juin 2005 - Un swissroll

Un swissroll

Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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jeudi 30 juin 2005

"Sommes-nous devenus suicidaires?"

Une réflexion sur l'Europe de Pascal Bruckner dans Le Monde d'aujourd'hui.

mercredi 29 juin 2005

Verbatim

Pas eu le temps de lire (et regarder) plus tôt le discours de Bush à Fort Bragg faisant le point, une année après le transfert de la souveraineté à l'Irak. Mais allez voir vous-même!

mardi 28 juin 2005

Lu chez Norm

Deux importants billets de Norman Geras:

Une exposition concise du point de vue de la gauche internationaliste, favorable au droit international en général et à l'ONU en particulier, mais qui ne peut se résigner à en faire l'arbitre ultime du droit d'ingérence humanitaire:

It is sometimes said by opponents of the war to liberate Iraq that it is the reason why 'genuine' humanitarian intervention is now so difficult; the Iraq war discredited the whole idea. But this is a cheap, partisan and false point. For one thing, historical chronology is against it. The Iraq war wasn't the barrier to a UN intervention in either Rwanda or Kosovo. And the scandal of what has been allowed to happen in Darfur while the UN has stood back even from use of the word 'genocide' isn't adequately explained by the Iraq war. If the deaths and displacement of hundreds of thousands of people is not a sufficient emergency to mobilize the UN to effective action, then it is the institution itself as would-be embodiment and guarantor of the norms of the global community that is seriously wanting. Now a new tragedy is unfolding in Zimbabwe. For how long? To what, more terrible stage?

A lire aussi sur ce blog les nombreux billets consacrés à la détresse du peuple du Zimbabwe sous la férule de Robert Mugabe.

L'égarement du fondamentalisme athée qui, dans la période présente, croit voir dans les religions la source du mal:

Belief systems are made up of many parts, and religious beliefs are no exception to this. Thus, as well as 'fantastic propositions... believed without evidence', much religious belief incorporates ideas about not harming the innocent, helping those in need, behaving justly, etc. Conversely, there are non-religious belief systems in which ideas about improving the world sit beside notions of discounting present suffering to achieve future (speculative) goods, or about deliberately harming the innocent, or about treating whole categories of human beings as, intrinsically, non-innocent, inferior, and so forth.

lundi 27 juin 2005

Des (re)constituants qui seraient bienvenus pour Genève

Contrairement à ce que je craignais, le projet de nouvelle Constitution pour le canton de Genève par la voie d'une assemblée constituante fait parler de lui. Vendredi 24 juin avait lieu une conférence de presse du Comité "Une nouvelle Constitution pour Genève" dont le site (en forme de blog) est géré par François Brutsch, qui en a déjà touché deux mots dans un billet précédent. Non seulement le projet a été traité et commenté dans la presse locale, mais aussi dans les médias romands - cf. cette revue de presse. C'est ainsi qu'on a eu le plaisir de lire, entendre et voir, notamment, Andreas Auer, éminent professeur de droit à la Faculté, président du susdit Comité.

Il faut dire que Genève fait partie des trois cantons et demi à ne pas avoir révisé leur constitution au cours des quarante dernières années (les autres sont Zoug, Appenzell Rhodes-Intérieures et le Valais). Certains ont recouru à l'institution de l'assemblée constituante, élue par le peuple. Pour d'autres, ce fut le travail d'une commission désignée par le parlement ou par l'exécutif. L'intérêt de la première solution, c'est de donner plus de chances à un renouvellement des idées, et de contourner les blocages partisans - dont Genève souffre particulièrement, et qui condamnent maintes propositions innovantes.

Prochaines étapes: une assemblée constitutive en vue d'une Association (le 5 septembre) et un grand débat public (le 26 septembre).

samedi 25 juin 2005

Anti-israélisme primaire

Il y a de quoi désespérer avec l'information que souligne Ludovic Monnerat: je croyais à un contresens chronologique, mais non, c'est bien après une nouvelle interception d'une terroriste palestinienne que le Quartet (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) a appelé Israël à faciliter les déplacements en provenance ou à destination de Gaza et de la Cisjordanie et entre ces deux territoires; la réserve "without endangering Israeli security" n'est manifestement qu'une clause de style. Que ne proposent-ils plutôt que des troupes de l'OTAN soient mises à disposition de l'Autorité palestinienne si celle-ci est sincère dans sa volonté de faire cesser le terrorisme à partir de son territoire?

vendredi 24 juin 2005

Interlude

Ah, le luxe de pouvoir passer une heure et trente minutes, sans la moindre interruption, à lire le journal! C'est le plaisir auquel je viens de m'adonner avec Le Monde du jour dans le bus qui me conduit a l'aéroport. Et, comme le trajet est plus long que d'habitude, j'ai même le loisir de dégainer mon Tréo 600 pour Vagabloguer.

