janvier 2008 - Un swissroll

Un swissroll

Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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jeudi 31 janvier 2008

Jouez au train électrique sur votre écran

MontreuxTombé, au hasard du surf, sur un site qui utilise Google Maps pour présenter le réseau des chemins de fer suisses en temps réel. On peut se placer à un beau noeud pour voir les trains se croiser[1]. Ou cliquer sur l'un d'eux pour voir son horaire et autres détails; et en cliquant sur Follow on le suit dans son parcours... Pour amoureux transis? Bien sûr, on peut choisir la distance, et voir la carte, la photo aérienne ou une vue mixte.

En l'état, c'est encore en réalité l'horaire conforme qui est présenté. En attendant le temps réel individualisé (GPS), le site annonce cependant qu'il va intégrer les éventuelles perturbations signalées officiellement.

J'ai fait l'exercice sur le XO: l'écran est plus petit, certes, mais au nombre de ses astuces pédagogiques, la copie d'écran est d'une désarmante facilité (alt+1), et vous n'avez plus qu'à renommer votre screenshot qui est un fichier .png de 1200 pixels. On peut le partager immédiatement avec ses petits camarades eux aussi équipés de XOs, ou l'envoyer par mail, ou le transférer sur une clé USB (glisser sur l'icône...). Cliquer sur l'image pour l'agrandir à 800 pixels.

Notes

[1] La page d'accueil démarre en plein Zurich, ce qui est assez illustratif d'une région qui investit massivement dans les transports publics, et les paie cher ;-) , mais en tire tout le bénéfice.

mardi 29 janvier 2008

Votations du 24 février 2008

Et une nouvelle collection d'affiches de campagne! Il y a cette fois de beaux sujets, et même si effectivement cela nous vaut quelques créations intéressantes, on reste un peu sur sa faim.

Une remarque préliminaire: j'ai voté mercredi 23 janvier, plus d'un mois avant la clôture du scrutin, près d'une semaine avant le début de la pose des affiches... Bien sûr, d'un côté les brochures officielles qui présentent les objets et les positions des partisans et adversaires peuvent justifier un envoi précoce si l'on part de l'idée naïve qu'elles posent les bases du débat (dans les faits préparées depuis des mois par les lobbies respectifs). De l'autre, l'envoi simultané du matériel de vote anéantit la campagne des dernières semaines (et les efforts, en particulier, des médias pour expliquer les enjeux et présenter les points de vue). Tant que cela reste cantonal, on peut s'adapter. Mais ici c'est la campagne pour les objets fédéraux aussi qui pâtit du vote précoce.

Objets fédéraux

Car il y a deux objets fédéraux dans ces votations.

  • Une initiative populaire qui s'inscrit dans la série du harcèlement antimilitariste. Cette fois, l'angle d'attaque est écolo-touristique: limiter les vols d'exercice de l'aviation militaire. A noter que les initiants sont évidemment opposés à rejoindre l'OTAN qui pourrait mettre à disposition des territoires à survoler moins densément peuplés. Est-ce parce que Genève n'est pas concernée par le oui? Pas une seule affiche ne l'illustre, et à droite personne ne prend la défense de l'armée.
  • Une loi censée stimuler le secteur des petites et moyennes entreprises, grâce à des mesures fiscales en particulier. La gauche a demandé le référendum, raison pour laquelle le peuple devra trancher.

Objets cantonaux

Ils sont pas moins de quatre (la brochure officielle, fichier PDF): une loi adoptée par le Grand Conseil (mais obligatoirement soumise au peuple en raison de sa nature constitutionnelle) et trois initiatives populaires.

