février 2007 - Un swissroll

Un swissroll

Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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mercredi 28 février 2007

République helvétique des blogs: 2ème rencontre

Deux fois 1h20 de train, juste pour une soirée à Fribourg, qui les valait bien. Il s'agissait de rendre la politesse à nos amis fribourgeois qui avaient fait le voyage de Genève il y a un mois pour la première réunion de la République des blogs. Et il s'agissait de rencontrer encore d'autres blogueurs, lecteurs, politiciens, journalistes. J'aimerais pouvoir dire à leur sujet, sans qu'on croie à de la flatterie ou à un excès de politesse, que pour l'ouverture et l'intelligence bienveillante, il n'y a pas photo. Le non-fribourgeois Ludovic Monnerat n'est pas délégitimisé pour faire partie du lot, ce d'autant plus que ce blogueur avoue ici qu'il est susceptible de céder aux pressions quand elle sont amicales - ce qui est un comble pour un militaire.[1] Quant à la demi-douzaine de Lémaniques qui ont fait le déplacement, ils ont fait mentir leur réputation de globocentristes.

COMPLEMENT DU 01.03.07: La prochaine rencontre de blogueurs romands & friends aura lieu le 27 mars 2007 à Lausanne . Détails et inscriptions ici.

Notes

[1] A l'inverse de l'"insensibilité" à toute pression de certain blogueur neuchâtelois grand absent ;-)

lundi 26 février 2007

Les affiches de la votation du 11 mars 2007

Exem sur EMSChose promise, chose due, et les traditions de ce blog sont respectées: les affiches de campagne[1] dans le canton de Genève pour la votation et qui se termine le 11 mars sont en ligne! Malheureusement pas dans la forme habituelle, car j'ai rencontré un problème technique que je n'ai pas le temps de chercher à résoudre proprement[2].

A la votation fédérale sur l'initiative populaire pour une caisse maladie unique et sociale, dont il était question ici, s'ajoutent deux questions cantonales genevoises (voir, faute de mieux, en fichier PDF la brochure officielle envoyée à tous les électeurs):

  • une initiative populaire "pour une meilleure prise en charge des personnes âgées dans les EMS[3]"
  • une loi réglementant l'affichage, qui a fait l'objet d'une demande de référendum émanant de milieux culturels inquiets des dispositions qu'elle contient contre tout affichage sauvage.

Sur le strict plan des affiches, j'avoue m'être attendu à mieux sur la caisse unique. Pour le "oui", il n'y a guère que les affiches du PS et des Verts qui sortent un peu du lot. Pour le "non", celle des radicaux. A signaler encore celle qui, comme c'est souvent la tentation, manipule le message: elle invoque le "libre choix" pour présenter la caisse unique comme un boulet, mais cette notion renvoie d'ordinaire au libre choix du médecin, et non de leur caisse, par les assurés; et nombre de médecins libéraux apportent leur appui à la caisse unique car ils croient qu'elle sera moins en mesure que les caisses en concurrence de revendiquer le droit de bannir les médecins trop habiles à faire gonfler la facture[4].

Ma préférée est comme toujours celle du génial Exem à propos des établissements pour personnes âgées: il renverse le rôle habituel de sa pieuvre fétiche (qui plonge loin dans l'histoire de l'affiche et de la caricature) pour lui prêter forme humanoïde et compatissante! Les partisans de l'affichage culturel sauvage ont renoncé à l'efficacité pour la satisfaction de faire plaisir à un coin tortueusement conceptuel de leur esprit avec une anti-affiche... Heureusement qu'une extrême-gauche qui se pare d'habits plus libertaires que la réalité vole à leur secours!

Notes

[1] Merci à Martin pour les splendides photos.

[2] L'immonde bricolage auquel j'ai procédé me vaudra certainement l'exclusion du forum des usagers de Dotclear, mais je ne suis pourtant pas peu fier du résultat, surtout pour le menu! ;-)

[3] Etablissements médico-sociaux.

[4] A tort ou à raison, c'est une autre question...

dimanche 25 février 2007

Dernier acte

Dans la grande saga de mon partenariat dont les lecteurs de ce blog ont été les témoins depuis l'été dernier, il restait encore à obtenir la reconnaissance en Suisse d'un enregistrement effectué à Londres sous la forme d'un Civil Partnership, en prenant un peu d'avance sur la loi fédérale approuvée le 5 juin 2005 par le peuple et dont l'entrée en vigueur était fixée au 1er janvier 2007. Je ne me suis finalement pas pressé pour accomplir les formalités nécessaires, qui comme je m'y attendais se sont avérées bien plus compliquées que le partenariat lui-même! Elles impliquaient en particulier que je me fasse délivrer par le service de l'état civil de Genève une attestation que j'étais célibataire (Londres se contentait de ma parole), à transmettre via l'ambassade de Suisse au Royaume-Uni à une base de données centrale appelée bêtement Infostar à l'appui des documents permettant au même état civil de me considérer désormais comme "lié par un partenariat enregistré".

