samedi 26 août 2006
Faire-part
François Brutsch | 10h00 | "gay, gay..." | permalien | rss

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY DU 27.08.06 A 19H00. Une escapade Genève - Londres est déjà un plaisir en soi. Que dire quand il s'agit d'y fêter l'enregistrement du partenariat de deux chers amis? Et cela s'est fait avec la simplicité et la sobriété qui les caractérise - l'émotion contenue n'en étant que plus touchante.
Et pourtant, cet événement avait pour moi des résonances qui dépassaient le caractère strictement privé. Son côté sobre et banal est une belle victoire, si on pense au chemin parcouru que ce soit en Suisse ou en Grande-Bretagne (ou en Occident en général). De plus, François Brutsch a été lui-même partie prenante dans la réflexion et la militance pour la reconnaissance civile des couples de même sexe. Dans le cadre de cette militance, je crois savoir que François fait plutôt partie de ceux qui revendiquent la banalisation que la différenciation. Dernière résonance: les attentats islamistes déjoués nous rappelaient que cet Occident qui en son temps a lui aussi criminalisé l'homosexualité, pour des motifs qui ont pu varier, est porteur de valeurs et d'une dynamique d'émancipation qui l'ont fait évoluer (le font évoluer - plus ou moins vite) sur ce point. Certains militants d'un des principaux partis de droite populiste aux Pays-Bas ne s'y sont pas trompés: comme argument de vigilance (euphémisme) à l'égard des immigrés musulmans, ils invoquent le droit des citoyens à ne pas être victime d'agressions verbales ou physiques homophobes.
Voilà ce qui donnait, à mon sens, une dimension singulière à la sérénité (je pense au concept de Heiterkeit en allemand) de samedi, non pas dans le sens de l'assombrissement, mais d'un surcroît de profondeur. Dont sont aussi empreintes, par conséquent, les félicitations que je réitère ici aux partenariés.
COMPLEMENT DE FRANCOIS DU 02.09: Une semaine plus tard, nous planons toujours!
Curieux comme une cérémonie suivie d'un déjeuner avec nos familles er nos amis parvient à représenter véritablement quelque chose, même après 16 ans de couple et 4 ans de vraie vie commune. Nous avons en tout cas été ravis d'avoir écarté tant l'enregistrement à la sauvette, avec juste deux témoins, que la grande fête impersonnelle, même si le lieu choisi (un restaurant fameux à Londres pour son atmosphère chaleureuse et son association avec le milieu politique, en particulier travailliste, au nom en forme de clin d'oeil -- sans plus!) nous a obligé à une sélection douloureuse des invités.
Pour l'intérêt des comparatistes, je donne ici quelques détails sur la procédure (par ailleurs décrite sur l'excellent site de la municipalité de Westminster).





