dimanche 24 décembre 2006
Noël est la mère des coming-out
Guillaume Barry | 08h21 | grains de ciel | permalien | rss
Voici un message qui a été donné lors de la fête de Noël du groupe des gais chrétiens de Genève.
Chers amis, vous savez que je n'intègre pas souvent le côté homo dans mes prédications. Que dans le dossier sur l'Eglise et les homosexuels de la VP Ge[1] auquel j'ai contribué, il a été souligné que je ne faisais pas de militance en paroisse. Mon idéal reste l'intégration banale des gais et des lesbiennes dans un lieu d'Eglise. Mais je me suis dit que je pourrais quand même une fois parler de Noël d'un point de vue gai.
Dans les deux dernières retraites de notre groupe, nous avons eu affaire à la théologie queer. A Bose, en 2005, j'ai retenu de la présentation qu'on nous a faite que la théologie queer était née d'une approche transgressive, de mise en question des normes établies, des schémas de pensées, des rôles masculins/féminins. C'était les années 70...
Lors de la retraite de 2006, nous avons travaillé le récit de la résurrection de Lazare. A la fin, on a aussi fait une petite incursion dans l'approche queer, qui lisait dans la résurrection de Lazare comme un coming-out. Au sens littéral: Lazare sort du tombeau comme on sort d'un placard. Mais il y avait un sens plus profond: Lazare sort de la mort... Or les placards dans lesquels nous sommes enfermés sont aussi la mort. Ne pas être soi-même, cacher une partie de sa vie qui n'est pas honteuse, qui n'est pas criminelle, c'est une forme de mort – même partielle. Donc je me suis dit après coup[2], oui, une lecture queer de la Bible peut avoir sa pertinence. Et puis son effet absurde, c'est bien une forme de l'humour gai. On réagit par l'absurde, par l'extrême, à une situation absurde: la mise au placard par soi-même.
A l'époque, j'ai lu une ou deux choses sur la théologie queer. Et j'ai vu qu'on pouvait appliquer le schéma du coming-out à d'autres thèmes. Comme Noël. J'ai même lu qu'on pouvait dire qu'à Noël, le Fils de Dieu faisait son coming-out, puisqu'il sortait du ciel. J'ai trouvé tellement hénaurme que... j'ai été partagé entre la consternation et la fascination. Je n'ai pas lu l'article plus loin. Mais ça m'a travaillé et pour finir, j'ai eu envie de me livrer à une petite expérience de pensée, histoire de voir par moi-même si et comment on pouvait parler de coming-out à Noël. Et voilà le résultat:
Notes
[1] La Vie protestante Genève, mensuel protestant