Certificat de partenariatJe l'ai fait fin janvier, et cette semaine j'ai trouvé à mon courrier un beau livret rouge -- enfin, un astucieux mariage de la modernité et de la tradition: le "livret de famille" d'antan, manuscrit authentique (je garde le souvenir vivace de celui de mes parents, dans un triste état après ses pérégrinations africaines) est désormais remplacé par une simple couverture cartonnée au format A5 avec une inscription passe-partout en lettres d'or, dans laquelle est glissée, tenue par deux coins, trois pages crachées par un ordinateur puis dûment signées et estampillées: notre certificat de partenariat[1].

Ultime détail: il ne m'est pas envoyé par l'état civil de Genève, comme prévu (et l'ambassade m'avait charitablement prévenu qu'il était connu pour sa lenteur), mais par celui de Schaffhouse, au bord du Rhin. Un effet d'un autre particularisme national: tout Suisse[2] est d'abord rattaché à une "commune d'origine", on dit qu'il en est originaire, souvenir du temps ou la libre circulation des personnes entre les cantons était limitée, et où l'assistance aux indigents n'était pas due comme aujourd'hui au domicile; c'est d'elle que découle la "nationalité" cantonale. Si mon grand-père, fonctionnaire postal muté de Schaffhouse à Genève en 1918, n'avait pas fait la démarche d'acquérir le "droit de cité" dans la commune de Genève où mon père est né, nous serions toujours originaire de Buch (SH), et non de Genève et Schaffhouse. J'imagine que cela n'a plus grande importance aujourd'hui, mais je suis toujours soucieux de ne pas perdre cet ancrage outre-Sarine lorsque Genève a des velléités sécessionnistes, se rêvant en Monaco ou Luxembourg[3]; de là à ce que Schaffhouse prenne l'ascendant...

Notes

[1] Une page synthétique + une page avec les détails de chacun des partenaires.

[2] Et tout étranger qui entend se naturaliser.

[3] Ou que la Suisse romande paraît céder à une tentation wallonne conduisant en définitive à un rattachement à la France (complément du 25.02 à 22h).

samedi 24 février 2007

Quand être bi, c'est être mono ou toto

Le centrisme a été l'occasion pour François Brutsch ici, et ici, pour Jean-Daniel Delley ici [1] et pour moi ici d'exposer des vues plurielles.

Avec Philippe Barraud, le premier aura trouvé un allié d'un autre bord. La logique de la conclusion semble imparable:

Elle (la bipolarisation) permet enfin l’alternance, ce qui est par nature impossible avec un centre incolore, puisqu’on ne pourrait le remplacer que par un autre centre incolore.

Ce qui vient avant est plus discutable:

Ces catégories — la gauche, la droite — ne sont pas des concepts creux, des amusettes d’intellectuels. Chacune recouvre en réalité une vision du monde et de la société, une vision structurée et bien décrite, depuis le temps. Cela permet au citoyen de se situer, et de savoir à quel monde rêve le politicien auquel il donne sa voix. S’inscrit-il dans la mouvance libérale, où l’Etat joue un rôle mineur, ou adhère-t-il à une conception socialiste de la vie en société, dans laquelle l’Etat tient une place prépondérante?

En revanche, décréter que la seule polarité est celle du rôle majeur ou mineur de l'Etat est une pétition de principe. Rien en effet n'empêche de voir la réalité selon cette catégorie, que rien ne viendra falsifier, ce qui fera qu'on aura toujours raison. Finalement, le bipolarisme peut devenir un monisme et dériver en totalitarisme.

Notes

[1] COMPLEMENT DU 25.02.07, la disparition de la mention d'une contribution si importante étant un nouvel indice des méfaits du bipolarisme conquérant amenés en conclusion du présent billet

mercredi 21 février 2007

L'avenir du féminin radical est-il dans le passé?

Patrick Juvet, Laurane Gilliéron (une ex-Miss Suisse) seront les invités du kick-off de la campagne des femmes radicales dont le slogan est où sont les femmes. Voir cet article du Temps, et le programme et les explications officiels sur le site des Femmes radicales suisses.

Le chanteur vaudois interprétera donc (en play-back?) son tube cultissime qui aura attendu l'intervalle d'une génération pour livrer le secret de son message, le secret de l'intention ultime qui le porte. Il s'agit rien moins que de réveiller les consciences bourgeoises à travers un soutien tout en poésie aux femmes radicales, en suscitant au passage des vocations à des candidatures. Voilà ce sur quoi la planète entière a prophétiquement dansé depuis 1977, et la prophétie s'est, non pas (encore) accomplie, mais explicitée. La vague disco est partie de Munich (selon les européocentristes) ou New York (selon ceux qui cumulent discophobie et américanophobie). Mais c'est au casino de Montbenon, Lausanne, le 3 mars 2007, qu'elle va connaître son ultime et véritable revival.

