mercredi 6 septembre 2006
Frère Roger aurait-il été trop silencieux?
Guillaume Barry | 19h22 | grains de ciel | permalien | rss
Si on devait avoir - contradictio in terminibus - des saints protestants, un sondage donnerait peut-être comme candidats pour le 20ème siècle: Dietrich Bonhoeffer, Martin Luther King et Roger Schutz qui a fondé la communauté de Taizé, qui allait être LE portail d'accès aux cieux oecuméniques par excellence. Or le Monde, révèle que le frère fondateur était converti au catholicisme depuis 1972. Comme pour l'ami Günther, ce n'est pas l'acte qui est susceptible de me choquer, mais c'est le silence ou, en l'occurrence, plutôt l'ambiguité gardée à son sujet. Encore qu'il n'y a évidemment rien de comparable entre un enrôlement dans une organisation criminelle au service d'une idéologie atroce et l'allégeance à une institution qui peut être vectrice de l'amour divin malgré ses rapports contradictoires au pouvoir et à la sainteté. Le prieur actuel de Taizé, Frère Alois, récuse le terme de conversion, qui implique une "rupture avec ses origines" et invoque une déclaration de Frère Roger à Rome en 1980: "J'ai trouvé (…) ma propre identité de chrétien en réconciliant en moi-même la foi de mes origines avec le mystère de la foi catholique, sans rupture de communion avec quiconque." Dommage qu'il n'ait pas thématisé, développé, approfondi. Mais j'avoue ne pas avoir suivi de près l'histoire de Taizé et de ceux qui la portent.





