Vie de Mahomet: Ramadan a opté pour l'hagiographie
Guillaume Barry | mardi 17 octobre 2006 à 10h59 | sur le front | rss
Jusqu'à présent, je voulais encore accorder à Tariq Ramadan le bénéfice du doute qui profite à l'accusé. Ce n'était pas sa faute si son frère s'appelait Hani. Ce n'était pas sa faute s'il avait un côté charmeur qui pouvait le desservir auprès de ceux qui n'y étaient pas sensibles (ou qui y étaient trop sensibles ou encore qui étaient jaloux). Certes, on lui avait refusé l'accès aux USA, mais les Américains ne font-ils pas parfois preuve d'une obsession de la sécurité qui peut les amener à des excès de prudence? Quant aux Français, ne sont-ils pas déconcertés chaque fois qu'ils sont confrontés à un intellectuel croyant (le même genre d'oxymore que gai chrétien). Certes, Caroline Fourest[1] m'avait ébranlé, mais, elle avait aussi commis des erreurs sur la Suisse.
Aujourd'hui, la Légende dorée de Mahomet, article de Patricia Briel, spécialiste des articles sur la religion dans le Temps, met enfin le doigt sur une faille. (D'autres l'ont fait ou le feront.) En écrivant une biographie du Prophète, le brillant universitaire a versé dans l'hagiographie. Il n'est pas entré en matière sur les points sensibles ou contestables de la vie du prophète. Dans un débat politique, on n'est pas obligé d'entrer en matière sur les points faibles. Ce n'est pas toujours expédient. On peut esquiver, on peut glisser. Mais quand on se pose en intellectuel, en universitaire. C'est presque l'aveu d'un renoncement au débat avec l'Occident infidèle, pour se concentrer sur l'édification des fidèles présents et à venir.
Dans un sens, je suis soulagé, parce que je suis fixé. Vraiment? On peut toujours espérer que l'Islam pour lequel il sacrifie la rigueur intellectuelle[2] reste un Islam modéré à défaut de moderne et éclairé. Modérément homophobe, par exemple, avec des châtiments modérés à l'encontre des adultères et des sodomites, ce qui implique que les pays concernés acceptent le moratoire de Ramadan sur la lapidation. Et dans ce cas, il faut bien qu'il leur donne des gages. Alors, faut-il donner à cette hagiographie le Nihil obstat qui ne nous est pas demandé? Retour à la case départ, et aux doutes.






Commentaires
1. Le mardi 17 octobre 2006 à 13h14, par Sugus
2. Le mardi 17 octobre 2006 à 14h45, par Did
3. Le mardi 17 octobre 2006 à 16h16, par maruku
4. Le jeudi 19 octobre 2006 à 08h50, par Laïc
5. Le mercredi 25 octobre 2006 à 13h41, par papillon
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