  • Le lancement d'un processus de réflexion sur la gouvernance et l'Etat ("Tous ensemble tout revoir"), avec élection à l'automne d'une assemblée constituante, est le résultat d'un important travail de lobbying, appuyé par la menace d'une initiative populaire: au départ, personne n'en voulait, au Grand Conseil elle a finalement fait l'unanimité, puis devant le peuple elle retrouve l'opposition des populistes de droite comme de gauche. A signaler la résignation frileuse de ces derniers pour qui il n'y a manifestement plus rien à conquérir, seulement des "acquis" (tels... l'interdiction de la chasse!) à préserver; et ils n'ont manifestement aucune confiance dans ce peuple souverain qui sera appelé à élire les constituants, puis se prononcera par oui ou par non sur le projet de Constitution dont ils accoucheront (et même sur une seconde variante en cas de rejet de la première).
  • L'initiative pour la gratuité des transports publics, c'est l'incarnation de l'adolescence en politique: une idée superficiellement intéressante, de sorte qu'elle est redécouverte à chaque génération, avant d'être abandonnée sitôt qu'on se donne la peine de l'examiner sérieusement. Faut-il vraiment encourager piétons et cyclistes à prendre plutôt le tram?! Il est significatif que la ville d'Europe qui a les meilleurs transports publics, Zurich, a aussi les plus chers (tant pour les passagers que pour les contribuables). Du point de vue des affiches, à noter aussi que l'argumentation rationnelle s'illustre mal: socialistes et verts, grâce auxquels depuis 30 les transports publics se développent à Genève, sont bien en peine de combattre comme ils le voudraient l'initiative sur leurs affiches, laissant les murs à nos néo-communistes d'opéra de quat'sous.
  • L'initiative pour l'interdiction généralisée de fumer dans les lieux publics clos vient à son heure... au secours de la victoire inéluctable: après l'Irlande, l'Italie, la Grande-Bretage et la France, Genève va néanmoins pouvoir se croire novatrice en Suisse. Regrettable absence (graphique ou autre!) de toute opposition libertaire / libertarienne, quand même.
  • Et puis la saga des chiens dangereux méritait bien son initiative populaire...

Dernière modification: mercredi 30.01 à 20h55

lundi 28 janvier 2008

Ferroutage Beijing - Hambourg

Ce n'est pas encore la chaussée roulante Bâle - Domodossola par le Lötschberg... Mais enfin, le chemin de fer a convoyé du fret en 15 jours (5 de moins que prévu, et la moité du temps nécessaire par bateau porte-conteneurs) à travers six pays malgré différents écartement de voies.

dimanche 27 janvier 2008

Bernard Bertossa dans "Le Monde"

Désormais fringant retraité, l'ancien Procureur général de Genève (puis juge fédéral) s'exprime sur les entraves à la lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent, avec la rigueur et la clarté dont il est coutumier. Cela fait une belle page du Monde de dimanche-lundi.

samedi 26 janvier 2008

Le rapport Attali et la génération 68

Dans Le Temps de ce matin, Beat Kappeler salue le rapport de la commission Attali, non sans rappeler quelques souvenirs inconfortables:

Jacques Attali et ses commissaires proposent donc de changer la France, encore une fois. Attali était le conseiller du président François Mitterrand. Dans ce rôle, il avait rédigé une note au président en été 1981 sur «l'usage volontariste et quotidien du secteur public des banques», sur la nécessité «d'élever le coût des licenciements pour les entreprises» et sur le fait que «les impôts directs peuvent être indolores s'ils sont prélevés à la source». Un quart de siècle plus tard, la France s'est délestée péniblement des entreprises nationalisées par Mitterrand, son marché du travail est toujours figé par l'interdiction des licenciements qui découragent l'embauche, et les travailleurs et les patrons français souffrent des plus gros prélèvements sur les salaires de toute l'Europe. En plus, le mythe du «partage du travail» également évoqué par Attali dans ses mémoires, Verbatim, avait conduit aux 35 heures imposées à tout un pays et qui attendent d'être défaites à leur tour.

Au demeurant, l'économiste et ancien secrétaire de l'Union syndicale suisse, social-libéral sans complexe, ne lui reproche pas ses positions actuelles, bien au contraire!

Mais les réalités sont différentes aujourd'hui. Les économies nationales sont ouvertes, leurs prix et les coûts salariaux se comparent avec le reste du monde, les réseaux informatisés créent une transparence instantanée, les cartels ont disparu, les entreprises combattent en solitaires face à tout le monde. L'imbrication financière et l'importance de la confiance des investisseurs, qui peuvent fuir n'importe quand, font que la politique monétaire doit éviter toute inflation, que les dettes publiques sont dangereuses, et que toute relance par des commandes de constructions et de biens tangibles s'évapore à l'étranger par des importations. C'est un autre monde. Heureusement, la partie intelligente de la génération de 68 a compris.