Qu'on ne se méprenne pas. Ce morceau écrit avec Jean-Michel Jarre représente pour plus d'une paire d'oreilles (dont celles de votre serviteur) une révolution dans la révolution du disco (genre que j'adule au moins autant que le classique). Ce bijou de 6'16'' (version originale) est et reste irrésistible. La tessiture de la voix est ironiquement décalée par rapport au thème qui en devient surréel. La prosodie est des plus adéquate. MAIS, pour ce qui est du sens à donner aux paroles toutes nues, on hésitait entre le premier et le deuxième degré, à moins que ce ne fût le degré zéro d'un message réactionnaire non réfléchi.

Extraits: (texte intégral par exemple ici)

Elles portent un blouson noir / Elles fument le cigare / Font parfois un enfant / Par hasard ! Et dès que vient le soir / Elles courent dans le néant /Vers des plaisirs provisoires

Où sont les femmes ? / Avec leurs gestes pleins de charme / Dites-moi où sont les femmes ? ... Qui ont des rires pleins de larmes / Auraient-elles perdu leur flamme

Elles ne parlent plus d'amour / Elles portent les cheveux courts / Et préfèrent les motos aux oiseaux Elles ont dans le regard / Quelque chose d'un robot / Qui étonne même les miroirs

J'aime Patrick Juvet (le musicien) et ne veux point de mal au Parti radical, qui a raison de chercher de nouvelles modalités interpellatives - pourvu que ce ne soit pas des gadgets, on sait que ça ne marche pas en Suisse. MAIS, cette nostalgie de ce qui apparaît comme des valeurs féminines d'antan, voire d'un éternel féminin, est-elle vraiment en phase avec le recrutement et la promotion de politiciennes et la reconquête d'un électorat?

Bon, on ne va pas faire une lecture féministe car, pour les politiciennes de droite (entre autres), c'est un gros mot. Faisons un début de fisking contradictoire.

  • Elles portent un blouson noir: Pourquoi stigmatiser des personnes qui s'affichent comme étant actives, dynamiques, sportives?
  • Elles fument le cigare: à l'heure du totalitarisme 'hygiéniste, n'est-ce pas un sain libertarianisme?
  • Font parfois un enfant - par hasard: La confiance dans l'avenir est en général prônée par le PRD
  • Avec leurs gestes pleins de charme: Le peuple demande des actes, pas des gesticulations
  • Elles ne parlent plus d'amour: le PRD veut-il des populistes?
  • Et préfèrent les motos aux oiseaux: On ne savait pas le PRD écolo-fondamentaliste
  • Quelque chose d'un robot: Voir remarque précédente. Le parti qui revendique la modernité n'aime décidément pas les innovations techniques

Moralité: la vision des femmes que (se) chante le PRD étonne même les miroirs.

lundi 19 février 2007

Retour furtif

Fin des vacances (excellentes, merci): à Londres ce soir puis dès demain à Genève. Je ne serai donc pas présent à la troisième République des blogs londonienne qui se tient mardi 20 février, avec semble-t-il au moins deux nouvelles têtes. Mais je serai à la deuxième en Suisse romande mardi 27 février à Fribourg. Blogueuses et blogueurs, lectrices et lecteurs, n'hésitez pas à vous ajouter aux quatre Genevois, trois Fribourgeois, un Vaudois et un Jurassien du Sud déjà inscrits!

samedi 17 février 2007

Le ciel ne pouvant pas attendre

Moins on s'y connaît, c'est bien connu, plus on fera connaître un avis péremptoire. Même si une histoire de ciel - en l'occurrence la tragédie de l'interdiction de ciel qu'a été le grounding de la défunte Swissair - devrait être dans mes cordes. Par contre, n'étant pas un spécialiste ni du droit, ni de l'économie ni de la finance, j'ai de la peine à distinguer ce qui relève du pénal de ce qui relève du moral dans l'actuel procès des derniers dirigeants. Avons-nous affaire à des coupables responsables, ou à des innocents irresponsables, ou enfin à des coupables irresponsables? Je pars de l'idée que des innocents responsables ne se seraient pas retrouvés dans une telle caravelle galère.

En 2002, des partis bourgeois, avec la bénédiction d'une partie de la gauche[1], lâchent 1 milliard de francs pour permettre la naissance d'une nouvelle compagnie nationale-privée. Les deux arguments qui tuèrent:

  1. La mise au chômage aurait de toute façon coûté très cher à la collectivité.
  2. La Suisse ne pouvait pas se permettre de ne pas avoir de compagnie aérienne "nationale".

C'est ainsi que cinq mois plus tard, la nouvelle compagnie était rachetée pour une bouchée de pain par la compagnie d'un pays voisin. Bilan théologique: la Suisse a gardé sa place au ciel (même si c'est à travers un emblême désormais en trompe-l'oeil qui cache une marque étrangère). C'est pas très protestant: elle a d'abord payé pour ça. C'est pas très catholique: au final elle a dépendu du bon vouloir d'une puissance céleste supérieure, elle n'a plus de mérite.

Bilan politique. La droite qui se prétend moderne a mené une politique de la gauche archaïque ou populiste ou dictatoriale (comme en certains pays d'Amérique du sud).