Certes j'ai été particulièrement chanceux: pour une fois pas d'anti-israélisme ou anti-américanisme primaire, au contraire un traitement assez raisonnable de Blair au travers d'une interview et d'un éditorial encourageant; et une riche moisson de reportages, portraits et analyses:

Et je n'ai cité que les principaux: ça laisse songeur sur les jours où je feuillette rapidement le journal et me contente de deux ou trois articles.

Ailleurs l'herbe est plus verte: j'en viens à regretter de ne pas être plus souvent en déplacement pendulaire, moi qui ai la chance de vivre en ville où tout est à quelques minutes à pied, à vélo ou en bus, et de travailler à domicile et à temps partiel; mais les sollicitations du web et du mail épuisent parfois la journée de manière frustrante. Paradoxalement, la liberté d'occuper son temps prive du choix que procure la contrainte.

jeudi 23 juin 2005

La performance de Blair au Parlement européen

Mais pourquoi donc me suis-je privé du plaisir de la suivre en direct? Si l'on ne trouve rien sur le site de l'Union européenne ou du Parlement européen, le site de Downing Street contient le texte, également en français et en allemand -- et la vidéo avec votre logiciel favori au choix!

mercredi 22 juin 2005

Un point c'est tout

Fini la concaténation du style PriceWaterhouseCooper! La dernière tendance en matière de branding, c'est la ponctuation. Et je ne parle pas du "dot" dans .com ou .ch! L'alliance de l'extrême gauche allemande fondra donc le désuet PDS et les dissidents du SPD qui n'ont pas reculé devant le sigle WASG (Wahlalternative Arbeit und soziale Gerchtigkeit) dans l'article défini et le point définitif: "Die Linkspartei." Le SPD et les Verts sont renvoyés à leur caractère intrinsèquement bourgeois et réactionnaire... Mais les promoteurs de la nouvelle alliance ne devront pas s'étonner si on les soupçonne de nostalgie pour le parti unique!

mardi 21 juin 2005

"Le rabais britannique doit disparaître" (Tony Blair)

La grande force de Blair, c'est la franchise. Il n'hésite pas à dire les choses comme elles sont, à placer ses interlocuteurs (amis ou adversaires) devant l'évidence de la réalité: que ce soit sur la "clause 4" du parti travailliste, l'emploi, les prestations sociales, l'Irak ou l'Europe, il s'appuie sur quelques principes de bon sens et de rigueur éthique. Face à la diversion chiraquienne, tentant de se refaire une virginité en remettant en cause une décision unanime du Conseil européen aménageant la contribution britannique (l'entêtement de Mme Thatcher n'a pu convaincre alors que parce qu'il reposait aussi sur l'évidence que les bases initiales de calcul étaient par trop choquantes vis-à-vis du Royaume Uni), Blair n'a pu d'abord que défendre "le rabais" (ou "le chèque"). Mais, avant même le Conseil européen, il a fait preuve d'une souplesse dont Chirac s'est révélé incapable, en n'en faisant pas un tabou pourvu que les priorités dans les dépenses soient revues en même temps. Et il le confirme maintenant.

Manifestement, un mode de financement de l'Union qui n'est tolérable qu'au prix d'exceptions ponctuelles est vicié à la base (il n'y a pas que le chèque britannique, d'autres aménagements ponctuels existent ou étaient proposés, par exemple pour amadouer les Pays-Bas). L'erreur de Mitterrand et des autres à l'époque était d'avoir résisté à la demande de Thatcher jusqu'au moment d'y céder, tout simplement, plutôt que d'en faire l'occasion de remettre à plat l'ensemble de ce qu'en Suisse on appellerait la "péréquation financière" entre les Etats de l'Union: déterminer les critères et les pondérations à prendre en considération, dans une formule unique appliquée à tous, pour calculer la part de chacun au financement, parallèlement à un exercice de "nouvelle répartition des tâches" entre l'Union et les Etats.

Le risque c'est qu'il faille attendre le départ de Chirac et sa bande de faiseurs: Villepin, Douste-Blazy (ou même Borloo)... Et des fois même Sarko me désespère, quand je vois qu'il déclare (Le Monde du 21.6):

Imaginez qu'on puisse avoir dans quelques années un commissaire maltais et pas de commissaire français! Je comprends que ça interpelle.

C'est sans doute pour équilibrer les Lituaniens de Mélanchon! Mais Sarkozy, lui, appelait à approuver la Constitution qui rend ce cas de figure inéluctable... Franchement, est-ce que Jacques Barrot manquerait tellement dans le paysage? J'ai déjà évoqué l'expérience de la Suisse en matière de provenance des 7 membres du Conseil fédéral et de susceptibilité des "grands cantons", mais il y a surtout l'exemple américain: un grand président comme Clinton venait de l'Arkansas, qui doit être à peu près la Lozère d'outre-Atlantique. Et Sarko réalise-t-il qu'il est en réalité plus probable, car cela froisse moins de susceptibilité, que le président permanent du Conseil européen, s'il advient un jour, soit choisi dans les petits pays?... Enfin, on verra bientôt si les Lituaniens et autres Maltais savent comme la Pologne et ses plombiers "métrosexuels" ridiculiser l'esprit cocardier français jusque dans le domaine où on lui prêtait encore un avantage comparatif...

dimanche 19 juin 2005

Retour de Lucerne

Cette année, la Pride qui tournait en dans les capitales des cantons romands depuis 1997 (sauf en 2000 à Berne) s'est faite nationale cette fois, histoire de mieux fêter la victoire du 5 juin (pour rappel, c'est et ). Lucerne, "capitale" de la Suisse centrale était le lieu approprié, mais avant tout, c'est parce qu'il y a eu des gens sur place qui avaient envie de se lancer dans l'entreprise.