P.S. Et voilà une actualité qui me permet de revenir sur l'un des sujets auxquels vous avez échappé pendant le mutisme de ce blog durant plus de 15 jours! Sans véritable raison autre que la surcharge (mais n'est-ce pas plutôt de la dispersion?) des auteurs que l'on invoque habituellement...

jeudi 10 janvier 2008

Des nouvelles du XO

Ce n'est pas un tagamochi, mais presque: mon nouvel ordinateur continue de prendre une place considérable dans ma vie, entre découverte de la machine, participation à un groupe/réseau/communauté de plus, ou même plusieurs (les enthousiastes de l'opération One Laptop Per Child OLPC pour les enfants du tiers-monde, les fiers possesseurs de XO, voire, mais je tente de m'en préserver, les bidouilleurs de Linux) et prosélytisme en mode overdrive: sur Domaine Public, lire Piaget, Illich et JJSS dans un laptop design à 200 F, que j'ai également traduit en € pour AgoraVox[1].

Mais regardez seulement cette vidéo québecoise (trouvée ici), qui a déjà un an et présente le XO dans ses caractéristiques techniques si remarquables (on voit même l'intérieur) comme dans ses fonctionnalités révolutionnaires (le réseau automatique entre ordinateurs voisins, la brillante interface Sugar) et son parti pédagogique (c'est l'un des concepteurs de la suite logicielle musicale qui parle):

COMPLEMENT DU VENDREDI 11 EN FIN DE SOIREE: Participé cette après-midi à une java d'enfer (si je peux proposer cette traduction hardie pour mesh network...) entre XOs à Londres. J'ai ainsi appris qu'en anglais ça se prononce Exo et non Kso (ce qui me semble une erreur dans la mesure ou xo signifie, paraît-il, yak en tibétain, ce qui paraît tout à fait approprié: une sympathique bête de trait -- souvenir de Scrabble de mon cher et tendre, malheureusement trop beau pour être vrai: c'est zho, zo ou dso)! C'était à l'occasion d'un salon informatique et éducation, sur un stand promouvant les logiciels en source ouverte. Nous avons donc pratiqué ce réseau de pairs qui s'établit automatiquement entre XOs voisins. Et puis je me suis retrouvé à jouer le bonimenteur...

Aesus EEE

En rentrant j'ai trouvé le commentaire de Stéphane, ci-dessous... Qui est d'autant plus cocasse qu'à mon programme il y avait justement de tâter aussi du Asus Eee, en vente ici depuis novembre dernier sous le nom de miniBook (en France dès fin janvier, sans doute très bientôt avec le clavier suisse aussi). Pas de doute: il est splendide! Je suis content de ne pas l'avoir vu plus tôt, je n'aurais pas pu résister (mais les deux objets ne titillent pas les mêmes régions du cerveau... et du reste, si je puis dire). Les deux bestioles sont parentes (petites merveilles sous Linux), et en même temps il n'y a pas à comparer l'outil éducatif écologique et indestructible, bourré d'innovations de qualité, et l'objet mode low cost, qui va faire un malheur dans les sacs à main, les cafés et les amphis: une copie démarquée de Vaio subnotebook à plus de 2'000 CHF, pour quelque 500 CHF... Si je m'y risque quand même: le vélo militaire et le city bike, ou le Solex et le scooter. J'ai pris la photo avec la caméra du XO, bien sûr (exercice pédagogique développant les sens de la coordination, et comme vous voyez dans mon cas ça laisse à désirer!).

Notes

[1] Qui en a cependant quelque peu déformé l'esprit en adoptant une présentation laissant espérer un banc d'essai en bonne et due forme qui n'est pas mon rayon.

George Bush, accoucheur de l'Etat de Palestine?

Ce serait un autre que lui, quelle excitation ne susciterait pas la visite officielle d'un président des Etats-Unis à Ramallah pour être reçu par le président Abbas!

