Un swissroll

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Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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samedi 5 mai 2012

Résultats à Londres: l’échec d’Ed Miliband

Ken échoue à renverser Boris, mais les travaillistes deviennent le premier parti de Londres avec 12 sièges sur 25 au GLA

Il y a eu 2,2 millions de votants (38%, une participation très suisse!).

Ce qui est intéressant, c’est de comparer la force des partis dans l’élection proportionnelle au Conseil du Grand Londres (le GLA) et dans l’élection directe du maire de l’agglomération.

Au premier tour, pour l’élection du maire, le résultat est le suivant (j’arrondis les chiffres):

Boris Johnson, conservateur: 972’000 voix
Ken Livingstone, travailliste: 890’000 voix

Jenny Jones, Verte: 99’000 voix
Brian Paddick, Lib-Dem: 92’000 voix

Siobhan Benita, indépendante: 84’000 voix (j'aurai appris que Siobhan, prénom féminin d’origine irlandaise, se prononce "Shavourne"!)
Lawrence James Webb, UKIP (souverainiste): 43’000 voix
Carlos Cortiglia, BNP (extrême droite): 29’000 voix

Pour le second tour, on ajoute aux voix recueillies par les deux premiers les suffrages complémentaires (second preferences) qui se sont portés sur eux parmi les électeurs des cinq candidats éliminés. A ce stade je n’ai que le total publié, pas le détail (les Verts ont appelé leurs électeurs à donner leur seconde voix à Ken, il serait intéressant de voir combien ont suivi, ainsi que la répartition des secondes préférences des Lib-Dems, en coalition dialectique avec les conservateurs au gouvernement, des souverainistes et de l’extrême droite):

Boris: + 83’000 voix, soit au total 1’055’000
Ken: + 102’000 voix, soit au total 992’000

(On le voit, les suffrages complémentaires effectifs sont loin de faire le plein de leur potentiel théorique de quelque 325'000 voix.)

Comme il se doit dans une soirée d’élection dont de surcroît les résultats tardent à venir en raison d’incidents divers, le suspense donnait occasionnellement place à la panique (respectivement au fantasme): et si Ken rattrapait son retard? Les pesanteurs sociologiques sont plus fortes: il a, comme attendu, recueilli davantage de secondes préférences que Boris, mais de loin pas assez pour l’emporter. (On verra demain, mais c’est probablement la principale différence avec une dissociation des deux tours, à la française, qui permet aux électeurs de changer d’avis et aux abstentionnistes de se réveiller).

Voici maintenant la force des partis telle qu’elle ressort du bulletin destiné à l’élection proportionnelle des 25 membres du GLA (les listes recueillant moins de 5% n’entrent pas en considération dans la répartition des sièges):

Travaillistes: 911’000 voix (12 sièges, +4)
Conservateurs: 709’000 voix (9 sièges, -2)
Verts: 189’000 voix (2 sièges, sans changement)
Lib-Dems: 150’000 voix (2 sièges, -1) -
UKIP: 100’000 voix (0 sièges, le quorum était à 110’000) - 47’000 voix en 2008
BNP: 47’000 voix (-1 siège) - il avait recueilli 131’000 voix soit 5,31% en 2008

Sept autres listes ont recueilli entre 5’000 et 39’000 voix, pour un total de 107’000 voix

Avec 14 sièges, travaillistes et Verts représentent théoriquement une majorité (portée à 16 avec les Lib-Dems dont il est peu vraisemblable qu’ils se sentent solidaires de la coalition établie sur le plan national), mais selon l’expérience suisse, sur le plan national comme dans les cantons ou communes, les choses sont rarement aussi mécaniques. Pour le reste on remarquera évidemment la promotion des Verts au rang de troisième parti (les Lib-Dems, qui sont normalement le parti attrape-tout des gens qui pontifient sans prendre de responsabilité, souffrent de leur participation au gouvernement) et l'absence de représentation à la droite des conservateurs en raison de la division des voix entre UKIP et BNP.