Notes

[1] Qui avait de la peine à dissimuler sa joie envieuse. Pensez donc: le grand soir des presque-nationalisations était enfin arrivé en Suisse, mais c'était une décision de la droite.

mercredi 14 février 2007

Le vote de quelques VIP de la Bible

Que ferait Jésus à ma place? Je croyais que c'était une spécialité évangélique américaine comme ce site qui décline ce qui est devenu le nouveau tétragramme WWJD[1] en moult produits dérivés. Mais j'ai découvert que l'association de cette question au goût bien français pour les acronymes peut être le fait de catholiques, en l'occurrence les Petites Soeurs de la Consolation qui ont mis en ligne le site QFJAMP [2]. En l'occurrence, nous allons plutôt nous demander pour lequel des deux principaux candidats les personnages bibliques voteraient, en toute mauvaise foi.

  • David, le roi messianique voterait forcément pour le patronyme de Ségolène. Peut-être aussi parce qu'elle lui aurait permis d'épouser Jonathan[3].
  • Le patriarche Jacob a trompé son père pour accaparer sa bénédiction et son héritage.[4] Avec le Judas du Nouveau Testament, il votera pour Nicolas.
  • Daniel a survécu à l'épreuve de la fosse aux lions[5], il plébiscitera donc celle qui a survécu aux coups de griffes des concurrents de son propre parti, qui est d'ailleurs d'un certain Lion-el.
  • Samson, l'amant de Dalilah votera pour le mari de Cécilia, par solidarité masculine: ses déboires sentimentaux ont connu une publicité maximale, puisqu'ils sont relatés dans le bestseller de tous les temps, mais à lui, ils lui ont été fatal[6].
  • Joseph, l'époux de Marie, se sentirait proche de François Hollande: n'est-il pas le patron de tous ceux qui se sont vu voler la vedette par leur femme?
  • Zachée donnera la préférence à un personnage de petite taille[7].
  • Jésus à 12 ans sait mieux que les maîtres et les enseignants, comme Ségolène[8].
  • Les faux prophètes, dénoncés en maints endroits de la Bible, s'identifieraient avec le scientologue Tom Cruise - même combat - et par conséquent auraient souhaité l'arrivée au pouvoir d'un sarkotologue ou d'un scientolokosyste.

Citons enfin, deux représentants de la secte des ni-ni-istes:

  • Dans son arche, Noé a sauvé d'une catastrophe climatique rien moins que toutes les espèces vivantes (animaux et humains réunis). [9]Il aurait donc voté pour le candidat le plus conservateur... du point de vue de l'environnement. Question difficilement décidable objectivement parlant, les deux prétendants envisagés ayant montré patte verte en signant la charte de Monsieur Hulot.
  • Jean, l'auteur de l'Apocalypse, dernier livre de la Bible, s'abstiendra lui aussi: aucun des deux candidats ne peut être qualifié de visionnaire.

Notes

[1] Parmi les anciens, on pense surtout à YHWH, les consonnes de pour Yahweh, qu'on s'est interdit de prononcer

[2] Qui semble dépourvu de contenu direct et consister exclusivement en liens pour télécharger des documents PDF.

[3] 2ème livre de Samuel ch.1, v.17-27

[4] Livre de la Genèse ch.27

[5] Livre de Daniel, ch.6

[6] Livre des Juges ch.16

[7] Evangile de Luc, ch.19

[8] Evangile de Luc, ch.2, vv.41-47

[9] Livre de la Genèse, ch.6-9

lundi 12 février 2007

Lu dans l'avion

Sur une terre au large du Maroc pour une semaine, histoire pour mon partenaire et moi de reconstituer en marchant notre force de travail... Le plaisir du vol, c'est la lecture ininterrompue et sans concurrence des trois derniers Monde.

De celui de dimanche-lundi j'extrais pour vous le signaler un "grand entretien" avec le sociologue Raymond Boudon. Enfin un point de vue serein et optimiste tant sur Royal que sur Sarkozy, et en fin de compte sur la France et le monde!

(Petit exercice modestement oulipien: un billet sans accent car c'est une contrainte de mon outil de blog ambulant, Vagablog... Mais n'en attendez pas beaucoup d'autres de ma part ces prochains jours!)

samedi 10 février 2007

Google Doc et Tableur: désormais en 14 langues

Les lecteurs de ce blog le savent, je suis un utilisateur assidu et prosélyte des outils en ligne, particulièrement l'éditeur collaboratif de documents et de feuilles de calcul de Google. Je n'en suis peut-être pas au stade de Pierre Chappaz, qui peut narguer le voleur de son ordinateur d'un souverain "Mes données ne sont pas sur mon ordinateur mais sur Internet", mais c'est un objectif vers lequel je tendrais volontiers.

