dimanche 21 mai 2006
Votations du 21 mai: les résultats
François Brutsch | 16h33 | droit/politique | permalien | rss
Les résultats sont tombés particulièrement tôt: il est vrai qu'il n'y avait qu'un objet fédéral, et qu'il a été approuvé massivement. Quant aux trois objets genevois, le dépouillement est maintenant accéléré du fait que la grande majorité vote par correspondance (voir la présentation des objets, et les affiches).
- L'"espace suisse de formation" a donc été approuvé dans tous les cantons, à des majorités allant de 59% (Tessin, Appenzell Rhodes-Intérieures) à 92% (Berne, Neuchâtel, Bâle-Ville). Des décennies de ratiocination sur l'eschatologie du fédéralisme balayées par les nécessités de la vie quotidienne: un triomphe personnel pour le haut fonctionnaire le plus politique du pays, Charles Kleiber, responsable de l'éducation et de la recherche. A voir le résultat, on se demandera peut-être si l'on n'aurait pas pu être plus ambitieux car la grande lacune de la réforme est de ne pas transférer les universités des cantons à la Confédération. Mais ç'aurait été prendre le risque d'un nouvel échec (car le succès d'aujourd'hui est la suite d'un refus, de peu, survenu en 1973...). Le débat politique suisse se construit lentement en vue du consensus, pas sur des décisions à l'arraché; il faut aimer le jeu et savoir doser le risque, mais ce n'est pas pour les flambeurs. Au demeurant, il y aura encore bien des péripéties pour mettre en oeuvre les principes maintenant approuvés.
- Le frein à l'endettement a été approuvé, mais la surprise vient du très faible écart entre les "oui" et les "non". On peut y lire un témoignage de confiance dans la rigueur sans la douleur promise par le ministre des finances, l'écologiste David Hiler, qui incarne une sorte de troisième voie entre la réduction des prestations à la mesure des moyens disponibles et l'augmentation des impôts -- au travers de la modernisation des structures et des processus et de la transformation des mentalités dans l'administration, censées dégager des gains de productivité suffisants. Ou un apaisement de l'instinct traditionnel de l'électorat à voter pour les économies. Ou la force d'une gauche (dont une bonne partie s'est exclue du parlement) crispée sur le maintien des acquis... Quoi qu'il en soit, le gouvernement et le parlement savent maintenant ce qui leur reste à faire (ce qui ne veut pas dire que ce sera facile!).
- La loi sur le tourisme, qui n'était pas combattue, est approuvée massivement.
- La sébile tendue en direction des contribuables par le sympathique Vivarium de Meyrin est écartée à 56%, une majorité supérieure à l'approbation du frein au déficit qui en confirme l'esprit. Avec un peu de chance, le battage fait autour de cette entreprise (dont la qualité n'est pas en cause et qui paie durement, par rapport à d'autres bien au chaud sous leurs subventions automatiquement renouvelées, le fait d'arriver au mauvais moment) sera parvenu à intéresser un sponsor privé pour que l'histoire finisse bien!





