'est frais, c'est dansant, c'est saturé d'une ironie qui a priori semble faire du bien - mais sur le fond, on ne propose rien de concret, que de se complaire dans la lamentation. C'est destiné à des initié-e-s car il faut connaître le programme de cette formation politique pour se faire opinion et savoir si on veut voter pour eux. D'ailleurs si tout allait bien, les concepteurs de ce clip, qui semblent vivre du malheur généralisé de la planète, seraient désoeuvrés. Encore une fois, aucun programme constructif n'est proposé - à part le slogan autre chose est possible qui ressemble furieusement à celui de l'UMP. A moins que le programme ne soit la révolution, avec les lendemains qu'on sait et qui chantent, certes, comme dans le clip.

Tandis que le clip de l'UMP est tout à fait dans la ligne de ceux qu'ils ont fait précédemment. Des promesses, des déclarations de bonnes intentions. Mais au moins, je me surprends chaque fois à avoir envie d'y croire, et même de voter pour (tout citoyen français que je ne suis pas) car c'est confiant, optimiste, positif. Les publicitaires attitrés de ce parti, au moins en avant des intentions, des lignes d'action, des valeurs (tout juste pas des projets)... et pourtant on sait bien qu'on sera déçu, comme chaque fois.

En tant que chrétien, je sais bien qu'on est appelé parfois à se ranger du côté des prophètes de l'Ancien Testament, qui, au risque de leur vie, interpellaient courageusement les puissants de leur époque (qu'ils fussent religieux ou temporels), qui dénonçaient plein de choses en assortissant leurs discours de toutes sortes de menaces de châtiment et de destruction (et qui, pour certains, vivaient de cette négativité). Mais les chrétiens peuvent aussi se faire encourageants et donner des raisons d'avoir confiance, sans tomber dans la caricature...

Mais, n'étant pas moi-même prophète, comment puis-je risquer ce commentaire sur ce qui se passe dans les campagnes politiques de mes grands voisins?

jeudi 21 mai 2009

Ascension

Bon week-end de l'Ascension - un élément de la foi chrétienne un peu difficile à appréhender pour les modernes. Je crois que cela fait un tout avec la résurrection et Pentecôte, qui participent de la même dynamique, et qui sont trois manières d'exprimer une réalité positive et pleine <porteuse> d'espérance après la crucifixion et la mort.

On a un mouvement symétrique:

– descente ciel | terre
– descente terre | enfer/sous-la-terre
– montée enfer | terre
– montée terre | ciel

Ce qui signifie

  • Christ est Dieu "descendu" se manifester, montrer qui il est (à savoir amour, justice et libération pour y parvenir, et bien d'autres choses) sur la terre (langage imagé, manière de parler).
  • La crucifixion est une descente dans la mort et le néant de l'absence de Dieu, du pourvoyeur de l'être et de la vie.
  • La résurrection est une remontée vers la vie qui se passe sur la terre.
  • L'Ascension est une montée vers Dieu, de qui tout provient, donc, en langage imagé de l'époque, "descend du ciel" comme la pluie descend sur la terre.
  • La Pentecôte est donc la descente de l'esprit de Christ sur les croyants qui sont désormais "équipés" pour assumer à leur tour les fonctions de Christ: témoigner de qui est Dieu: (amour, justice et libération pour y parvenir, et bien d'autres choses)

samedi 7 février 2009

Mamma Mia au Collège de France

Jeudi dernier, j'ai eu le privilège d'assister à une leçon inaugurale au Collège de France (une première pour moi). L'orateur était le professeur Thomas Römer, avec qui, en son temps j'ai étudié l'hébreu, et pour qui a été créée la chaire Milieux bibliques.

