Malraux - Blair même combat!
François Brutsch | mercredi 23 juillet 2008 à 12h29 | grains de ciel | rss
J'aime bien les séries d'articles du Monde cet été, d'abord ces portraits de frères et soeurs puis ces rêves de leaders... Hier c'était celui de Tony Blair (dans Le Temps aussi bien que dans Le Monde). Il s'exprime simplement, mais avec passion, sur lé rôle que la religion joue dans sa vie. Une foi trouvée sans angoisse et vécue avec une jubilation généreuse et pour tout dire oecuménique, lorsqu'il raconte qu'il n'a pas attendu le 11 septembre 2001 pour lire le Coran. Et il précise (comme si cela était nécessaire) que si cette inclination informe ses choix, elle ne les détermine pas: "Ma défense résolue de la recherche sur les cellules souches témoigne de ma liberté", il aurait pu aussi citer le partenariat pour les couples de même sexe. Sa conversion au catholicisme? "(P)our partager, très naturellement, la religion de ma famille". Cherie ne s'en embarrasse pas davantage, qui raconte dans ses mémoires que si Leo a été conçu lors d'un séjour du couple au château de Balmoral avec la famille royale, c'est parce qu'elle avait laissé à Londres son nécessaire de contraception... Des catholiques modernes comme on souhaite des musulmans modernes!
Pour lui comme pour Malraux, "Le XXIe siècle sera religieux" -- mais autant faire en sorte que cela soit bénéfique à l'humanité: la Tony Blair Faith Foundation, qui embrasse les six grandes religions, trouve ainsi sa place au côté d'une fondation pour l'intégration des jeunes par le sport dans la région dont il fut l'élu, son mandat de représentant du Quartet au Moyen-Orient, son engagement contre le réchauffement climatique ou ses activités de consultant ou d'administrateur... Un one-man-show global et multiforme à l'enseigne de The Office of Tony Blair qui suit les exemples de Jimmy Carter ou Bill Clinton.
COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY A 14h00: La foi assumée d'un Tony Blair doit être bien déconcertante pour les honnêtes hommes qui voient dans l'athéisme, humaniste, droits-de-l'hommiste, la seule manière conséquente de se réclamer des Lumières et d'être moderne (en tolérant bien sûr avec commisération les expressions de la foi).
Or, pour les profanes qui, comme moi, ne maîtrisent pas les subtilités de la troisième voie, Tony Blair incarne la modernité. Je me représente grossièrement sa démarche, sinon comme une synthèse (Aufhebung hégélienne?), pour le moins comme une optimisation de l'économie de marché et de la social-démocratie réconciliées. Bref un esprit affranchi des préjugés et des dogmes de toutes sortes.
Et voilà que ce personnage public apporte la démonstration que la foi (par ailleurs décomplexée et jamais sur la défensive) s'accommode d'une indépendance d'esprit totale - pour ne pas dire, en toute partialité, qu'elle la fonde. Si j'avais pu avoir des doutes sur le personnage, ils sont maintenant levés, et je n'ai plus à me sermonner en me disant que je n'étais peut-être que sous l'influence d'un charme trompeur. Son charme extérieur était donc bien animé d'une brillance qui vient de l'intérieur...






Commentaires
1. Le mercredi 23 juillet 2008 à 13h16, par Hady Ba
2. Le vendredi 25 juillet 2008 à 10h16, par maruku
3. Le vendredi 25 juillet 2008 à 22h32, par François Brutsch
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