Ce qui est fascinant à observer, c’est l’effet de rémanence sur la proportionnelle de la tradition bipolaire issue du scrutin majoritaire, traditionnel en Grande-Bretagne (sous sa forme uninominale à un tour), et applicable (sous sa forme modifiée) à l’élection très médiatisée du maire. Je fais le pari qu’avec le temps on devrait voir un amoindrissement de la prédominance des deux grands partis au GLA, et une sorte d’égalisation entre cinq partis représentant tout le spectre de la gauche à la droite, ce qui ne pose pas de problème dans un système "présidentiel" (indépendance entre les pouvoirs; au demeurant, comme il sied à une administration locale, le rapport entre le maire et le GLA tient davantage du PDG au Conseil d'administration que du gouvernement au parlement).

Mais il n’en demeure pas moins que la victoire personnelle Boris Johnson est remarquable: au premier tour il fait d’emblée 263’000 voix de plus que son parti (+346’000 au total). Ou plutôt il faut souligner le désastre de la candidature de Ken Livingstone: 21’000 voix de moins que le parti au premier tour (seulement 89’000 de plus au total)...

Et c’est là qu’Ed Miliband porte une lourde responsabilité. Contrairement à ce qu’il veut faire croire, le bon résultat national ou au GLA du parti travailliste n’est guère redevable à son leadership et doit tout au contexte (accentué, pour tout arranger, ces trois dernières semaines par une série noire de maladresses, erreurs et démonstrations d’incompétence du gouvernement sur des dossiers particuliers): c’est le mouvement traditionnel des scrutins intermédiaires sanctionnant le gouvernement que l’on observe en Grande-Bretagne (tant Thatcher que Blair l’ont connu, pour gagner haut la main l’élection générale deux ans plus tard). Mais c’est lui qui a fait le choix de tolérer, et même de soutenir la candidature très contestée et contestable de Ken là où tout autre candidat aurait été à même de faire mieux et, qui sait, de l’emporter: Boris n'a gagné que de 63'000 voix sur 2,2 millions...

jeudi 3 mai 2012

Election(s)

Deuxième tour sur quatre en France, tout en un à Londres

Et si l’on avait fait pareil en France pour la présidentielle? L’élection du maire de Londres qui se déroule aujourd’hui a bel et bien lieu au système majoritaire à deux tours - mais les deux simultanément.

A côté du nom des candidats (à Londres c’est sept, pour l’Elysée c’était dix) il y a deux cases à cocher. Une seule croix est obligatoire pour que le bulletin de vote soit valable: une “première préférence” dans la première colonne.

L’expression d’une “seconde préférence” dans la seconde colonne est facultative: elle n’entre en ligne de compte que si le candidat de choix ne figure pas parmi les deux premiers une fois le résultat connu. Pratiquement elle est inutile si vous votiez Sarko, Hollande, Boris ou Ken, car on ne vous accorde évidemment pas un second suffrage. Mais les voix complémentaires recueillies par les deux finalistes auprès des partisans des candidats éliminés sont additionnées à leur résultat sur les premières préférences pour déterminer le vainqueur. Sarko ou Hollande, le président aurait ainsi été élu dès le 23 avril, sans rebrasser les cartes: pas de délectation morose à gloser sur les résultats de Marine, Méluche et Bayrou, pas d’orchestration de la tension avec le duel télévisé en point d’orgue, pas d’ultimes manoeuvres des deux candidats (et de leurs adversaires).

En France il y aura ensuite les deux tours de l’élection des députés à l’Assemblée nationale. A Londres l’élection de l’Assemblée du Grand Londres a lieu en même temps que celle du maire: un seul scrutin au lieu de quatre! Mais là le changement pour la France serait considérable: il reviendrait à passer à une VIe République dans laquelle l’exécutif et le législatif sont distincts et doivent collaborer, sans prédominance du président (s’il dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale) ou du chef de la majorité parlementaire (en cas de cohabitation). Car pour le GLA les Britanniques ont repris le mode d’élection du Bundestag allemand: la représentation proportionnelle entre tous les partis qui ont franchi un quorum de 5%, une petite moitié des élus représentant une circonscription dans laquelle ils sont élus au scrutin uninominal à un tour (les sièges acquis de cette manière sont imputés sur le contingent des sièges du parti déterminé par la proportionnelle).

