lundi 24 octobre 2005
Démocratie de partis
François Brutsch | 23h44 | droit/politique | permalien | rss
Je soliloque au clavier, sans but précis, en marge de la sélection du nouveau leader du parti conservateur britannique et du prochain renouvellement de la direction du PS français. Qu'on ne peut dissocier, en France, de la question des modalités de choix du candidat à l'élection présidentielle (qui occupe les arrières pensées); au Royaume-Uni le leader est le futur premier ministre si le parti l'emporte.
Paradoxalement, c'est au Royaume-Uni qu'on trouve une procédure très présidentielle (bon, en France c'est aussi le cas de l'UMP, mais de manière plus fruste): le choix porte sur une personne, avec l'équation que cela comporte: la ligne, mais aussi la personnalité, la compétence, l'image, voire l'âge. Selon une procédure encore récente (c'est seulement sa deuxième application, mais une tentative de la direction du parti de revenir à une méthode moins démocratique a échoué), il revient d'abord au groupe parlementaire conservateur de sélectionner, en éliminant à chaque tour le moins bien placé, deux candidats proposés aux suffrages des membres (quelque 300'000) -- une procédure qui, soit dit en passant, se prête à tous les calculs tactiques. On en est là: David Cameron (pas encore 40 ans, né la cuillère en argent dans la bouche) pour un centre-droit moderne et "compatissant" (compassionate, il vaudrait probablement mieux dire "proche des gens"), est actuellement le grand favori des sondages et des médias face à David Davis (la bonne cinquantaine, fils de mère célibataire qui en a bavé, ancien SAS) pour une droite dure mais juste, après élimination de deux autres candidats. Résultat le 6 décembre, et ça dure depuis la fin de l'été!
Le PS français, par comparaison, fleure quasiment le parlementarisme façon IIIe ou IVe: ce sont des motions qui s'affrontent à la proportionnelle (il y en a en définitive cinq), mais leur contenu ne dissimule guère que la question est en réalité de savoir à quelle équipe on s'identifie (la surenchère à gauche est de rigueur, seule la motion socialiste libérale de Jean-Marie Bockel tranche un peu). Les choix de personnes interviendront ultérieurement entre état-majors... Mais le choix du premier secrétaire national devra être ratifié par les membres dans un deuxième temps. Et pour la présidentielle, le candidat sera désigné au suffrage universel des membres, sans trop de médiation.
Je vous disais que c'était sans but: je ne suis pas sûr qu'il y a grand chose à tirer de cette comparaison!





