mardi 5 juillet 2005
Comment faisait-on quand on ne gérait pas?
Guillaume Barry | 01h47 | divers | permalien | rss
Les efforts langagiers visant à désigner des professions en termes valorisants ou respectueux ne me semblent pas a priori ridicules. Parler de technicien de surface ou de gardien d'immeuble plutôt que de nettoyeur ou de concierge n'est pas pour me déplaire. La novlangue technocratique a quand même le mérite de signaler que les professions humbles ont droit au respect. De même que tout ce qui est stigmatisé comme politiquement correct n'est pas a priori irrelevant.
Toutefois, j'ai trouvé quand même qu'on atteignait des sommets périphrastiques dans cette annonce parue il y a quelque temps dans la Tribune de Genève. On y recherche en effet un casserolier (terme que je ne connaissais pas, mais là n'est pas le problème) pour un restaurant d'entreprise, qui stipule que le "défi" est le suivant:
"participer activement aux tâches liées à la gestion du lavage et du nettoyage en cuisine et salle de restaurant"
Peut-être est-ce dit avec un sourire en coin. Sinon, c'est que le concepteur de l'annonce a dû faire un stage de trop en management circonlocuteur à orientation antidéflationniste de la gestion de la qualité de la productivité scriptoverbale.
Comment faisait-on pour s'exprimer avec autant de justesse quand les mots gérer et gestion ne s'appliquaient qu'à des biens matériels qui nous étaient confiés?