Outre le bulletin pour l’élection du maire, l’électeur reçoit donc deux bulletins pour l’élection du GLA: un comportant les candidats au siège de la circonscription et un comportant les onze partis en compétition (qui sont en réalité treize, puisque s’y ajoutent encore deux indépendants, en somme candidats uniques de leur liste respective...) pour le calcul de la proportionnelle (l’Assemblée sortante est composée de cinq partis, aucun d’eux n’ayant la majorité absolue).

L’explication que je donne ici (élection proportionnelle intégrale, certains élus devant leur mandat à une élection uninominale et les autres à leur présence sur la liste du parti) est celle qui me semble la plus pédagogique sur le plan politique.

Elle se distingue cependant radicalement des modalités pratiques du dépouillement, qui lui part du nombre d’élus de chaque parti dans les circonscriptions pour attribuer, par répartitions successives, les sièges de listes aux différents partis: c’est ce qui explique qu’on ne connaîtra pas la composition définitive du GLA avant vendredi dans la journée! A signaler le remarquable site officiel de présentation de l'élection, dont les éléments essentiels sont disponibles en seize langues.

Sur le fond, je recommande la lecture de cette analyse approfondie, publiée en Australie, que signale John Rentoul. Comme ce dernier (et bien d'autres), je me rattache personnellement au courant informel Labour 4 Boris ou Keep Out Ken -- mais je n'ai pas le droit de vote à Londres...

samedi 14 avril 2012

Un Servan-Schreiber député d'Amérique, yeah!

Emile Servan-Schreiber candidat à l'Assemblée nationale

Intéressante nouvelle, mais c'est idiot de le présenter comme un candidat de centre-droit, en tout cas par référence à son père dont tous les combats viennent de la gauche. Bien davantage encore que Michel Jobert (s'il y en a encore qui se souviennent de lui), il aurait pu s'inscrire "ailleurs". Comme pour JJSS, on peut se demander si un mandat politique est vraiment la meilleure manière qu'il a d'apporter sa contribution, mais puisqu'il se lance j'espère bien qu'il sera élu!

Billet originellement publié sur Google+

mercredi 28 mars 2012

Sierre: la mystérieuse affaire du mur perpendiculaire au trafic

C'est sur la conception du car que les enquêteurs s'interrogent!

Photo Keystone/Le MatinPhoto Le MatinRegardez ces deux photos. Pouvez-vous sérieusement soutenir que la présence d'un mur en béton à angle droit face au sens du trafic n'est pour rien dans la gravité inouïe de l'accident survenu au car transportant des écoliers belges (28 morts, 24 blessés)?

C'est pourtant, apparemment, le message benoît émanant des autorités et des médias suisses. Moi je n'espère qu'une chose: que le concepteur du tunnel, les responsables de sa construction, sont déjà morts de mort naturelle car je n'aimerais pas être à leur place.

C'est une chose de dire que ce tunnel est conforme aux règles de l'art, a reçu toutes les autorisations nécessaires, etc (et bien sûr le car n'était pas censé se déporter sur la droite). Mais qu'un accident de ce genre ne soit jamais survenu avant (ou, si cela a été le cas, avec "seulement" un à quatre morts et n'a pas incité à revoir ce design) ne doit pas empêcher de constater, aujourd'hui, que c'était une monstrueuse maladresse: si une excroissance de la paroi du tunnel est nécessaire, il paraît désormais manifeste qu'elle doit être conçue en courbe face au trafic, et que si un angle droit s'impose cela doit être exclusivement face à l'arrière des véhicules circulant.

Un problème analogue, en moins tragique, existe couramment pour les passages piétons sur les routes à plusieurs voies, avec un îlot central entre les deux sens de circulation, qui sont souvent décalés vers la droite ou la gauche. Ce design, qu'on appelle "pélican" en Grande-Bretagne, était originellement conçu pour que le piéton soit conduit à faire face au trafic avant d'affronter la deuxième partie de sa traversée -- mais souvent cette caractéristique n'est pas respectée.

