Quand j'ai lu, dans Le Monde de jeudi, les extraits d'une interview d'Alain Finkielkraut au quotidien israélien Haaretz, j'y ai surtout vu une parenté avec les thèses de Ludovic Monnerat. Et je me suis réjoui que ce débat puisse être porté en France même.
Il ne m'a pas échappé que l'expression du philosophe est un peu "brut de décoffrage". Elle est impliquée, véhémente, provocatrice voire carrément maladroite et outrancière, là où l'analyste suisse est distancié, nuancé, complexe. Ce n'est aussi qu'une interview recueillie par des journalistes, par nature circonstancielle et partielle, pas une réflexion développée et précisée au fil d'un blog, écrite par l'auteur lui-même. Il ne restait plus qu'à souhaiter que le débat se concentrerait quand même sur le fond...
C'est évidemment le contraire qui s'est produit, avec l'indignation "politiquement correcte" du MRAP (mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, sauf erreur), complétée pour faire bon poids de l'annonce d'une plainte pénale pour incitation à la haine raciale (ou quelque chose comme ça).
Finkielkraut a, je trouve, eu le bon réflexe en reconnaissant immédiatement qu'une pensée à contre-courant peut d'autant moins s'accommoder d'une expression qui prête à confusion. Ses excuses de vendredi, l'interview qu'il donne au Monde de ce dimanche, publiée sous le titre "J'assume", le retrait de la plainte du MRAP, devraient maintenant permettre à ce qu'il dit vraiment d'être entendu. Du moins je l'espère...
COMPLEMENT DU 28.11 à 18h50: A lire ailleurs: Jules de Diner's room, Pikipoki, Versac, Hugues de Commentaires et vaticinations, Eric Dupin...
COMPLEMENT DU 29.11 (mieux vaut tard que jamais!): une traduction française intégrale du Haaretz en anglais.