L'incompétence, stade suprême du brownisme?
François Brutsch | dimanche 3 février 2008 à 23h57 | droit/politique | rss
Les fichiers perdus par l'administration, c'est embarrassant quand on est premier ministre, mais bon... Perdre une lettre personnelle du No 2 de l'opposition avertissant, en toute confidentialité, d'une affaire d'Etat, c'est plus gênant. C'est pourtant ce qui arrive à Gordon Brown.
David Davis, le ministre de l'Intérieur du cabinet fantôme conservateur, a bénéficié d'une fuite[1] sur la violation d'une règle particulièrement importante pour la classe politique: la confidentialité des conversations entre un membre du Parlement et l'un de ses électeurs[2]. Elle est protégée au même titre que s'il s'agissait d'un avocat: la police n'est pas autorisée à procéder à une écoute électronique. Or c'est très précisément ce qui était allégué dans le cas d'un détenu, en attente d'extradition vers les Etats-Unis dans une affaire de terrorisme, et son MP (travailliste) venu le visiter au parloir. Davis a pris son plus beau clavier pour informer le Premier Ministre, le 11 décembre, et solliciter de sa part des explications.
Aucune suite n'a été donnée. Aujourd'hui l'affaire s'étale à la Une des médias. Le ministre de la Justice clame sa surprise et son indignation, et ouvre une enquête. Et Downing Street annonce benoîtement que cette lettre ne lui est jamais parvenue! On comprend pourquoi l'équipe rapprochée autour du Premier Ministre, sept mois seulement après son entrée en fonction[3] et avec déjà la démission d'un ministre dans un scandale de financement non déclaré, vient d'être réorganisée. Mais l'explication se trouve certainement plutôt dans l'attitude de Gordon Brown: la suffisance et le mépris à l'égard de tout ce qui peut venir de l'opposition.
Notes
[1] Manifestement de la part d'un fonctionnaire choqué, mais qui sait le sort terrible réservé par le système au whistleblower, même si sa dénonciation était judicieuse.
[2] Règle dont on peut penser ce qu'on veut: à mon sens ce n'est même plus le plus important dans cette affaire.
[3] Qu'il a mis 10 ans à préparer dans tous ses détails!






Commentaires
1. Le mardi 5 février 2008 à 00h28, par Vonric
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