Et je trouve passablement hypocrite que les enquêteurs de l'accident de Sierre se penchent maintenant doctement sur la conception du car pour comprendre ce qui a pu se passer!

dimanche 18 mars 2012

Couples de même sexe: partenariat enregistré ou mariage?

Le gouvernement britannique veut mettre fin à une discrimination qui n'en est pas une, tout en en perpétuant une autre

Comme en Suisse (et dans la plupart des pays d'Europe[1]), l'égalité entre couples homos et hétéros est assurée au Royaume-Uni par une institution parallèle au mariage, reconnaissant les mêmes droits que ceux conférés par ce dernier aux couples formés d'un homme et d'une femme aux couples de même sexe, sous un nom différent: Civil Partnership en Grande-Bretagne, partenariat enregistré en Suisse.

Dix ans après l'adoption de cette législation sous l'impulsion du gouvernement de Tony Blair, le gouvernement Cameron propose maintenant ce qu'il présente comme un upgrade: permettre aux gays et aux lesbiennes d'avoir un Civil Marriage plutôt qu'un Civil Partnership sous prétexte d'abolir une ultime discrimination. J'ai eu le plaisir de publier un guest post chez Harry's Place pour expliquer en quoi cette proposition me semble inopportune et hypocrite: The non issue of marriage for same sex couples.

Je suis toujours fasciné par la manière dont les réformes apparaissent, se mettent en place et se fondent dans le paysage quand elles réussissent. Mais je n'avais pas réalisé à quel point le développement de cette question à Londres et à Berne avait suivi un cheminement similaire. Dans les deux cas une concession à l'égalité absolue s'est imposée pour permettre le passage de la loi. En Suisse (comme au Danemark qui a été le pionnier en 1989 de l'égalité pour les couples de même sexe) ça a été une disposition interdisant l'adoption d'enfant en couple, dont l'inexistence aurait probablement compromis l'approbation du Parlement ou le vote populaire positif de juin 2005. Ce problème ne se posait pas au Royaume-Uni, qui mystérieusement connaissait l'adoption par couple de même sexe avant même que ce dernier dispose d'un statut juridique. En revanche, en Grande-Bretagne les autorités civiles reconnaissent directement un mariage religieux célébré par la Church of England[2] (religion anglicane, dont le souverain est nominalement la tête depuis Henri VIII)... Pour préserver la paix des ménages, la loi a expressément exclu ce volet du partenariat pour se limiter au volet civil.

Dans les deux cas (adoption, cérémonie religieuse) on a indubitablement affaire à une discrimination résiduelle, qui touche encore une frange de la minorité dont la discrimination principale a été abolie.

En Suisse, le Conseil fédéral propose de faire un pas (mais pas la totalité du chemin) dans la bonne direction, pour répondre à des situations concrètes, en autorisant l'adoption par la ou le partenaire de l'enfant qui a un lien de filiation avec l'autre partenaire (cas le plus évident: l'enfant biologique d'une lesbienne dont le père est inconnu). En Grande-Bretagne, le gouvernement propose donc de moderniser le vocabulaire pour coller le label "marriage" aux deux types de couples - mais il souligne qu'il conserve l'interdiction légale d'un mariage religieux pour les couples de même sexe, et cela même si une confession décidait que sa théologie le reconnaît!

J'avoue que ces démarches me laissent sceptiques. A Londres, au-delà des bonnes intentions proclamées c'est manifestement de l'opportunisme politicien pur. A Berne, on veut bien faire mais on prend un risque en rouvrant si rapidement le dossier, sur ce volet spécifiquement, alors que manifestement la question ira en votation populaire. Personnellement je préférerais de loin que l'on se donne plus de temps. Et que ce ne soit pas pour répondre (ou prétendre répondre) à une préoccupation des milieux gays et lesbiens que l'on procède à de nouvelles réformes, mais simplement parce qu'elles iront de soi, en passant, dans des révisions législatives générales débordant largement ces sujets.

