Société Générale: deux questions
François Brutsch | samedi 2 février 2008 à 18h27 | droit/politique | rss
Pour ceux qui se passionnent davantage pour l'affaire Jérôme Kerviel que pour Carla et Liam ou Carla et Nicolas, j'ai quand même une question à laquelle je ne trouve pas de réponse: par quel curieux mécanisme la Société Générale parvient-elle à inscrire à ses comptes 2007 des pertes survenues dans la deuxième quinzaine de janvier 2008?
Je m'interroge par ailleurs depuis plusieurs jours sur une phrase de Pierre-Antoine Delhommais, dans Le Monde, qui opposait le jeu à somme nul des marchés à terme (l'argent perdu par une banque est gagné par une autre), à la "destruction de richesse", "l'argent parti en fumée" que représente une baisse de la Bourse sur le marché comptant. Je comprends bien la première partie sur les 4,9 mias d'euro de la Société Générale. Mais quand le cours de l'action de celle-ci a baissé, la perte réelle n'est nullement la différence de volume global de la capitalisation boursière (dont on nous rabat les oreilles), qui est purement abstraite. C'est uniquement la différence de cours entre le prix d'achat et le prix de vente, il me semble? Et seulement pour ceux qui ont vendu ce jour-là, évidemment[1]. Ou bien? Il doit y avoir quelque chose qui m'échappe, mais quoi?
Une remarque enfin, qui me vient de la comparaison des deux côtés de la Manche. Sarko et Fillon sont apparemment irrités de n'avoir pas été avertis aussitôt. Mais ça correspond bien à l'obsession prométhéenne des politiciens: qu'auraient-ils pu faire, en réalité? Moi j'avais plutôt trouvé encourageant que l'entreprise et les institutions françaises devenaient adultes et prenaient leurs responsabilités. Dans l'affaire Northern Rock, la Banque d'Angleterre était partisane de prêter discrètement le montant qui aurait évité la panique des déposants et l'emballement de l'affaire. Mais elle en a référé au Chancelier de l'Echiquier et à Gordon Brown, qui selon son habitude a été incapable de décider.
Notes
[1] Qui font donc peut-être un profit en vendant à ce prix!






Commentaires
1. Le samedi 2 février 2008 à 19h12, par kalgan
2. Le samedi 2 février 2008 à 19h32, par bituur esztreym
3. Le samedi 2 février 2008 à 19h47, par alexandre delaigue
4. Le samedi 2 février 2008 à 23h58, par François Brutsch
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