Quand l'opposition provoque ce qu'elle prétend combattre
François Brutsch | samedi 18 décembre 2010 à 01h11 | droit/politique | rss
Dernière édition: 13h40
L'un des aspects les plus paradoxaux de l'affaire de l'augmentation des taxes universitaires en Angleterre[1], c'est que les manifs pourraient bien réussir à diminuer le nombre d'étudiants provenant de milieux défavorisés. Oui, les manifs, pas les taxes. Tous ces lycéens qui proclament que la voie universitaire va être fermée pour eux, tous ceux qui reprennent complaisamment cet argument, vont finir par réussir à le faire croire aux plus insécures d'entre eux.
Alors que c'est totalement faux. La "dette" effroyable censée peser sur les pauvres étudiants n'en est nullement une au sens usuel du terme. C'est plutôt un système de location-vente à terme, dans lequel l'étudiant-locataire est hyper-protégé et l'Etat-bailleur assure tous les risques financiers[2] mais compte rentrer dans ses fonds à très long terme, via des paiements qui seront indolores pour le locataire: ils s'ajouteront automatiquement, sous condition de revenu, au prélèvement de l'impôt[3]. Evidemment, ce n'est pas très flamboyant, je peux comprendre que ça fasse moins b... les lycéens que la rage au ventre et les manifs.
Mais quand les lycéens français se leurrent sur les retraites, ça n'a pas pour effet de diminuer les pensions qu'ils toucheront. Alors que pour les lycéens anglais le danger de renoncer à l'effort de formation sous l'empire d'une erreur de fait politique est réel.
Notes
[1] Les universités d'Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord ne sont pas touchées.
[2] Je crains même franchement la lacune légale: il n'y a pas à ma connaissance de dispositif empêchant d'entreprendre des études coûteuses gagées sur une espérance de revenu confortable, puis de choisir ensuite une vie de berger... en laissant la dette à la charge du système. C'est un pari sur la nature humaine.
[3] A la source, au Royaume-Uni.






Commentaires
1. Le dimanche 19 décembre 2010 à 13h26, par André
2. Le dimanche 19 décembre 2010 à 17h26, par François Brutsch
3. Le lundi 20 décembre 2010 à 11h19, par romain blachier
4. Le mardi 21 décembre 2010 à 12h34, par Reaction
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