Il a passé en revue les domaines et les aspects de la recherche vétérotestamentaire où il est impliqué. Les conséquences d'une approche scientifique comme la méthode historico-critique séculaire sont encore ignorées du grand public. Mais, à ses yeux, les médias – inertie ou manque de curiosité – contribuent aussi à entretenir une vision naïve et fondamentaliste de la Bible.[1] Cela fait pourtant des décennies que les spécialistes bibliques officiels (et pas seulement du côté protestant) ont découplé la vérité historique du sens (littéraire, théologique, philosophique etc.) des textes. [2]

Parmi les découvertes récentes autant iconoclastes qu'insoupçonnées mentionnées par Thomas Römer, il y a le polythéisme hébreu qui a précédé le monothéisme. Au départ, Yahwé était un dieu parmi d'autres, le dieu d'Israël, chaque "nation" ayant son dieu, comme Baal pour les Cananéens. [3]

Autre révélation qui n'a pas encore eu d'écho médiatique proportionné, des textes extrabibliques et des "graffitis" contemporains ou antérieurs à la rédaction biblique donnent à penser que Yahwé, à l'instar de tous les dieux de son temps, a eu une compagne, nommée Ashérah. Certains passages bibliques y font allusion, mais ont été amendés dans un sens théologiquement correct.

La cerise sur le gâteau de cette leçon inaugurale prononcée dans un lieu que j'imagine vénérable, ce fut la (brève et sobre) mention du film Mamma Mia, pour illustrer le phénomène de composition narrative secondaire. La comédie musicale repose en effet sur une histoire prétexte qui reprend et réunit "artificiellement" des chansons du groupe Abba dans un ordre chronologique différent. Chaque chanson a été écrite pour elle-même et n'a aucun rapport avec les autres.[4] Il en va de même, selon Thomas Römer (et toute une tendance de la recherche biblique) pour les récits de la création, du déluge, les traditions sur les patriarches, l'histoire de Moïse, les rédactions législatives, etc. Tout ces matériaux proviennent de temps et de milieux différents et ont été agencés postérieurement (à l'époque de l'exil à Babylone) dans un grand récit dont la visée ne coïncide pas forcément avec celles de ses composants.

Ce rapprochement avec le film ou la comédie musicale[5] était une trouvaille, la comparaison étant des plus éclairante même si on n'avait pas vu le film ou la comédie. Mais, pour ne pas sembler sortir de la rigueur académique qu'il entendait donner à son allocution, le professeur Römer a pris soin de minimiser et banaliser l'ouvrage qui servait pour la comparaison. Mais les amateurs ne furent pas dupes: on ne pouvait pas citer ce film en pareille circonstance sans l'avoir aimé. J'ignore quelle était la proportion de l'assistance qui partageait cet amour (ma voisine archéologue ignorait jusqu'à l'existence du quatuor suédois), mais l'accueil réservé au nouveau membre du Collège de France fut sans équivoque. Et pour conclure avec les divinités scandinaves et en jouant à la composition narrative secondaire

And let us say when all is said and done,
that the winner takes it all,
far away from Waterloo;'
and let us say further, in the name of the game:
Mamma mia, Thomas, thank you for the music gimmick!

Notes

[1] A côté bien sûr des milieux fondamentalistes proprement dit.

[2] En revanche, les médias ont bien compris qu'on puisse utiliser le mythe d'Œdipe comme une vérité anthropologique découplée de la vérité historique des faits.

[3] Le Psaume 82 présente l'assemblée des dieux autour du dieu suprême El comme une cour de princes autour d'un roi. A chaque dieu a été attribué une nation, et c'est ainsi qu'à Yahwé a été attribué Israël.

[4] A l'exception d'une suite trilogique sur l'album Abba, The Album.

[5] Qu'on voudrait qualifier de culte, mais le titre serait probablement usurpé

mardi 3 février 2009

La marmotte prédictrice ne ressortissait pas du conte métaphysique

Cette nouvelle me stupéfie car je ne savais pas que le film culte Groundhog Day / Un jour sans fin était basé sur une coutume réelle (marmotte érigée en prédictrice de la durée de l'hiver).

J'ai beau estimer que la théorie de la réincarnation n'est pas soluble dans le christianisme, ce film me fascine et me touche. Le héros (interprété par Bill Murray) a l'éternité pour trouver le comportement parfait à l'égard des habitants du village (comportement basé sur l'amour envers ses semblables), ce qui lui permettra de sortir de la bulle-singularité d'espace temps dans laquelle il est enfermé (sans qu'on sache jamais comment c'est arrivé). Mais la morale est teintée de cynisme: c'est en connaissant tous les événements qui arrivent aux habitants pendant la journée que le héros est capable d'avoir le bon comportement.