L'un des intérêts d'une telle externalisation, c'est de bénéficier d'améliorations continuelles sans ces irritantes mises à jour à télécharger, à la Java, Skype ou Windows Media Player. D'une version originale américaine dans sa langue comme dans ses codes (format de date, heure de référence), j'ai ainsi pu observer la cosmopolitisation du correcteur orthographique en plus de 30 langues, et l'autre jour le passage de l'environnement de la page web au français: l'outil est maintenant accessible en 14 langues (et ce n'est qu'un début), désormais sans devoir passer par la médiation de l'anglais. Pas besoin que chacun réinvente la roue dans son coin, n'est-ce pas Jean-Noël Jeanneney!

Double standard

Après la France, l'Italie. Il aurait fallu s'extasier en 1999 quand un gouvernement socialiste français (d'ailleurs réticent) inventait le PACS: ce statut pour concubins hétéros incapables de se décider à se marier mais désireux de faire un pas de plus, qui n'était pas interdit aux couples de même sexe[1], était paraît-il une grande avancée pour les droits de l'homme, ceux des gays et des lesbiennes en particulier. Aujourd'hui c'est le gouvernement de gauche italien de Romano Prodi qui annonce fièrement "reconnaître les couples hétérosexuels et homosexuels", avec des droits minimalistes sous le nom de DICO.

Peu importe le fait que des gouvernements méprisablement sociaux-démocrates aient, à l'exemple du Danemark il y a bientôt 20 ans (en 1989)[2], établis une véritable égalité des couples de même sexe au travers d'un statut propre, le partenariat enregistré ou partenariat civil, analogue au mariage pour les couples hétéros. Là, on fera facilement la fine bouche et on dénoncera une honteuse ségrégation, du fait que ce n'est pas le mariage pour tous.

C'est sans doute une application mal assimilée de la pédagogie compensatoire: on félicite davantage l'élève qui a de la peine mais fait de modestes progrès que celui qui réussit sans trop d'effort. Et ce d'autant plus quand le premier vient d'un milieu à l'égard duquel on a un préjugé favorable[3]: la gauche déclamatoire.

L'autre chose qui me fascine quand elle ne m'amuse ou ne m'irrite pas, c'est l'incapacité des milieux religieux (presque toutes confessions confondues) à comprendre que le mariage et la famille traditionnelle seraient bien mieux défendus en reconnaissant un véritable partenariat pour les couples d'homosexuel-le-s (qui sont plus rarement des hétérosexuel-le-s qui s'ignorent que la situation inverse) et en luttant contre la juridification du concubinage.

Notes

[1] C'était l'avancée par rapport aux droits que la jurisprudence tirait déjà du concubinage de pur fait en France.

[2] Et même le conservateur peuple suisse en juin 2005.

[3] N'y aurait-il pas plutôt lieu d'avoir un surcroît d'exigence?

vendredi 9 février 2007

En Suisse, la République des blogs se fait itinérante

République des blogs en CH romandeLe but de la rencontre "en chair et en os" des blogueuses et blogueurs et de leurs lectrices et lecteurs qu'un même intérêt pour l'actualité, la vie politique, la société réunit, c'est de poursuivre le mélange, le débat, commencé en ligne... à moins que ce soit l'inverse. Par-dessus le cloisonnement du champ politique ou du "eux" et "nous", mais aussi celui des frontières cantonales: c'est le pari de cette deuxième rencontre à l'enseigne de la République des blogs qui, après Genève le 30 janvier, se tiendra à Fribourg le 27 février dès 18h30 (au café-restaurant Antica Roma: l'ancien Buffet de la gare).

Combien de Genevois passeront-ils la Versoix? De nouvelles têtes feront-elles leur apparition, venues d'autres cantons romands voire de Berne? On verra bien. Pour le savoir, et surtout pour vous inscrire, le wiki vous attend!

Par avance merci à celles et ceux qui relaieront l'info sur leur blog. Et si vous avez envie de mettre en place le logo avec une adresse permanente plutôt que de la modifier tous les mois, vous pouvez utiliser celle-ci...

jeudi 8 février 2007

Régimes politiques: ni gauche, ni droite?

Par Jean-Daniel Delley

La dernière livraison du Baromètre politique français 2006-2007, une enquête commandée par le Centre d’étude sur la vie politique française (CEVIPOF) et le Ministère de l’intérieur et réalisée par l’Ifop, livre une information fort intéressante. A la question de savoir en qui elles ont confiance pour gouverner le pays, 19% des personnes interrogées optent pour la gauche, 17% pour la droite, alors que 63% ne font confiance ni à l’une ni à l’autre. Ce résultat ne peut que conforter François Bayrou dans son projet de casser la bipolarisation qui domine et paralyse la vie politique française. Malheureusement pour lui, les règles du système majoritaire ne laissent guère de place à ce projet et le corps électoral se verra contraint à faire un choix ne reflétant pas ses préférences; une situation bien peu satisfaisante.

Ceux qui rêvent, en Suisse, de majorités plus claires, d’alternance et de choix tranchés, devraient y réfléchir à deux fois. Ici non seulement les citoyennes et les citoyens peuvent exprimer de manière plus nuancée leurs préférences partisanes grâce au scrutin proportionnel. Mais ils ont encore la possibilité de corriger les décisions de leurs élus grâce au référendum et, par le biais de l’initiative populaire, d’imposer des décisions que ces derniers se refusent à prendre.