On tend à l'accuser de se désintéresser du conflit israélo-palestinien, voire d'abandonner le rôle traditionnel de médiateur des Etats-Unis au profit d'un soutien inconditionnel à Israël. Mais dans la pratique il est celui qui a articulé sans périphrase la solution des deux Etats démocratiques en paix, poursuivant donc hardiment dans la continuité de son prédécesseur et exécutant sans faiblir sa part de la stratégie convenue avec Blair pour le Proche-Orient. Et il profite de cette visite pour réaffirmer un principe que je n'ai vu personne d'autre oser proclamer: l'exigence de continuité territoriale, par quoi il faut comprendre le dépassement effectif de la "peau de léopard" amorcée par les Accords d'Oslo (avec à la clé des mouvements de population?).

Avec Olmert qui prépare l'opinion israélienne à l'acceptation qu'une partie de Jérusalem revienne aux Palestiniens, c'est encourageant... Mais pas davantage! Bush peut aider, et un succès lui devra l'essentiel. Mais un échec ne peut nullement être exclu et il n'en serait pas responsable: il faut déjà résoudre la nouvelle question de la partition "à la chinoise" de la Palestine entre Hamas et Fatah.

mercredi 9 janvier 2008

"She did it!"

Fantastique remontée d'Hillary Clinton qui, contre toute attente, remporte l'élection primaire du New Hampshire, après la victoire de Barack Obama en Iowa. Elle retrouve ainsi toutes ses chances d'être celle qui recevra l'investiture démocrate pour affronter, en novembre, le candidat républicain quel qu'il soit. Mais surtout elle sauve les démocrates d'un danger mortel: le couronnement prématuré d'un vainqueur qui n'aurait pas été véritablement exposé à la rigueur révélatrice de cette course de fond que constituent, dans le système américain, les élections primaires.

Je suis bien sûr un partisan de toujours d'Hillary. Mais je ne demande qu'à voir mes préventions à l'égard d'Obama levées: j'avais comme tout le monde été impressionné par son élection comme sénateur de l'Illinois. Un préjugé favorable terni par son opposition précoce à l'intervention en Irak pour les plus mauvaises des raisons: le souvenir (dans son cas purement théorique, ou, pour le dire plus méchamment, complaisant pour son public) du traumatisme vietnamien; mais surtout un isolationnisme égoïste (genre "La Corrèze avant le Zambèze"[1]) couplé à une vision naïve[2] et angélique[3] des moyens de combattre l'agression islamo-fasciste contre les sociétés ouvertes et démocratiques. Je me trompe?[4]

Depuis, j'ai même conçu l'impression (réversible sur pièces) que naïveté et angélisme caractérisent aussi la vision d'Obama en matière de politique sociale. Est-il au moins plus libre-échangiste que protectionniste? Je n'en sais rien. Alors que sur tous ces points je me retrouve sans problème avec Hillary. Et s'il lui manque évidemment un peu de la chaleur empathique de Bill, je suis même prêt à lui concéder l'avantage sur lui d'être moins obsédée de plaire, plus concentrée sur l'objectif.

Notes

[1] Mais "de gauche".

[2] Je bombarderai le Pakistan.

[3] Laissons faire la police.

[4] Ce qui n'est pas la même chose que de ne pas être d'accord avec mon appréciation de l'intervention en Irak!

lundi 7 janvier 2008

Exercice de mémorisation

Un émule de Lewis Caroll? Un sectateur de l'Oulipo? D'Albert Hofmann? Comment faire une introduction qui ne mette pas sur la piste. Voici donc un homme qui interprète une "chanson" qu'on reconnaît plus aisément à partir du milieu de la vidéo. Quelles que soient les positions esthétiques ou les sympathies politiques, il faut reconnaître qu'on se trouve confronté à une hallucinante prouesse en matière de mémorisation.

dimanche 6 janvier 2008

Jean-François Kahn sur la crise des médias

Il y a du pire et du meilleur dans ce que raconte JFK (Le Monde). De l'absurde à grimper aux rideaux (les gratuits comme concurrence déloyale, alors qu'il s'agit d'un autre modèle de rentabilité). Cette évocation de particularités françaises (l'étatisme), qui n'expliquent pas une crise sociétale. Et en même temps cette foi paradoxale qu'il faudrait plus d'intervention publique pour "sauver" la presse (mais on ne peut quand même pas obliger les gens à lire ce qu'ils ne veulent pas). Et en même temps il y a ces propos bien sentis sur les anachronismes de l'organisation cartellaire, sur l'aseptisation du débat ou sur la responsabilité des journalistes eux-mêmes (ce qui sonne particulièrement juste dans ce numéro qui évoque par ailleurs la énième crise du Monde).

