L'islamophobie n'existe pas
Guillaume Barry | lundi 22 juin 2009 à 23h58 | grains de ciel | rss
En Suisse, le peuple va devoir voter sur une initiative interdisant la construction de minarets, ce qui est à mes yeux fort regrettable. Malheureusement, les adversaires de cette initiative (pas tous heureusement) ont aussi des arguments lamentables, par exemple quand ils argumentent à partir de la seule islamophobie qui est une catégorie vide. Voici donc ce que ce discours automatique m'inspire et qui a déjà fait l'objet d'un commentaire à cet article de Domaine Public.
Est-ce qu'un Suisse moyen, athée, conservateur et égoïste (si, si, l'addition de ces qualités existe), qui lancerait une initiative contre les clochers et les cloches qui sonnent le dimanche matin et troublent son repos voire son sommeil serait taxé de christianophobe? Par ailleurs, n'a-t-on pas le droit de détester une religion (mais pas les gens qui la pratiquent) dans ce qu'elle représente d'atteinte à la dignité de telle ou telle catégorie d'humains. Si on prend la liberté d'opinion et d'expression, n'aurais-je pas le droit, non seulement de ne pas croire ou d'être athée, mais encore de vilipender, de vomir une doctrine qui réclame la mise à mort des homosexuels (mais je sais que je suis partial puisqu'il se trouve que je suis concerné)?
Ai-je le droit de dire que le fantasme de la toute-puissance de la divinité suprême dans le Coran est rabaissante pour l'humain, et insultante pour le Dieu qui se révèle dans la faiblesse à travers une incarnation pour le chrétien que je suis? Dans toute les évocations mythologiques plus ou moins imagées et plus ou moins mythologiques de l'après-vie proposées par la Bible (jardin, cité ou royaume, justes promus au rang d'anges ou d'astres rayonnants, etc.) avec une remarquable parcimonie, y a-t-il quelque chose d'aussi ridicule que les 72 vierges du paradis coranique qui sont réservées aux mâles croyants? Sans parler des beaux jeunes gens qui seront au service des représentants du sexe fort, précise le texte dicté par l'archange Gabriel.
Quand il s'agit des idées, des croyances, des doctrines, le refus de tout ou partie de l'islam n'est pas comparable à du racisme, à de la xénophobie ou à de l'homophobie (avec leurs conséquences mortelles quand elles sont extrêmes). Le rejet, l'aversion et les préjugés à l'égard d'une population, en l'occurrence arabe, qui se trouve, dans la compréhension qu'elle a d'elle-même, être musulmane, relèvent par contre du racisme ou, version atténuée, de la xénophobie. Ceci dit, je voterai non à l'initiative contre les minarets, car elle atteint gravement au principe de laïcité qui est au fondement des valeurs libérales-et- chrétiennes qui sont les miennes.






Commentaires
1. Le mardi 23 juin 2009 à 08h48, par gael
2. Le mercredi 1 juillet 2009 à 20h03, par ami
3. Le mercredi 1 juillet 2009 à 23h52, par Guillaume Barry
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