dimanche 25 juin 2006
Ne retouchez pas mon patriotisme
Guillaume Barry | 18h36 | divers | permalien | rss
D'aucuns (comme ils disent) se réjouissent, avec certains de leurs commentateurs, de ce que le patriotisme soit redevenu à la mode en Suisse et qu'il s'exprime si sainement dans le cadre du Mondial.
Pour ma part, le patriotisme est associé à des valeurs nobles et hautes. Le patriotisme, c'est d'abord de l'amour. Le service et la défense du pays, la fierté de ses valeurs etc. malgré ses défauts, en sont les conséquences. J'ai envie d'utiliser des grands (gros) mots comme idéal, désintérêt.
Quand j'entends associer football (ou sport de compétition en général) et patriotisme, en Suisse, je pense plutôt à la thérapie chauvinienne d'un pays qui n'a plus de défaut, en alternance avec l'autoflagellation. J'y vois, classiquement, la canalisation (salutaire) du nationalisme le plus agressif. Je pense à la défense d'intérêts particuliers (marché des droits de retransmission, etc.) - on n'est pas tout à fait dans l'ordre de l'idéal, au sens kantien du terme.
Mais, tout en restant parfaitement étranger à cet univers, je suis persuadé qu'on peut aussi y associer: la beauté d'un spectacle, l'intelligence d'une stratégie, l'esprit d'équipe, l'ouverture au monde, la complicité d'un peuple, la réconciliation nationale, la médiocrité transcendée.
Philippe Barraud ne voit pas les choses avec la même mansuétude, puisqu'il est tenté (et c'est certainement bien vu) par la comparaison de sa position de rebelle (susceptible d'être accusé de traître à la patrie) avec celle du protagoniste (un homosexuel) du film Une journée particulière d'Ettore Scola.