Pour Spinoza et pour Kant, mieux vaut faire le bien pour de mauvaises raisons (intéressées) que de ne pas le faire du tout. On prend au moins de bonnes habitudes. Pour Paul de Tarse, vouloir faire le bien pour s'en prévaloir, pour mériter une récompense ou échapper à un châtiment est l'essence même du péché.

Dans le monde réel (par rapport à celui du film), le rapport des gens de Punxsutawney à leur marmotte n'est pas très éthique. Qu'on exploite le rongeur à des fins touristiques ne me fait pas problème. Mais que la prédiction soit arrachée au pauvre animal en le tirant de son sommeil: quoi de plus cruel? Comment le sens moral et magique commun peut-il laisser croire que, sur la base d'un tel traitement, la nature va donner des informations sur ses intentions secrètes concernant la poursuite de la saison froide?

samedi 27 décembre 2008

La foi est-elle contre-nature?

Certain souverain pontife pense avoir trouvé la parade imparable pour contrer le militantisme gai et lesbien sans avoir à prononcer le mot homosexuel. Il s'en prend désormais aux études genre, qui pensent, à la suite de Simone de Beauvoir, qu' "on ne naît pas femme (ou homme), on le devient." Donc c'est la société et sa culture qui font, qui construisent ce qu'est un homme ou un femme. (La question de la pondération des facteurs sociaux et biologiques n'est évidemment pas résolue et alimente les controverses.) Malgré la (relative) jeunesse de ces études, on peut gager que la position papale fera plutôt ressortir leur pertinence.

Pour le pontife souverain, cette démarche académique va à l'encontre de l'ordre créationnel. Elle autoriserait, elle justifierait des comportements qui représentent un danger aussi grave pour l'humanité que tout ce qui met en péril l'écosystème de la terre.

D'un côté, on peut s'inquiéter de ce recours à l'écologie pour parler d'un ordre naturel assimilé à un ordre divin. Le raisonnement logique est: Dieu a créé la nature avec ses lois; les lois de la natures étaient donc dans l'entendement de Dieu de toute éternité; donc les lois sont divines. Dans les années trente, on parlait aussi d'ordre naturel: certes c'était pour justifier le racisme pro-aryien, et l'idéologie nazie était en opposition frontale avec le judaïsme et le christianisme. Mais quand même... Des esprits moins bien intentionnés que notre bon pape pourraient se trouver justifiés à prôner les pires discriminations.

D'un autre côté, faut-il s'inquiéter ou rire quand, en voulant recourir à une sainte écologie on se met en contradiction avec des aspects constitutifs de la tradition qu'on représente. En effet, le message judéo-chrétien (comme d'autres religions sans doute), bien loin de sanctifier la nature et ses lois, les subvertit. Dame Nature n'est pas une tendre mère (est-on sûr que de son genre féminin?): pensons à la loi de la jungle, qui n'est autre qu'un instinct de survie tout ce qu'il y a de plus naturel. L'amour, la grâce, le pardon, le souci des plus faibles, relèvent d'un ordre non pas naturel mais spirituel, voire surnaturel (disent Paul, Thomas, Pascal).

Qui plus est, dans la Bible, qui s'inscrit dans une culture patriarcale, la divinité n'hésite pas à revendiquer des traits tant masculins que féminins: elle est un père très aimant [1], un amant éploré puis éconduit [2], une mère, une nourrice [3], une mère aigle [4], une mère poule [5], une princesse-danseuse-favorite [6]. Dans le second Testament, les hommes, autant que les femmes, ont été fiancés au Christ.[7]

Le temps manque pour aborder les questions qui fâchent: "nature et célibat" (des prêtres, au hasard), et la publicité faite aux eunuques-pour-la-bonne-cause[8] et autres masculinités peu conformes à l'ordre naturocréationnel donné en référence.

