Vers le 3e tour
François Brutsch | vendredi 4 mai 2007 à 16h10 | divers | rss
Bayrou disant "Je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy", ça me rappelle Chirac votant Giscard d'Estaing en 1981, "à titre personnel": une pose à ne pas prendre au premier degré. Car son intérêt, l'intérêt du futur parti démocrate[1] [2], c'est Sarko président, des électeurs tentés de lâcher le PS aux législatives et celui-ci prêt à tout, même au retrait tactique de candidatures pour essayer d'empêcher l'irrémédiable.
C'est un peu la question qui reste maintenant: que va devenir la gauche si Royal n'est pas élue? Non que cela paraisse totalement exclu, et en cela la campagne me rappelle 1995: Jospin qui, in extremis, "fendait l'armure", d'ultimes meetings chaleureux, on voulait presque y croire. Et en cela Royal m'a bien permis de gagner cette partie du pari fort peu assuré que, comme d'autres, je faisais sur sa candidature[3] quand tant la ridiculisaient. Mais enfin, s'il sera tout aussi honorable qu'alors, l'échec est au moins aussi vraisemblable qu'en 95.
Ce qui me ramène à l'autre partie du pari: parachever enfin l'évolution du PS français. Cela se présente on ne peut mieux si Royal est élue (et elle confirme mon espoir qu'elle saurait aller plus loin qu'un Strauss-Kahn dans la rupture sur la liturgie comme sur la doctrine). Mais faut-il craindre un choc en retour, la reprise en main par les Mélanchon - Fabius - Emmanuelli? On verra bien, mais là aussi ça m'a l'air de se terminer beaucoup mieux qu'on aurait pu le craindre[4].
Et puis reste la France, comme on dit de manière grandiloquente. De ce point de vue là, il n'y a rien de commun avec 1995: autant j'éxècre Chirac, autant j'admire depuis longtemps les qualités de Sarkozy. Au quizz du Monde autour de 20 propositions des deux candidats, je me retrouve à 12 pour Royal mais 8 pour Sarkozy... De sorte que j'attends le résultat avec la plus grande sérénité. Certes sans attente excessive non plus, mais l'espoir qu'il redonnera à ce pays un élan bien nécessaire, pour lui-même comme pour l'Europe.
Notes
[1] Qui semble bien, comme je l'avais pensé, être rétif à l'acronyme!
[2] S'il se met vraiment en place...
[3] Je reste convaincu que le choix plus "raisonnable" d'un Strauss-Kahn n'aurait de ce point de vue que facilité les choses pour Sarkozy.
[4] Là aussi, l'échec d'un DSK aurait été plus dangereux: perdant pour perdant, il aurait alors mieux valu jouer Fabius, mais je ne crois pas à la politique du pire.






Commentaires
1. Le vendredi 4 mai 2007 à 17h50, par Merlin
2. Le samedi 5 mai 2007 à 09h16, par marcel
3. Le samedi 5 mai 2007 à 21h36, par Sens
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