Produit d'exportation? Peut-être pas. Mais loin d’être un modèle dépassé, le régime politique helvétique se révèle d’une surprenante modernité, mieux adapté à la complexité des sociétés contemporaines que la bipolarité simpliste à laquelle conduisent nombre de régimes parlementaires.

samedi 3 février 2007

Santé: Sarkozy, NHS ou caisse unique? Plutôt Singapour, merci

J'apprends en lisant Le Canard enchaîné que Sarkozy envisage d'introduire une limite de 100 € par an en dessous de laquelle les dépenses de santé ne seraient pas prises en charge par la branche maladie de la Sécurité sociale, et que les "experts" de la santé pensent le plus grand mal d'une proposition aussi fantaisiste et impraticable -- qui, portée à quelque 200 €, est le lot des Suisses! Pour qui les dépenses de santé, ou plus précisément les primes d'assurance maladie qui en couvrent le financement au-delà de ce forfait que l'on appelle ici une "franchise", sont un poids considérable; et le mois prochain nous aurons la septième votation à ce propos depuis l'introduction en 1994 de l'assurance maladie obligatoire.

Si j'essaie de décrire de manière simplifiée la couverture sociale du coût des prestations médicales, para-médicales et pharmaceutiques en Suisse, cela donne ceci[1]:

  • La loi et l'autorité fédérale définissent de manière généreuse les traitements concernés et le tarif auquel ils sont facturés par les prestataires; le patient se fait rembourser (ou n'a pas à payer)[2] dès qu'il a atteint le seuil de la franchise annuelle à sa charge, dont le montant est de 300 CHF en principe[3].
  • Cette socialisation du coût n'est pas assurée par la collectivité directement comme au Royaume-Uni (le National Health Service étatique est gratuit pour le patient: les prestations ne donnent simplement pas lieu à facturation) ou par une assurance plus ou moins unifiée comme la Sécurité sociale française, mais par quelque 87 caisses d'assurance maladie indépendantes; d'origine mutualistes sur une base géographique, confessionnelle ou professionnelle, elles ont dorénavant découvert les joies du marketing, pour attirer les "bons risques".
  • Depuis que l'assurance est obligatoire, une caisse n'a pas le droit de refuser une demande d'adhésion, et chacun est libre de changer de caisse chaque année.
  • Le montant de la prime d'assurance (mensuelle et par tête), s'il est encadré par l'Etat compte tenu du fait que le secteur de la santé est largement subventionné, et corrigé par des prestations sociales individuelles au gré des cantons, varie selon les caisses.

On voit bien comment les paradoxes de ce régime ont fait naître l'idée d'une caisse unique, proposée par l'initiative populaire sur laquelle le débat fait présentement rage[4]: pourquoi toutes ces caisses puisque la loi définit des prestations identiques pour tous, cette concurrence entre les caisses n'a-t-elle pas un coût absurde, et d'abord pourquoi tout le monde ne rejoint-il pas chaque année la caisse la moins chère? Je rêve de Surowiecki, Harford, Alberoni ou Eco suisses pour analyser ces phénomènes économiques et psychologiques fascinants.

Si l'initiative échoue, ce sera probablement pour une autre raison: elle veut également que les primes soient sociales, c'est-à-dire par ménage et fondées sur les revenus, et non individuelles; une proposition socialiste traditionnelle que les Suisses, qui sont tout aussi traditionnellement portés à se croire, ou à s'espérer prochainement, plus riches qu'ils ne sont, ont déjà rejetée par le passé.

Personnellement, je suis tenté de voter non parce que l'initiative franchit une étape décisive dans une mauvaise direction: celle d'une prise en charge centralisée et toujours plus déconnectée des choix individuels du patient. Or je ne crois pas qu'un régime social de financement[5] implique nécessairement cela. Et je suis convaincu que la santé est un marché comme les autres, dans lequel les besoins et les priorités sont diversifiés et doivent reposer sur des décisions individuelles. Je ne vois par ailleurs pas ce qu'a de choquant le fait que les dépenses de santé augmentent: les dépenses d'alimentation diminuent, elles, mais on ne saurait en déduire que la sous-alimentation menace!

Le système britannique, né de la deuxième guerre mondiale[6], part vraiment de l'idée inverse: la santé étant la même pour tous, elle est définie par le système et ce qui est déterminant c'est le rapport coût/efficacité. Moyennant quoi le niveau de santé est élevé et le coût total bas, mais en maintenant les patients captifs d'une manière qui n'est plus tolérable dans la société moderne (et créé une distorsion entre l'effet objectif du système et la satisfaction à son égard)[7]. Cela n'empêche nullement de battre en brèche l'égalitarisme du système qui est son unique argument: d'une part, les milieux socio-culturellement élevés parviennent tout de même à mieux articuler leurs besoins; d'autre part, le secteur privé complémentaire (et les assurances commerciales) n'étant tout de même pas interdits, il en résulte bel et bien un régime à deux vitesses dans lequel l'inadéquation du système est rendue supportable par le fait que les chattering classes n'en souffrent pas...