Mais ce qui retient davantage mon intérêt, c'est son propos sur le style. Déprimant: je confesse une tendresse certaine pour la phrase qu'il appelle cicéronienne. Mais certainement juste. Et plus encore lorsqu'il parle de références ou d'expressions à bannir: leur sens échappe à trop de lecteurs. Rien ne sert de se lamenter, mieux vaut apprendre et changer. Je persiste pourtant à trouver tout à la fois une nervosité agitée et une moindre subtilité du sens dans les indépendantes juxtaposées par lesquelles je viens de tronçonner ce qui pouvait n'être qu'une seule phrase ample... Françoise Giroud écrivait limpide, mais sans appauvrissement.

Alors je copie,comme pense-bête:

Faut-il aussi repenser la façon de faire du journalisme?

Cela me fait mal de le dire, mais nous allons devoir changer notre mode d'écriture. Il y a un type de phrase qui est mort. Je le regrette, parce que je suis d'une génération qui aime ces phrases cicéroniennes, c'est-à-dire une phrase construite, longue, avec des incidentes. Il faut des phrases plus courtes. Mais surtout intégrer que tout accident grammatical rend la phrase moins accessible. S'il y a huit ou neuf mots après le sujet, eh bien il faut répéter le sujet. Les gens ne connaissent plus beaucoup des mots que nous employons[1].

Il faudrait donc appauvrir son vocabulaire et ses références?

Oui, car beaucoup de gens de moins de 40 ans n'ont plus les références d'avant. Je reçois des lettres de lecteurs qui me disent qu'ils ne comprennent pas tout ce que j'écris. J'avais parlé du boulangisme, en référence au général Boulanger, ils pensaient que j'évoquais un pâtissier. J'ai écrit: "C'est une division du monde à la Yalta." Mais qui sait encore ce qu'est Yalta? Je suis catastrophé que les jeunes ne connaissent plus l'histoire, mais il faut bien en tenir compte. Les journalistes sont furieux qu'on leur dise cela. Mais on ne doit pas faire comme les marxistes qui décrivent la réalité comme ils voudraient qu'elle soit, il faut s'adapter à elle.

Notes

[1] Il formule de manière réactionnaire une réalité que l'on pourrait décrire aussi bien de manière progressiste: l'élargissement et la diversification des publics, conquête démocratique, ne permet plus de prendre comme seule interlocutrice de référence une certaine élite à laquelle il est flatteur d'appartenir ou de s'identifier.

samedi 5 janvier 2008

Transmutation des malheurs du monde en bonheur cinéphilique

L'année a bien fini et commencé, cinématographiquement parlant: La Visite de la fanfare; Gone Baby Gone et It's a Free World. Trois chefs-d'oeuvre, chacun dans son genre. Le dernier film, dû à Ken Loach, a aussi été merveille à mes yeux (qui ne sont pourtant pas ceux d'un inconditionnel de ce réalisateur).

Passons sur les considérations cinéphiliques (photographie à tomber et acteurs qui crèvent l'écran) et venons-en tout de suite à l'idéologique. Il semblerait que le film soit une fois de plus une dénonciation ou, pour le moins, une illustration des méfaits de l'ultra libéralisme. Certes. On ne peut le contester sans beaucoup de mauvaise foi. Il n'empêche: en même temps, dans ce film, le moteur premier de toute l'action, c'est l'instinct de survie über alles, autrement dit un égoïsme aussi prépondérant qu'universel, généralement traduit, dans l'ancienne terminologie théologiques, par péché originel. L'immense mérite de Ken Loach dans ce film-ci, est de ne pas exclure cette lecture anthropologique (si on ne veut pas donner dans le théologique), quel que soit le constat qui est au point de départ.

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