COMPLEMENT DU 22.03 à 11h45

Répondu à quelques commentaires sur Harry's Place[3]. Et c'est fou comme après coup il est plus facile d'aller à l'essentiel! J'ai conclu par un petit résumé lapidaire de ma position sur le sujet (qui vaut pour la Suisse également):

1. I think for the time being it’s best to affirm diversity by keeping the distinction between two institutions equal in rights and dignity: marriage for opposite sex couples and civil partnership for same sex couples.
2. In due course I’m in favour of both marriage and civil partnership being folded into a generic “civil union” institution, and churches being free to conduct, or not, the ceremony according to their rules.
3. I won’t demonstrate and go on hunger strike againt the Government’s proposal, in fact I’m quite resigned it might become law during this Parliament. It’s still worth exposing their hypocrisy, though.

Notes

[1] L'exception la plus choquante étant la France dont le Pacs présente des caractéristiques sans commune mesure avec le mariage des hétéros.

[2] Sans avoir, comme c'est le cas en France ou à Genève, une cérémonie civile distincte obligatoire avant toute cérémonie religieuse.

[3] Qui sont effacés après une semaine, ce que je trouve un intéressant compromis entre l'espace de discussion stimulant offert par un blog, la prééminence légitime que les éditeurs attachent à leurs billets par rapport aux commentaires et, comment faut-il le dire, l'intérêt très relatif de certains de ces derniers, dont les auteurs (certes souvent anonymes) devraient parfois être reconnaissants que ce qu'ils ont jeté sur le clavier sans trop réfléchir ne reste pas accessible pour l'éternité.

dimanche 11 mars 2012

Votations en Suisse et à Genève

Cinq objets fédéraux et deux objets cantonaux soumis au peuple

La traditionnelle galerie de photos des affiches de la campagne est en ligne[1]! Une précision: il ne s'agit que de l'affichage dans le canton de Genève, et même seulement de l'affichage officiel gratuit qui est une particularité de ce canton (contribuant grandement au soutien du secteur des arts graphiques). N'y figurent pas des affiches faisant l'objet d'une campagne nationale commerciale, mais seulement celles qui ont été prises en charge par un comité de soutien ou un parti local.

On votait depuis trois semaines, le scrutin a été clos à midi et les résultats sont tombés rapidement. La participation est assez élevée pour la Suisse, certains objets suscitant les passions. Voir ici les brochures explicatives envoyées à tous les électeurs, les prises de positions des partis et groupements et les résultats.

Objets fédéraux

La semi-suprise du jour: une initiative populaire visant à limiter le nombre de résidences secondaires dans les lieux touristiques a été approuvée par 50,6% des voix et 13,5 cantons (contre 9,5). C'est une décision qui témoigne d'un malaise réel, a des relents verts-bruns (mêlant xénophobie et refus du surdéveloppement)... et qui est probablement moins bonne que celle qui aurait résulté d'un refus de justesse. S'agissant d'un article constitutionnel fédéral, il n'y avait pas moyen de faire dans la finesse: la solution retenue est donc un plafonnement dans chaque commune du pays à 20% du nombre d'habitations qui ne sont pas une résidence principale (ce qui va simplement faire encore augmenter les prix). C'est aussi un échec du fédéralisme: la Confédération règle maintenant à la hache ce que les cantons qui avaient toutes compétences n'ont pas su gérer habilement, pire ce sont les habitants des régions non concernées (les villes surtout) qui imposent un statut de réserve d'Indiens aux régions touristiques, qui ont voté contre.

Une initiative populaire demandant des déductions fiscales pour favoriser l'acquisition d'un logement a été refusée, sans surprise: la Suisse est à droite (qui soutenait l'initiative), mais c'est un peuple de locataires, et conservateur. Plus intéressant, elle a été approuvée à Genève: l'ASLOCA, le lobby des locataires, n'est plus ce qu'elle était.

