samedi 8 mars 2008
Subprime, capitalisme, économie de marché et morale
François Brutsch | 16h44 | gôche | permalien | rss
Un Michel Rocard des bons jours a publié dans Le Monde un texte qui me paraît dépasser largement l'affaire de l'UIMM qui en fournit l'accroche. On devrait l'utiliser comme catéchisme de la "gauche de marché" face aux tentations nihilistes et chimériques de l'"autre" gauche, dont des bouffées menacent occasionnellement chacun.
- Assurant la liberté d'entreprendre, de produire et de commercer, l'économie de marché est à la fois le point d'ancrage et la garantie de la liberté tout court dans notre civilisation. Elle est vieille de plus de trois mille ans.
- Vieux, lui, d'à peine plus de deux cents ans, le capitalisme y a ajouté – par la machine et l'épargne collectivement utilisée – un système de production de masse inouï dont on n'a jamais inventé ni l'équivalent ni le substitut.
Je suis un peu moins convaincu de la description de l'essor de l'actionnariat "organisé en fonds de pension, fonds d'investissements et fonds d'arbitrage ou hedge funds", comme si c'était deux choses différentes, comme si les fonds de pension étaient autre chose que les salariés qu'ils représentent. Mais bon.
Plus ponctuellement, j'y ai enfin trouvé l'explication de ce qui est scandaleux dans les prêts subprime [quoique: voir le commentaire d'Alexandre ci-dessous]:
une technique bancaire nouvelle consistant à prêter massivement de quoi devenir propriétaire de son logement à toute une population aux revenus moyens ou faibles, sans se soucier des possibilités de remboursement. L'espoir du gain pour les prêteurs n'est plus fondé sur le paiement des loyers, mais sur la valeur des maisons que l'on expropriera et revendra autant que nécessaire. Un million trois cent mille Américains ont été ainsi expropriés ces deux dernières années et trois millions d'autres sont menacés. (...) La rapacité bancaire s'est là débarrassée de tout scrupule découlant du fait que ses victimes étaient des êtres humains. La cause majeure de la crise est clairement l'immoralité.