Je ne crois pas qu'il faut aller en Suisse dans le sens d'une centralisation technocratique, et d'attendre d'elle plutôt que du marché la régulation des coûts. Or la troisième voie existe, et la caisse unique et sociale nous en éloignerait: c'est celle de Singapour, décrite par Tim Harford dans un chapitre très éclairant de son livre The Undercover Economist.

  • Un compte santé individuel et obligatoire, qui est une forme d'épargne forcée, de cagnotte destinée à couvrir les dépenses de santé "normales".
  • Au-delà, pour les gros risques et gros coûts, une prise en charge sociale est assurée.

A Singapour, le résultat donne un excellent niveau de santé pour un coût raisonnable. Il montre qu'il existe une alternative au "tout ou rien" de

  1. la franchise d'abord, qui induit le réflexe de ne pas consommer même si cela serait nécessaire, par exemple à des fins de prévention, combinée à

  2. l'assurance de base généreuse ensuite, qui n'induit aucune nécessité d'exercer un comportement économique pour le patient, mais au contraire (les cotisations étant élevées) une incitation à "en avoir pour son argent"[8], et bien sûr le système sert moins bien ceux qui n'appartiennent pas aux milieux socio-culturellement élevés.

Le compte santé, lui, fournit la sécurité du financement et l'incitation à l'utiliser avec discernement.

On peut d'ailleurs imaginer toutes sortes de mécanismes complémentaires, à base de contribution étatique aux comptes santé des ménages à faible revenu pour le volet social, et à base de chèques-prestations ciblés sur des populations à risque pour améliorer la prophylaxie sanitaire. Le gros risque, les traitements à coûts élevés, eux, sont ceux pour lesquels il n'y a de toute façon guère d'alternative et pour lesquels il est acceptable que les priorités soient fixées d'en haut.

Rédaction actualisée le 06.02 à 16h07

Notes

[1] Je ne parle ici que de ce qui est compris dans l'assurance obligatoire de base (et on me fera grâce des détails que je ne mentionne pas parce qu'ils ne changent pas l'image générale des divers systèmes que je tente de comparer); il reste cependant place pour des assurances complémentaires, purement commerciales, en vue de traitements en chambre individuelle et en clinique privée par exemple.

[2] Pour être précis: un 10% reste à sa charge jusqu'à ce qu'un plafond de 700 CHF (465 €) pour l'année soit atteint.

[3] Pas de franchise pour les enfants; l'assurée peut opter pour une franchise plus élevée afin de payer des primes mensuelles plus basses -- ce qui ne présente bien sûr d'intérêt que si l'on ne va pas atteindre par ses dépenses propres le montant de la franchise.

[4] Bientôt les affiches, comme d'habitude.

[5] Oui, c'est un objectif que je partage avec le parti auquel j'adhère! ;-)

[6] Comme en Suisse l'AVS (et en France la Sécurité sociale?).

[7] Tout l'effort du New Labour, après Margaret Thatcher, est d'introduire du choix et de la diversité sans remettre en cause le régime monolithique, alors que ce qui est nécessaire c'est la séparation des prestations et du financement: c'est sans espoir, on pense aux réformes communistes hongroises ou tchécoslovaques...

[8] Sans réaliser que ce comportement augmente les cotisations de l'année suivante...

vendredi 2 février 2007

Dans la peau d'un pré-ado

La réalité finit toujours par dépasser la fiction. Un auteur que j'aime bien, John O'Farrel, a commis un aimable petit roman, May Contain Nuts, décrivant avec un humour féroce les angoisses de la classe moyenne britannique, singulièrement celle des parents habités par l'obsession de tout faire en vue de la réussite scolaire de leurs enfants. Tout, y compris ici que la mère passe à la place de sa fille les examens, à la fin de l'école primaire, en vue de lui assurer l'admission et même une bourse d'excellence dans une école privée réputée et chère. Ca finit très moralement (O'Farrell est travailliste, voir aussi ici) par un hymne à l'école publique.

Eh bien un pédophile de 29 ans (victime de voisins dans son enfance, il a déjà purgé une peine de 7 ans pour des avances faites à deux enfants âgés de 6 ans) est parvenu à passer près de deux ans comme élève de 12 ans dans une classe de la ville de Surprise (sic) en Arizona. Tout est fou dans cette affaire, mais le détail qui me frappe, c'est que ses partenaires sexagénaires (avec qui il vivait et qui se présentaient comme sa famille) ne s'en étaient pas non plus rendus compte: arrêtés par la police, ils se sont dénoncés eux-mêmes en s'indignant d'avoir été trompés sur la marchandise[1]!

