dimanche 19 août 2007
Ratatouille
Guillaume Barry | 18h39 | divers | permalien | rss
Même si l'unanimité (ou presque) de la critique et du public peut exercer un effet dissuasif: il ne faut pas bouder ce qui est un immense plaisir - un régal pour l'âme, un baume pour le coeur. Il faut aller se régaler du film Ratatouille.
Fidèles au style Disney, les personnages sont touchants et attachants, mais sans aucune mièvrerie, sans aucun racolage. C'est-à-dire sans clins d'oeil lourds et appuyés.
Certes, certains traits de morale moderne y sont distillés: l'impératif d'être soi-même, de croire en soi-même, d'utiliser à fond son imagination qui est l'emblème d'une liberté infinie... mais c'est distillé finement, sur fond d'une bienveillance et d'une confiance dans les êtres typiquement américaines qui sont premières, mais, en l'occurrence, exemptes de naïveté. Si on prend le temps d'y penser, la morale finale surprend, car elle dévie (légèrement) du rêve américain qui semble être l'une des bases idéologiques de l'animation.
Le thème de la bonne cuisine est un prétexte, il ne constitue aucunement un message. C'est à tort qu'on y verra des clichés ou des caricatures sur Paris et la culture française, dont la gastronomie fait partie. Mais c'est très surprenant de voir apparaître tous ces éléments dans un film d'animation américain destiné à un public de jeunes et d'adultes.
En résumé, les ingrédients de cette ratatouille sont beaucoup de finesse, de tendresse, d'humour portés par une technique, certes époustouflante, mais à qui n'a pas été dévolu pour autant le premier rôle.
Et puis, à l'heure des vacances américaines de Monsieur Sarko, ce film semble avoir été programmé pour sceller la réconciliation entre le pays de la souris (et plus tard du rat) et celui du coq (ou des grenouilles).





