Le mépris d'un euphémisme
Guillaume Barry | lundi 25 février 2008 à 00h42 | médias | rss
Le débat pour savoir s'il est approprié qu'un président réponde à quoi que ce soit en disant "Casse-toi pauvre c..." est une chose. Ce qui en est une autre, c'est l'euphémisme ironique voire méprisant de l'agence apparemment commune au Monde ou au Matin[1], pour se limiter à des organes de presses d'habitude assez éloignés en matière de... retenue. Ils titrent donc
"Pauvre con va", glisse un Sarkozy vexé à un homme qui le snobe. Or, l'homme lui avait dit "Tu me salis" - ce faisant, ne lui avait-il pas signifié davantage qu'une volonté de poser et conserver des distances en se fondant sur une échelle de valeurs (ce qui est la connotation habituelle du verbe 'snober')? N'était-on pas dans le registre de l'insulte?
Le titre de l'agence relève donc du mépris. Soit ses auteurs et ceux qui le prennent méprisent le premier locuteur en diminuant la force et la portée de ses propos. Soit ils méprisent le destinataire du propos en diminuant l'affront qui lui est fait. Soit ils font les deux.
Notes
[1] Reuters, selon Le Monde






Commentaires
1. Le lundi 25 février 2008 à 09h06, par Gisquet
2. Le lundi 25 février 2008 à 10h21, par koz
3. Le lundi 25 février 2008 à 11h14, par rk
4. Le lundi 25 février 2008 à 20h53, par Jacques Adam
5. Le lundi 25 février 2008 à 23h59, par Guillaume Barry
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