Cette Pride se devait d'avoir des allures de carte postale,

Kapellbrücke

dans le meilleur sens du terme, à l'image de la ville. Un exemple: les guggenmusiken (fanfares de carnaval), qui ont représenté une alternative bienvenue aux habituelles des love mobiles (il y en avait aussi, par ailleurs de bonne qualité).

Pour donner un coup de publicité, nos amis les intégristes de la Fraternité Saint Pie X avaient décidé de contribuer à la manifestation à travers un happening de leur crû, qui n'était pas été bien méchant, à genoux et en prières (cf. la photo du Sonntagsblick), n'étaient certains textes sur les pancartes (En substance: "L'homosexualité est guérissable."/"Pire que le tsunami.") Ces messieurs, qui ne font donc pas partie de la communion catholique, s'offusquaient en particulier de ce que, dans le cadre de la Pride, une célébration (oecuménique) allait être tenue dans une église catholique de Lucerne, avec l'accord du curé. Ce fut un parfait autogoal. En effet, la rumeur d'une intervention intégriste a fait que l'église s'est remplie d'un tas de priders qui autrement n'y seraient pas venus et qui se sont coltiné très sagement, très dignement, un sermon et des prières, en allemand et en français... Et en fait d'intervention perturbante, cela s'est borné à une brave dame qui est montée dans la chaire, a dit ce qu'elle pensait et ce fut tout. Votre serviteur n'en a rien perçu occupé qu'il était à co-animer la célébration (sauf le bruit fracassant quand elle s'est heurtée contre le portail de l'escalier menant à la chaire, mais c'est seulement après coup qu'on m'a raconté ce qui s'était passé).

Extraits de la prédication (traduction de l'allemand)

Dans le passage du Psaume que nous avons entendu (Ps 57,8-11) , il y a quelqu'un qui exprime sa joie avec force. Tout comme une foule de gens se sont réjouis, lorsque la loi sur le partenariat a été acceptée. Cette satisfaction, qui s'est exprimée avec force pendant le cortège, n'est pas tout. Pour ne pas partir en fumée, la joie s'ouvre, elle se lie à la reconnaissance. De la joie naît la reconnaissance. La reconnaissance doit jaillir du cœur, elle ne doit pas tourner au rituel. Aux cadeaux , il ne faut pas répondre avec des contre-cadeaux, mais en donnant son attention et en s'engageant. Cette responsabilité, c'est la seule manière qui convient pour dire merci...

vendredi 17 juin 2005

Le mariage dans tous ses états

Eblouissant numéro d'Eric Fassin dans Libération, lu grâce à Zvezdo. Performance aussi que cet hymne au mariage, à prendre certainement au sens le plus large, chez Hugo Schwyzer (chez qui je n'étais plus retourné depuis longtemps).

jeudi 16 juin 2005

Attali et Onfray: laissez-les parler (surtout le premier)

Je croyais que je n'aimais pas Jacques Attali. Or hier soir, je l'ai trouvé très bien. Il était avec d'autres dans un de ces jeux télévisés où, le candidat, c'est l'animateur qui, pour gagner, doit deviner le juste moment où interrompre les invités, c'est-à-dire le moment précis où ils disent ou vont dire quelque chose de tout particulièrement intéressant. Il présentait sa biographie de Marx, Karl Marx ou l'esprit du monde, en me donnant envie de la lire, et chacune de ses trop courtes inteventions (bravo le candidat-animateur) était pertinente.

A l'inverse, Michel Onfray, défendant son Traité d'athéologie (Grasset) m'a une fois de plus exaspéré (pourtant le titre du livre est prometteur). D'abord il ne comprenait pas (et je crois qu'il était sincère) comment on pouvait qualifier l'athéisme ou le communisme de religion. Ensuite il jaugeait le catholicisme à l'aune de ce qu'ont fait ses papes. Et pour lui, le silence de Pie XII par rapport au nazisme équivaut à une approbation. Même raisonnement pour Jean-Paul II et le génocide rwandais (là, je dois dire que je n'en sais rien). Et, à en croire une interpellation d'Elisabeth Lévy, le seul fait qu'Hitler ait invoqué trois ou quatre passages des Evangiles dans Mein Kampf comme caution fait du nazisme un produit ou un héritier du christianisme. Pourquoi Michel Onfray n'en reste-t-il pas à son L'Art de jouir, un thème où on ne peut pas se tromper, puisqu'on on y traite de ce qu'on aime et connaît le mieux: soi? Il appelle de ses voeux un siècle de la philosophie où les sages (= les athées) remplacent les croyants. Mais je ne sais pas si les sarcasmes qu'il a lâchés dans L'Europe des crétins à propos du TCE relèvent de la sagesse.