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY DU 07.01.2009

Cet article de Jean-François Staszak, professeur ordinaire et directeur du département de géographie à l'Université de Genève, paru dans Le Temps est le genre de réponse que j'aurais rêvée donner.

Notes

[1] Osée 11,1

[2] Osée 3,1 / Ezéchiel 16

[3] Osée 11,4

[4] Deutéronome 32, 11

[5] Matthieu 23, 37

[6] Proverbes 8,22-31

[7] 2 Corinthiens 11,2

[8] Matthieu19,12

mercredi 23 juillet 2008

Malraux - Blair même combat!

J'aime bien les séries d'articles du Monde cet été, d'abord ces portraits de frères et soeurs puis ces rêves de leaders... Hier c'était celui de Tony Blair (dans Le Temps aussi bien que dans Le Monde). Il s'exprime simplement, mais avec passion, sur lé rôle que la religion joue dans sa vie. Une foi trouvée sans angoisse et vécue avec une jubilation généreuse et pour tout dire oecuménique, lorsqu'il raconte qu'il n'a pas attendu le 11 septembre 2001 pour lire le Coran. Et il précise (comme si cela était nécessaire) que si cette inclination informe ses choix, elle ne les détermine pas: "Ma défense résolue de la recherche sur les cellules souches témoigne de ma liberté", il aurait pu aussi citer le partenariat pour les couples de même sexe. Sa conversion au catholicisme? "(P)our partager, très naturellement, la religion de ma famille". Cherie ne s'en embarrasse pas davantage, qui raconte dans ses mémoires que si Leo a été conçu lors d'un séjour du couple au château de Balmoral avec la famille royale, c'est parce qu'elle avait laissé à Londres son nécessaire de contraception... Des catholiques modernes comme on souhaite des musulmans modernes!

Pour lui comme pour Malraux, "Le XXIe siècle sera religieux" -- mais autant faire en sorte que cela soit bénéfique à l'humanité: la Tony Blair Faith Foundation, qui embrasse les six grandes religions, trouve ainsi sa place au côté d'une fondation pour l'intégration des jeunes par le sport dans la région dont il fut l'élu, son mandat de représentant du Quartet au Moyen-Orient, son engagement contre le réchauffement climatique ou ses activités de consultant ou d'administrateur... Un one-man-show global et multiforme à l'enseigne de The Office of Tony Blair qui suit les exemples de Jimmy Carter ou Bill Clinton.

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY A 14h00: La foi assumée d'un Tony Blair doit être bien déconcertante pour les honnêtes hommes qui voient dans l'athéisme, humaniste, droits-de-l'hommiste, la seule manière conséquente de se réclamer des Lumières et d'être moderne (en tolérant bien sûr avec commisération les expressions de la foi).

Or, pour les profanes qui, comme moi, ne maîtrisent pas les subtilités de la troisième voie, Tony Blair incarne la modernité. Je me représente grossièrement sa démarche, sinon comme une synthèse (Aufhebung hégélienne?), pour le moins comme une optimisation de l'économie de marché et de la social-démocratie réconciliées. Bref un esprit affranchi des préjugés et des dogmes de toutes sortes.

Et voilà que ce personnage public apporte la démonstration que la foi (par ailleurs décomplexée et jamais sur la défensive) s'accommode d'une indépendance d'esprit totale - pour ne pas dire, en toute partialité, qu'elle la fonde. Si j'avais pu avoir des doutes sur le personnage, ils sont maintenant levés, et je n'ai plus à me sermonner en me disant que je n'étais peut-être que sous l'influence d'un charme trompeur. Son charme extérieur était donc bien animé d'une brillance qui vient de l'intérieur...

dimanche 29 juin 2008

Repos

En ce jour de TGRM (très grande récréation mondiale), je célèbre deux cultes dans ma paroisse en tant que prédicateur laïc. A la veille d'un départ en vacances chez les Ch'tis (une destination choisie avant d'avoir connaissance du film), et après des semaines bien remplies, j'ai choisi de méditer sur le thème du repos, histoire de me prêcher aussi à moi-même. Pour ce faire, j'ai proposé en alternance la lecture de quatre textes bibliques et les réflexions qu'ils m'ont inspirées.

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