Autre résultat qui ne surprend que les étrangers: le refus de l'initiative populaire visant à inscrire dans la Constitution six semaines de vacances par an au minimum pour les salariés (la loi prévoit actuellement quatre, même si la cinquième semaine est courante et la sixième pas rare du tout). Elle n'était soutenue que par la gauche, en pure perte bien sûr. Que ce soit sous la forme des vacances, de la durée hebdomadaire ou des exceptions du travail la nuit ou les jours fériés, il n'y a guère que pour ces dernières qu'une alliance de la gauche et des milieux les plus traditionnalistes parvient parfois à s'imposer; en général, le clivage droite-gauche et l'aversion au dirigisme étatique sont sans appel. Pour moi la raison de combattre ce type d'initiatives (à la source, en en empêchant si possible le lancement; dans le cas précis l'initiative avait été lancée par un syndicat minoritaire en veine de promotion, la confédération majoritaire a cru bon d'emboîter le pas et pouvait difficilement faire autrement) est ailleurs: leur schématisme niveleur qui ne tient aucun compte de la variété des situations individuelles, y compris pour les travailleurs, et empêcherait de conjuguer au mieux, dans les conventions collectives et les contrats de travail, les différents éléments: vacances/durée annuelle, durée hebdomadaire, temps plein ou partiel, et bien sûr rémunération.

Le quatrième objet n'était pas controversé: en réponse à une initiative populaire émanant du lobby des loteries et jeux d'argent sous contrôle para-étatique dans les cantons, le Parlement fédéral a adopté un contre-projet qui lui donne largement satisfaction et l'initiative a été retirée. La disposition a donc été massivement adoptée.

Dernier objet fédéral, refusé assez nettement (56%): une "loi Lang" sur le prix unique du livre, adoptée par le Parlement et donc largement soutenue à droite aussi (outre le lobby des libraires et importateurs qui auraient ainsi des marges garanties) mais contre laquelle un comité référendaire a réuni les 50'000 signatures nécessaires pour que la décision revienne au peuple. Infortuné clivage parfait entre les cantons francophones (où le oui recueille entre 57% et 71%) et les autres (germanophones et Tessin italophone) où le non emporte entre 53 et 72% des voix.

Objets cantonaux

Il y a une dizaine d'année, sous la pression des "week-endistes", l'horaire de l'enseignement primaire a été modifié dans le canton de Genève pour supprimer l'école le samedi matin. Comme d'un autre côté les "jeudistes" tenaient à la tradition du jour entier en semaine pour d'autres activités enfantines, celui-ci a été déplacé au mercredi et c'est l'horaire total qui a y perdu. Retour du bâton: alors que les résultats de l'école genevoise ne sont pas si bons et que la tendance suisse est au renforcement du contenu de l'école primaire, les autorités proposent aujourd'hui le retour en classe le mercredi matin. Une campagne à haute intensité à la suite d'un référendum (le syndicat des enseignants, qui y perdent certes un peu de confort mais à qui on a renoncé à demander une quelconque augmentation d'horaire, ce sont des postes supplémentaires qui sont créés, et une minorité de parents combattent la loi), mais un résultat massif: 65% de oui.

Dernier objet: une loi controversée sur les modalités d'organisation des manifestations sur la voie publique, contre laquelle la gauche a lancé un référendum criant à l'étranglement de la démocratie (la droite ayant beau jeu de prétendre que ce sont les casseurs que la gauche défend). Résultat sans grande surprise: la loi a été approuvée par le peuple (Genève est un canton de droite, vous dis-je). Et la gauche se lance maintenant dans ce qu'elle aurait dû faire tout de suite, en résistant au plaisir émotionnel du référendum: un recours au Tribunal fédéral alléguant que les modalités retenues empiètent sur la liberté constitutionnelle fédérale de manifester (ce qui n'est peut-être pas certain, mais très possible tant des limites abstraites sont délicates). La Cour suprême ne manifeste certes guère d'états d'âme à casser des votations cantonales, mais agir comme cela vous donne un petit air de mauvais perdant inopportun. Et si la loi approuvée par le peuple est effectivement annulée, mais avec un arrêt précisant jusqu'où le législateur peut aller dans l'encadrement "général et abstrait", c'est la gauche qui retournera le compliment de mauvais joueur à la droite si elle veut revoir sa copie comme ce serait légitime...