mercredi 15 juin 2005

Irak: déceler les tendances profondes

Analyste militaire suisse, Ludovic Monnerat présente une évaluation de la situation en Irak qui invite à voir plus loin que les attentats de l'opposition anti-démocratique, et cela de manière précise et nuancée. Un complément idéal, bref et synthétique, aux "bonnes nouvelles" factuelles et impressionnistes...

mardi 14 juin 2005

L'acquittement de Michael Jackson

Ceci n'est pas un sujet gai, dans aucun sens du terme. Je n'ai pas de sympathie particulière pour le personnage. Je n'aime que ses tout premiers albums de jeune adulte (Off the Wall et Thriller). Mais qu'est-ce que je suis content qu'il ait été acquitté (à moins que 'blanchi' ne soit le mot?). Comme quoi, il y a une justice américaine qui peut être sereine malgré les enjeux médiarchiques, comme quoi, ils n'ont pas eu le dernier mot, je veux dire les réacs (et encore, c'est méchants pour les réacs), les anti-tout, les parasites de la justice, les escrocs, et surtout cette sorte de maîtres chanteurs qui gagnent leur vie en dénonçant ou en menaçant de dénoncer un gai ou un bi comme étant pédophile. Il n'y pas besoin d'être célèbre pour vivre ce calvaire. Bien des enseignants ou d 'autres malheureux en situation dite exposée ont été victimes de ce genre de chantage. Je crains d'ailleurs que, tout acquitté qu'il soit, et malgré le soutien de ses amis et de ses innombrables fans, l'homme acquitté hier n'en ressorte irrémédiablement atteint voire détruit.

COMPLEMENT DE 11H30. Dans Le Temps, Myriam Meuwly semble faire preuve d'une lucidité à la fois sévère et rassurante (qu'on dirait frappée au coin du bon sens) en ce qui concerne le chanteur , tout en épinglant (peut-être à juste titre) la justice américaine, vu que, dit-elle en substance, chez nous ça ne serait pas passé comme ça. En Suisse, en effet,

(u)ne expertise psychiatrique aurait bien évidemment renseigné les jurés sur le comportement peu ordinaire du célèbre accusé. Une telle mesure d'instruction ne va pas de soi, de ce côté-ci de l'Atlantique, où la justice protège extraordinairement les droits de la défense. Or Jackson plaidait non coupable. Il n'avait pas à se soumettre à une analyse de sa sexualité. Celle-ci aurait cependant sans doute montré ce que ses amis, ses défenseurs et ses fans soutiennent: à savoir que ce personnage «weird» - bizarre, différent de tout un chacun - est resté un adolescent, sexuellement immature, incapable d'abus sexuels au sens traditionnel du terme. Il n'a rien du «prédateur sexuel» que l'accusation et les ligues de vertu du pays se sont plu à décrire. Il n'y a en effet eu, selon le jeune plaignant, ni pénétration, ni attouchements oraux. Seulement ce qu'on appelle dans les camps d'éclaireurs et les vestiaires de salles de gym des «tripotages». Assez grave pour que des instances de protection de la jeunesse veillent et dénoncent, semble-t-il. Si grave pour mériter une peine pouvant aller jusqu'à vingt de prison?

Ce qui est sûr, c'est qu'aucun parent, aucun enfant n'a eu de problèmes avec le fait d'avoir dormi "en frères" dans le même lit de cette star qui est de touter évidence restée, en effet, un adolescent immature. Il y a quelques décennies, personne n'aurait songé à mal. Mais cette hypersensibilité actuelle est le prix à payer pour avoir fermé les yeux sur tant d'abus, des abus qui consistent par définition dans l'exploitation d'une situation où il y a un rapport d'autorité, de dépendance impliquant la confiance. Espérons que ce drame permettra peut-être de discuter plus sereinement et plus ouvertement cette problématique de l'enfance abusée, sans se focaliser sur les vilains Messieurs qui donnent des bonbons et font perdre de vue que, comme on le sait pourtant, dans la majorité des cas, ça se passe à l'intérieur du cercle familial.

lundi 13 juin 2005

Bonnes nouvelles d'Irak (29)

Elles sont en ligne chez Arthur Chrenkoff!

dimanche 12 juin 2005

Le pouvoir est dans la multitude anonyme

Cet article dans Business Week me rappelle que je veux depuis longtemps recommander ici un livre qui m'a fait une grande impression:

The Wisdom of Crowds
Why the Many Are Smarter Than the Few
by James Surowiecki

Mais la note de lecture n'est pas vraiment mon truc... Je me contenterai donc de dire que c'est un ouvrage absolument fascinant, érudit, subtil, qui met énormément de notions en place; au croisement de l'économie et de la psychologie sociale, il bouleverse pas mal d'idées reçues sur la place des experts tout en développant aussi les conditions nécessaires pour que l'intelligence collective, en réseau ou en marché, puisse se développer. Voir par ailleurs ce billet (qui m'a donné envie d'acheter et lire le livre, merci), ainsi que celui-ci (note de lecture développée en français) et celui-ci.

samedi 11 juin 2005

La miction était malheureusement possible

Saviez-vous que Robert Mugabe avait rasé une mosquée? Moi pas, jusqu'à ce que je tombe sur cet article de Marc Steyn dans The Spectator (gratuit mais il faut s'inscrire). Jusqu'à présent, je n'ai trouvé qu'une brève mention dans le Washington Post (mention jugée bien tardive par le blog Mugabe makaipa, qui surveille les atrocités gouvernementales au Zimbabwe depuis cette année). On comprendra donc que Marc Steyn se fasse une joie d'ironiser sur la comparaison entre, d'une part, le silence retentissant donné à cette exaction et, d'autre part, le retentissement donné aux affaires de Coran souillé et autres abominations guantanamantesques.

C'est l'occasion, pour Maître Steyn, de revenir sur ce qui s'est effectivement passé, et de nous instruire, par exemple, sur le processus des plus édifiant qui fait que, à partir d'un stupide incident involontaire (si j'ose le pléonasme), on aboutit à une affaire de torture et d'humiliation qui semble dépasser en abjection les tableaux vivants du mauvais théâtre d'Abu Ghraib. Car tout est parti d'un gardien qui s'est soulagé en plein air, et le vent ayant subitement tourné (on saura maintenant qu'Eole est un mauvais plaisantin islamophobe), une gouttelette est arrrivée là où il ne fallait pas. Au passage, Marc Steyn nous signale qu'aucun détenu n'est mort à Guantamo, que les détenus en ressortent en meilleur état qu'en y arrivant et il nous rappelle (ou nous apprend, pour ce qui me concerne) qu'il y a trois ans et demi, il écrivait déjà qu'à Guantanamo, le personnel médical est plus nombreux que les détenus. Ceci en rapport, bien sûr, avec les vertueuses comparaisons établies par d'aucuns entre ce camp dont le statut légal est, certes, problématique et les goulags.

jeudi 9 juin 2005

Quelle Europe?

La quatrième et dernière partie du feuilleton du Daily Telegraph sur le New Localism destiné à régénérer la droite britannique n'est pas à la hauteur sur la question européenne. Je me serais attendu à ce qu'une réflexion sur le niveau adéquat pour traiter les problèmes politiques, postulant que certains soient déplacés de Westminster au niveau local et d'autres du gouvernement vers le parlement, reconnaisse aussi (même en cherchant à les cadrer de manière plus étroite) le bien-fondé de certaines délégations de souveraineté en direction de l'Union européenne. Eh bien, la question n'est nullement abordée de cette manière (ce qui souligne aussi le silence assourdissant de ce manifeste sur les questions économiques: un tribut involontaire au New Labour?). On y retrouve cette obsession que le Parlement national est un horizon indépassable, comme si le Parlement européen n'était pas lui aussi élu démocratiquement. Ca nous vaut des propositions qui sentent l'improvisation et ne résisteraient pas à une semaine d'exercice du pouvoir: en particulier la suppression de la TVA au profit d'une nouvelle taxe sur le commerce destinée aux collectivités locales (les auteurs ignorent donc que la TVA est un élément du droit communautaire). Et quitte à parler finances, my 2 cents sur les gamineries de Chirac autour de la ristourne britannique: il serait plus efficace de redéfinir le débat en terme d'attribution d'une ressource fiscale spécifique à l'Union européenne; et de sortir du tiroir le "rapport Sapir" qu'un groupe d'experts avait produit à la demande de Romano Prodi...

Et pourtant il y a bien quelque chose à dire. Hubert Védrine, que je lis avec méfiance car il prêche d'habitude pour l'école cynico-réaliste, soulève dans Le Monde d'aujourd'hui deux points qui me paraissent justes:

  • La nécessité de renoncer au principe centripète absurde (même s'il a dû sembler en 57 d'un idéalisme de bon aloi) de "l'union toujours plus étroite" au profit d'une règle de partage claire et durable des attributions déléguées à l'Union par les Etats qui la constituent (Védrine: "abandonner explicitement la logomachie déresponsabilisante et anxiogène de l'intégration européenne sans fin").
  • La formulation du "modèle européen" non pas seulement "négativement", autour de la protection sociale, mais positivement, au sens du tryptique du développement durable: croissance économique, intégration sociale, protection des ressources et de l'environnement (Védrine: "La question de l'avenir sera de concilier croissance, emploi et écologie. Soyons le continent qui fera cette synthèse.")