Notes

[1] Cette histoire a beau rappeler jusque dans son côté malsain les "cas pratiques et malcommodes" qui faisaient la réputation de mon prof de droit pénal, Philippe Graven, mes souvenirs sont bien trop flous pour dire si la volonté ainsi exprimée d'entretenir une relation sexuelle avec une personne n'ayant pas atteint l'âge requis, et la croyance que c'était bien le cas, suffisent à constituer l'infraction... Réponse dans les commentaires svp! (Note reformulée, avec quelques précisions dans le corps du billet également, le 04.02 à 10h47)

Rattrapage de l'actualité

Je voulais d'abord appeler ce billet Vers la guerre civile?, mais c'est inutilement accrocheur. Toujours un peu en apnée pour cause de surcharge, mais j'ai quand même enfin pu à nouveau m'intéresser à l'actualité, et en particulier à l'affaire de l'opération policière en cours à Birmingham (sur laquelle, eh oui, je vous renvoie au surplus à Ludo).

En Irak, la lutte armée contre le gouvernement démocratiquement élu et ses alliés de la coalition internationale tente, à coup d'attentats dirigés tantôt contre des chiites, tantôt contre des sunnites, de faire évoluer un conflit politique vers une guerre civile. L'opération d'Agit-Porn dont il est question ici (selon l'heureuse expression utilisée pour qualifier la vidéo de torture et d'exécution qu'il s'agissait de réaliser -- au nom de l'islamisme -- d'un militaire britannique de confession musulmane retour d'Afghanistan[1])[2] ne doit pas être prise à la légère: elle a le potentiel de dresser des citoyens les uns contre les autres en fonction de clivages que l'on espérait révolus.

  • Crainte légitime décourageant les Britanniques musulmans de s'engager dans l'armée, ce qui les range d'une certaine façon en dehors de la société et, corrélativement, nuit à la représentativité de l'armée.
  • Attitude de déni de la population musulmane qui se croit victimisée par la police(!)
  • Réaction d'intolérance née de la peur parmi les non-musulmans (dont on peut parfois lire des échos inquiétants dans les commentaires laissés par des lecteurs de Ludo, entre bouc-émissaire et tête dans le sable, cauchemar de pays/continents racialement et religieusement purifiés qui représente la négation absolue de l'universalisme des droits humains[3]), qui peut conduire au pire extrémités.

Après, il n'y a plus qu'à attendre que la spirale s'accélère. Un moyen d'enrayer ce mécanisme serait que le déni cesse d'avoir cours déjà dans l'élite intellectuelle et autres "bobos" bien-pensants, pour accepter le sérieux de la situation, sans attendre que Bush ait quitté la Maison-Blanche et qu'il soit encore plus difficile de recoudre le tissu socio-politique démocratique.

Rédaction actualisée le 04.02 à 19h11

Notes

[1] A souligner, le courage d'une des cibles potentielles qui a accepté pendant des mois semaines de jouer les appâts pour permettre à l'enquête de police de se poursuivre afin d'assurer, sinon le niveau de preuves requis ici pour engager des poursuites et obtenir des condamnations, du moins le démantèlement aussi complet que possible de l'opération: je persiste à penser, contrairement aux belles âmes, que l'on est ici au moins autant dans une action de défense de type militaire dans laquelle c'est un résultat légitime, et pas uniquement de prévention/répression d'une infraction pénale dans laquelle toute personne qui n'est pas inculpée puis condamnée est forcément, a posteriori, une victime injustement persécutée... Mais c'est une distinction que mes amis droitsdelhommistes ont particulièrement de la peine à comprendre.

[2] Outre le malencontreux effet multiplicateur que sa révélation peut susciter.

[3] Effet miroir du programme d'Al-Qaida?

jeudi 1 février 2007

Irak et pensée unique: raison d'être des blogs

Un grand absent de la mémorable première fondue de la Républigue des blogs romands, c'était Ludovic Monnerat. Gageons qu'il se réserve pour l'édition fribourgeoise. Plus d'un participant m'a interpellé à propos de la haute estime qui lui est portée ici. Ma réponse était la même que celle donnée en 45 secondes à une radio française: ce blog est né de l'enthousiasme qu'a suscité la découverte de blogs américains qui soutenaient l'intervention en Irak dans un esprit de lutte contre l'oppression. Sujet de cet enthousiasme: prendre conscience qu'il y avait un autre discours, d'autres informations que ce qui apparaissait après coup comme un discours unique (à gauche comme à droite) dans nos médias: l'Irak c'est pour le pétrole, par exemple.

Ça ne voulait pas dire que j'étais d'accord avec tout. Pour moi, Ludovic Monnerat, a le mérite encore inestimable d'être un des rares (le seul) militaires romands à livrer une analyse doublée d'un point de vue. Ne pas formater analyses et conclusions dans les catégories sociales-libérales-pacifistes consensuelles auxquelles j'adhère mais hors desquelles il n'y a point de salut doit-il faire de vous un conservateur voire un réactionnaire non-démocrate? Tout ça parce que dans le billet d'aujourd'hui, une fois de plus, il nous fait prendre connaissance des énormités de l'auto-censure pratiquée à propos de l'Irak par un journal (le New York Times) censé faire référence.

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