Notes

[1] Merci à l'ami Martin!

lundi 27 février 2012

Samsung Galaxy Note: l'organiseur parfait

ComparaisonsLa tablette téléphone qui tient dans la poche

Depuis le début de l'année, j'ai un nouveau portable Android: le surdimensionné Samsung Galaxy Note. Si l'on est à la recherche d'un téléphone portable, ce beau galet de la taille d'une plaque de chocolat dont on a mangé une rangée de carrés n'est peut-être par un choix évident... Il se glisse pourtant dans n'importe quelle poche et tient facilement dans la main (s'il est vrai qu'on ne peut guère l'utiliser d'une seule main -- mais tous les smartphones s'utilisent souvent des deux mains). Entre le smartphone traditionnel et la tablette, c'est le précurseur mutant d'une nouvelle catégorie qu'en anglais on nomme déjà phablet.

Dès que je l'ai vu, j'ai su que c'était ce qu'il me fallait, la concrétisation de tout ce que j'attends de l'assistant numérique personnel[1] que j'ai sur moi du réveil au coucher depuis son apparition à la fin des années 90.

C'était alors un Palm 5000 de US Robotics, un outil que l'on synchronisait avec son ordinateur[2] une ou plusieurs fois par jour pour disposer de quelques fonctions essentielles toujours à jour: carnet d'adresses (fini les doublons scribouillés), agenda (fini les reports d'anniversaires), mémos (j'en ai rapidement fait un usage extensif) et (mais je n'ai jamais été un utilisateur assidu) listes de choses à faire. Comme aujourd'hui avec les applications à télécharger sur les smartphones (même si c'était moins convivial), on pouvait y ajouter d'autres fonctions: avec Plucker/JPluck j'avais l'équivalent d'un agrégateur de flux (plus tard avec Vagablog[3] j'ai pu bloguer en déplacement).

Je n'avais pas alors de téléphone portable mais il m'est rapidement apparu que la fusion des deux objets s'imposait. Elle a pourtant pris du temps, et j'ai fini par craquer pour un accessoire qui se greffait (façon de parler: il le faisait pratiquement doubler de volume) sur le Palm Vx, avant le Treo 180 qui a réalisé ce que l'on n'appelait pas encore un smartphone, puis le Treo 600 auquel s'ajoutait une caméra.

Palm déclinant, je suis tout naturellement passé ensuite à Android. Et je n'avais rien à redire au HTC Desire qui avait pris le relais de mon G1 jusqu'à ce que je voie le Samsung Galaxy Note (et lise cet article): depuis je regarde avec une certaine commisération ces simples smartphones qui, comme l'iPhone, me paraissent soudain miniatures et dépassés tant tout est plus beau, plus rapide, et plus facile sur un écran plus grand. Qui s'y substitue intégralement au lieu de s'y ajouter comme le ferait une tablette à l'usage plus occasionnel[4].

Je continue de n'utiliser mon portable que marginalement comme téléphone, donc pour la conversation orale[5] et l'échange de SMS.

L'essentiel pour moi c'est de pouvoir, loin de l'ordinateur[6], traiter le courriel, lire blogs, journaux et autres sites via NewsRob ou d'autres articles mis de côté sur ReadItLater, envoyer sur Delicious (voir le widget en haut à gauche sur ce blog) ce que je souhaite partager[7], suivre Google+[8] (mon flux est ici), utiliser mes mémos (j'en ai près de 400)[9]. C'est aussi de lire et valider les commentaires sur des sites Wordpress ou de travailler sur des documents Google Docs, via les applications dédiées.

Mais surtout la taille de l'écran du Samsung Galaxy Note permet vraiment d'éviter toute limitation de fonctionnalités en travaillant dans le navigateur web en affichage normal (desktop)[10].

Et je ne parle même pas ici, parce que je n'en fais pas encore véritablement usage, d'une autre excellente fonctionnalité réminiscente du Palm: le Samsung Galaxy Note remet à l'honneur le stylet qui permet d'écrire ou de dessiner (annoter un plan puis envoyer tout simplement la copie d'écran, par exemple)...