J'ajouterais volontiers à cela l'abandon des prétentions de voir l'Union conduire une politique étrangère commune, alors que manifestement les Etats (surtout les grands, voir l'insoutenable revendication d'un siège pour l'Allemagne au Conseil de sécurité de l'ONU) n'y sont pas prêts, et que l'harmonisation des diverses perspectives en son sein ne pourrait faire de l'Union qu'une grande Suisse, s'abstenant prudemment sur tous les grands sujets et réduite aux missions humanitaires et onusiennes.

Ce type de pragmatisme ne répond certes pas aux peurs irraisonnées et aux espoirs déçus dont le référendum français a stimulé l'expression dans l'ensemble de l'Union. Mais précisément, il est de nature à éviter de les provoquer! (Je n'ai d'ailleurs élucidé que l'autre jour ma position personnelle sur le Traité constitutionnel: si j'étais ressortissant d'un Etat membre, je voterais oui; mais comme observateur extérieur, je souhaitais la victoire du non le 29 mai pour en finir avec l'hypocrisie française. Comme dit Gotlib: vous avez vu mon Aspirine?)

mercredi 8 juin 2005

Jeux de mots

Les blogs, ça peut aussi servir à ça!

mardi 7 juin 2005

Politique à rénover

Décidément, la situation politique française est bien curieuse: on ne voit pas comment la droite pourrait survivre aux Cent Jours de Villepin; mais la gauche est hors d'état de prétendre au pouvoir... Vivement Sarkozy, donc.

Pendant ce temps la droite britannique, après 8 ans d'opposition, tente de se réinventer, au moins du côté de certains nouveaux élus. Cela porte le nom de "nouveau localisme", ça a même un site, c'est un feuilleton dans le Daily Telegraph dont les deux premiers épisodes ont paru, et c'est loin d'être inintéressant.

lundi 6 juin 2005

De retour du QG

Je suis encore sous le coup. Alors que j'avais bon espoir, et que le score de 58% dépasse largement mes attentes - c'est maintenant que j'ai de la peine à y croire. J'étais cet après-midi à Berne, au QG de la campagne, au premier étage d'un restaurant feutré. Juste dans la salle en-dessous, il y avait le QG du parti radical démocratique (droite/centre-droit) anxieux pour les accords de Schengen/Dublin, qui ont passé avec 54.6%. Avant que les résultats ne soient sûrs, je me disais tout le temps que ce serait surréaliste si notre partenariat avait passé et pas les accords Schengen/Dublin.

Je garderai aussi le souvenir cuisant d'une intervention en direct sur la télévision romande depuis ce QG. Certes, l'émotion était programmée, mais en plus, je n'étais absolument pas préparé à parler au milieu d'un tel bruit, d'une telle agitation, sans moniteur, donc sans voir la journaliste au studio à Genève, que j'entendais à peine dans l'oreillette, entendant par contre ma propre voix avec un décalage de quelques fractions de secondes, sans savoir que je hurlais inutilement. On m'a demandé si j'allais me partenarier "dès le lendemain matin". J'aurais voulu pouvoir me tourner vers le principal intéressé, mais il était dans le train Genève - Berne pour me rejoindre. Et de toute façon, il n'aurait pas voulu apparaître à mes côtés, évoluant dans un milieu professionnel où la discrétion est de rigueur. Alors j'ai dit qu'il faudrait peut-être attendre l'entrée en application (entre-temps, j'ai appris que c'était pour le 1er janvier 2007), mais que oui, le partenariat serait une réalité dans ma vie. J'ai aussi dit que le score (45% de oui) du canton du Valais (catholique conservateur) était une bonne surprise, tandis que j'étais déçu que le canton du Jura (catholique frondeur) ait manqué d'accepter le partenariat de quelques 400 voix seulement. Mais l'une de mes premières phrases aura été de dire que j'étais fier de la Suisse. Et cette phrase, je suis très heureux de l'avoir dite.

dimanche 5 juin 2005

Couples de même sexe: le chemin parcouru

L'approbation par le peuple (c'est une première mondiale) du partenariat enregistré pour les couples de même sexe (la loi en français, en allemand, en italien) à une nette majorité de 58% après un débat parfaitement serein, et cela dans un pays profondément conservateur qui n'a accordé le droit de vote aux femmes qu'en 1971 et n'a rejoint l'ONU qu'en 2002, est un symbole frappant du chemin parcouru dans l'ensemble des sociétés occidentales -- mais n'oublions pas les autres, où beaucoup reste à faire! Et cela en fort peu d'années.

Je me souviens des préparatifs, au début des années 1990, de ce qui est devenu la pétition "Les mêmes droits pour les couples de même sexe", alors que j'avais rejoint un comité alémanique désireux de lancer ce débat; il se réunissait d'abord à Olten, centre du triangle Zurich - Bâle - Berne, avant de se déplacer à Berne comme il convient à un projet national. Nous contactions, selon l'habitude, des personnalités du monde politique, économique ou culturel pour leur demander si elles seraient disposées à donner leur nom à titre de liste initiale de soutien (tout en cherchant évidemment à conserver à certain équilibre représentatif). Nombre de personnes qui ont répondu non alors, ou ne se sont pas engagées sans peser prudemment le pour et le contre pour leur carrière, ont certainement voté oui aujourd'hui sans le moindre état d'âme.

