mardi 12 décembre 2006
UE - Turquie: une occasion manquée
François Brutsch | 00h42 | europe, europe | permalien | rss
Un mot quand même pour déplorer la décision de l'Union européenne de freiner les négociations d'adhésion avec la Turquie au nom de la question chypriote.
Il faut rappeler que celle-ci ne se pose qu'en raison d'une prise d'otage exercée par la communauté grecque de l'île, profitant d'une maladresse grossière de l'UE qui n'a pas conditionné l'entrée de Chypre dans l'Union européenne à la réunification (croyant naïvement qu'un geste inconditionnel aboutirait au même résultat, comme tout le laissait croire à l'époque). Alors même que la solution existait et était honorable pour toutes les parties, la communauté grecque en a profité pour maintenir la partition qui lui confère le monopole de la représentation internationale de l'île au détriment de la communauté chypriote turque.
Dans ces conditions, j'avais trouvé de subtile diplomatie la démarche de la Turquie de répondre par une ouverture partielle à la demande de l'UE de cesser le boycott de l'un de ses membres. En temps normal, cela aurait dû suffire pour que l'UE s'emploie ensuite à relancer l'effort politique de fond. Que l'UE n'ait pas saisi cette chance est le signe d'une résignation morose à renoncer à s'étendre à la Turquie dont l'Europe d'abord a beaucoup à perdre. Le cercle vicieux peut maintenant s'accélérer (voir aussi ce précédent billet).





