Congrès de l'UDC: hyperbolique sans vergogne
Guillaume Barry | samedi 18 août 2007 à 15h59 | divers | rss
L'UDC - Union Démocratique du Centre [1] tenait un congrès extraordinaire à Bâle aujourd'hui - comme le Matin en ligne en fait déjà le reportage. Un discours radicalisé, si c'était encore possible, qui fera le bonheur de ses détracteurs symétriquement opposés, mais qui pourrait donner quelques soucis aux modérés. En effet, le style Nous appelons un chat un chat (ou un bouc un bouc), semble proche des préoccupations des gens et a des accents très persuasifs, même quand c'est énoncé par un non francophone[2]. Là où les gens auront de la peine, c'est la revendication d'un manichéisme qu'on croyait confiné outre-Atlantique ou à l'extrême-droite. Car les élections fédérales du 21 octobre placent la Suisse devant le choix entre l'enfer socialiste et le paradis UDC. Certes, les gens savent reconnaître une hyperbole, même si ce trope-là n'est pas une idiosyncrasie helvétique. Certes, les Suisses pro-UDC sont moins primairement antiaméricains que d'autres et se retrouvent dans une expression sommaire des valeurs conservatrices articulées sur l'axe du bien et du mal. Mais jusqu'ici, on ne les avait pas vu à ce point décomplexés. La droite (ou la gauche) raisonnable doit encore arriver à falsifier l'équation non populiste = non décomplexé.
A relever quelques points de rencontres avec les socialistes. D'abord, ces derniers se réunissaient aussi à Bâle aujourd'hui. Mais surtout, on a fait l'honneur de reprendre à leurs cousins français l'idée, perfectionnée, d'un contrat avec le peuple. Perfectionné puisque le document signé par les délégué-e-s est est sous la forme d'un parchemin pour rappeler le Pacte fédéral de 1291.
Ce sera peut-être un caractéristique du début du XXIème siècle. Sur le plan des discours politiques, le froid de la guerre avait perduré dans le rationalisme froidement gestionnaire de la rhétorique politique qui a suivi. Pour se faire réchauffer maintenant par un grand retour des symboles, des valeurs, des mythes. Est-ce pour le meilleur - le paradis de la libre et riche expression - ou le pire: l'enfer populiste?






Commentaires
1. Le samedi 18 août 2007 à 22h19, par Lyonel Kaufmann
2. Le dimanche 19 août 2007 à 01h30, par Guillaume Barry
3. Le dimanche 19 août 2007 à 20h08, par Lyonel Kaufmann
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