Au demeurant, un non vaut parfois un oui. J'avais sollicité, fin 1993 ou début 1994, l'un des députés de Genève au Conseil des Etats, le radical Gilles Petitpierre, parlementaire écouté, que je connaissais personnellement notamment parce qu'il avait été mon professeur de droit de la famille; il m'avait répondu négativement, avec l'honnêteté scrupuleuse qui le caractérise, estimant que la pétition allait trop loin en stipulant: "Les couples de même sexe qui construisent une relation durable doivent pouvoir obtenir fondamentalement les mêmes droits que ceux conférés aux couples hétérosexuels par le mariage." Mais le 15 mars 1994, il déposait une question écrite:

Plusieurs pays ont légiféré sur la situation des couples de même sexe, en particulier pour ce qui touche ses aspects sociaux. Le Danemark, la Norvège, la Suède indirectement, lui ont conféré des effets semblables à ceux du concubinage entre personnes de sexes différents. Etant donné que le droit suisse ne régit formellement pas cette dernière situation, l'analogie est évidemment exclue. Le Conseil fédéral entend-il approfondir l'étude de la question et peut-il nous faire part de ses intentions en la matière?

Une semaine plus tard, le 22 mars 1994, avait lieu la conférence de presse de lancement de la pétition (j'ai eu l'honneur d'y être l'orateur francophone, si d'aventure quelqu'un détient l'article du Tages Anzeiger avec photo qui manque à mes archives...), et cette démarche parlementaire, la toute première du genre, qui était une complète surprise pour nous, a d'emblée contribué à notre crédibilité au vu de son auteur. La pétition a été déposée en décembre de la même année avec 85'000 signatures, dont la récolte a déjà témoigné d'un accueil bien moins hostile que nous ne le craignions. Et je suis certain que Gilles Petitpierre a voté oui.

Un autre exemple de cette évolution est la célébration de la Gay Pride en Suisse romande. La première (dans la période récente) a été organisée à Genève en 1997, ville internationale et cosmopolite où cela ne devait pas poser trop de problème. La manifestation s'est néanmoins tenue bien à l'écart du centre, et il n'était d'un tacite accord pas question d'y associer les autorités. Mais déjà en 2000 à Fribourg, les autorités locales étaient présentes; et la présidente de la Confédération, Ruth Dreifuss, socialiste, a fait lire un message de solidarité par son collaborateur personnel François Wasserfallen, qui a souligné en préambule être lui-même gay. Et l'année suivante, à la traditionnelle manifestation zurichoise du Christopher Street Day (Gay Pride en allemand), Moritz Leuenberger, président de la Confédération suivant, lui aussi socialiste, est venu en personne prononcer un de ses fameux discours.

Durant ces 12 ans, les gays et les lesbiennes ont fait un chemin considérable sur le plan de la visibilité, et la société un chemin considérable pour ne plus les accepter seulement s'ils sont invisibles: c'est la fusion du droit à la différence et du droit à l'indifférence. Comme cela a fort bien été dit à la CSD d'hier qui devait clore en apothéose la campage en faveur de la loi sur le partenariat:

Le succès de cette campagne tient d'ores et déjà au fait que lorsque l'on parle aujourd'hui de lesbiennes et de gays, on pense à sa gentille voisine, à son facteur ou à son chef.

Le choix initial du pragmatisme et de la recherche de consensus, plutôt que du maximalisme et de la confrontation, s'est donc avéré juste. Ce qu'il faut souligner, c'est qu'il est imposé par la démocratie directe, qui ne permet pas de se satisfaire de majorités conjoncturelles ou d'un travail sur les seules élites supposées éclairées. Mais ce oui n'en est dès lors que plus solide!

Partenariat: c'est bien oui, et nettement!

Ouf! Evidemment, après avoir fait preuve de la plus grande sérénité sur ce blog depuis des mois, au point de m'être accordé le luxe d'annoncer la chose à l'avance au monde anglo-saxon, je finissais quand même par être atteint d'une grave crise d'anxiété. Maintenant c'est champagne!

14h: Même Appenzell Rhodes-Intérieures vote oui! Cela signifie-t-il un grand chelem du oui dans tous les cantons?... Pour le moment aucun canton ne rejette la loi. Rectificatif: ah oui, quand même: Uri. AI est donc plutôt le reflet d'une proximité avec Zurich et de l'effet Ruth Metzler, l'ancienne conseillère fédérale, enfant (d'adoption) du pays, qui a présidé à la mise au point du projet.

15h30: Ce que c'est que de se fier aux grands médias! C'est à tort qu'Appenzell Rhodes-Intérieures était annoncé comme favorable, il s'agissait des Rhodes-Extérieures... Le résultat final est pour bientôt, ne manquent plus que les grands cantons de Zurich et Berne.

16h: La Première (lien audio), que j'écoute depuis le début de l'après-midi sur mon ordinateur à Londres, annonce le résultat final: 58% de oui! 58,03% précisément, avec comme (demi-)cantons qui ont voté non Appenzell Rhodes-Intérieures (58,4%), Jura (50,8%), Schwyz (50,4%), Thurgovie (52,3%), Tessin (53,2%), Uri (58,3%) et Valais (55,2%); les 19 autres cantons et demi-cantons ont donc voté oui, entre 51% (Glaris) et 69% (Bâle-Ville).

carte des résultats

17h15: La loi entrera en vigueur le 1er janvier 2007, selon un communiqué du département fédéral de justice et police:

La loi sur le partenariat a été adoptée lors de la votation populaire de dimanche. Avant que les couples de même sexe ne puissent enregistrer leur partenariat, la Confédération et les cantons devront procéder à la modification de certains actes, des banques de données devront être adaptées et le personnel des services d'état civil devra suivre une formation. La loi sur le partenariat entrera vraisemblablement en vigueur le 1er janvier 2007.

samedi 4 juin 2005

Guest blogging

Norman Geras a la grande gentillesse d'accueillir sur son blog un billet de votre serviteur en vue de présenter à la blogosphère anglo-saxonne la votation de demain sur le partenariat enregistré...

COMPLEMENT DU 5 JUIN: Eh bien, pour mon premier billet en anglais, je ne peux vraiment pas me plaindre (cela doit évidemment d'une part au sujet, qui combine sujet de société et curiosité ethnologique, et d'autre part à la qualité du support, Normblog): remarqué par Glenn Reynolds 5 heures plus tard, il a fait l'objet d'un de ces haikURL dont il a le secret sur Instapundit... qui est générateur, vu l'importance de son lectorat, de ce que le jargon des blogueurs appelle une "Instalanche"! Harry consacre également un billet sur Harry's Place à la question, avec des commentaires intéressants des visiteurs.

Imprécateurs

La crise française née du refus du traité instituant une Constitution pour l'Europe, suivi de la mise en place d'un gouvernement "abracadabrantesque", nous vaut dans Le Monde une série d'analyses et de commentaires à la lucidité vengeresse, en particulier:

"Pétrole contre nourriture": la France bouge

Après le déni méprisant... pas moins de 11 personnes font l'objet d'une instruction pénale pour leur rôle dans le détournement par ou au profit de Saddam Hussein du programme du Conseil de sécurité "Pétrole contre nourriture". Toute une page dans Le Monde d'aujourd'hui.

vendredi 3 juin 2005

D'un scrutin à l'autre

Après la France et les Pays-Bas, l'attention -- même internationale -- devrait se porter sur la petite île au centre du continent... En Suisse on connaîtra dimanche après-midi le résultat de deux scrutins: l'un sur l'Europe, en quelque sorte, et l'autre sur une question de société qui traverse l'ensemble du monde occidental (pour commencer), le statut des couples de même sexe.

Sur l'association à l'Espace Schengen-Dublin, je commençais moi-même à craindre une contagion du joyeux nihilisme franco-batave, mais j'ai été rassuré par un article du Temps de ce matin: l'essentiel des bulletins sont déjà rentrés puisque la plupart des Suisses votent désormais par correspondance. Mais si ça passe, je ne crois pas que cela sera triomphal, et ce sera beaucoup plus dur en septembre où l'on votera sur l'extension de la liberté de circulation des personnes entre la Suisse et les 10 nouveaux membres de l'UE.

Quant au partenariat enregistré, personne ne se hasarde à pronostiquer un échec de la loi, ce qui est déjà un événement en soi. La question est plutôt: plus de 55%, voire plus de 60%? Et la majorité dans quels cantons (ou plutôt: quels cantons vont exprimer majoritairement un refus, qui ne pourra manquer d'être durement ressenti par les gays et les lesbiennes qui y vivent)?

jeudi 2 juin 2005

Mafalda

Un blog italo-bernois à la première personne, et en français, trouvé chez Ludovic Monnerat. Mais ce n'est pas avec lui qu'elle est allée comprendre Verdun!

mercredi 1 juin 2005

D'une Constitution à l'autre

Pas vraiment eu le temps de m'appesantir sur le référendum français: on était d'ailleurs préparé, et tout avait plus ou moins été dit, y compris ici. Et puis surtout j'étais occupé à la mise au point du site (un blog sous DotClear, évidemment) d'un comité qui entend, lui, lancer le processus en vue de la tenue d'une assemblée constituante... A chacun de balayer devant sa porte: il s'agit modestement de la Constitution de la République et canton de Genève, qui doit être la plus vieille d'Europe puisqu'elle date de 1847! C'est bien simple, elle est antérieure à la création de l'Etat fédéral suisse (1848).

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