Notes

[1] En anglais PDA, personal digital assistant que les linguistes francophones ont assez heureusement traduit par "organiseur".

[2] Ou ses: dans mon cas bureau et domicile.

[3] Qui semble ne plus exister.

[4] Je continuerai d'emporter ma tablette Notion Ink Adam en vacances pour son écran Pixel Qi qui permet de l'utiliser en plein soleil; mais si je la prenais souvent en déplacement comme complément du portable, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Sinon, la différence entre une tablette et le Samsung Galaxy Note me paraît être le caractère personnel, individuel, de ce dernier, alors que la tablette est idéale pour montrer quelque chose à autrui.

[5] D'autant que le chat vidéo gratuit est possible via Google Talk ou Skype...

[6] Et parfois plus commodément, grâce à des fonctionnalités d'applications qui n'ont pas leur équivalent en version web.

[7] Puisqu'hélas Google Reader n'assure plus cette prestation.

[8] Il y a encore un problème pour partager convenablement des articles sur G+ depuis le portable (c'est le texte brut du lien qui s'affiche au lieu d'un titre, d'une vignette et du début du texte; de surcroît je ne peux pas écrire de complément sur le post), je dois donc le faire ultérieurement sur l'ordinateur (en reprenant Delicious). Je ne doute pas que Google finisse par rectifier cela - ou si quelqu'un a une solution qui m'échappe je suis volontiers preneur!

[9] J'utilise Upvise comme application sur laquelle j'ai pu transférer tous les mémos que j'avais sur Palm -- certains doivent être d'origine!

[10] J'expérimente encore, j'en ai cinq sur mon appareil, celui que j'utilise le plus souvent est xScope mais quand j'aurai reçu la mise à jour vers Android 3 (Ice Cream Sandwich) je risque bien de passer à Chrome; Firefox est le seul qui permet, sur certains sites, d'activer le mode impression et de créer un fichier PDF que je peux ensuite envoyer par mail ou partager sur Google Docs...

jeudi 29 décembre 2011

Pour les Britanniques, les Etats-Unis plutôt que la Suisse!

Le Royaume-Uni comme 51e, 52e, 53e et 54e Etats des Etats-Unis

L'un des chroniqueurs du Times de Londres (£), David Aaronovitch, jusqu'à présent pro-européen convaincu mais bien obligé de prendre acte des réalités, rejette avec effroi la voie norvégienne ou suisse:

When I listened to certain excitable Conservative MPs recently proclaim the virtues of Norwegian separateness and Swiss neutrality, I felt a chill. Norway has assets we lack, and even so is forced pretty much to do as the EU requires it. And perhaps I am being petty here, but Switzerland’s contribution to fighting tyranny in the past 100 years is something less than I aspire to.

Il offre alors une variation bien troussée sur un thème connu: l'adhésion aux Etats-Unis, ici des quatre entités du Royaume-Uni. Le Pays de Galles, à la population équivalente à l'Iowa, serait le Dragon State. L'Ecosse, d'une taille identique au Colorado, aurait mieux que l'indépendance, son gouverneur, Alex Salmond, et deux sénateurs à Washington. Un Etat d'Irlande du Nord (comparable au Nebraska) mettrait fin à la crainte d'une réunification de l'île pour les protestants tout en réalisant le rêve secret de tout Irlandais de devenir Américain. Et l'Angleterre aurait enfin son Etat à elle, et ce serait le plus important de l'Union (la Californie + l'Ohio)...

Billet publié originellement sur Google+

dimanche 27 novembre 2011

Votations genevoises

Une initiative refusée, une loi contestée approuvée, trois lois fiscales ratifiées par le peuple

Dernière modification: lundi 29 à 12h25

Clôture du scrutin à midi après trois semaines de vote postal, électronique ou, le dernier jour, à l'urne, résultats connus en début d'après-midi: voici donc la traditionnelle galerie d'affiches de campagne[1] avec une brève présentation des objets et enjeux du scrutin. Voir aussi le site officiel, avec la brochure diffusée à toutes les personnes ayant le droit de vote, ainsi que les résultats.

Les cinq questions posées dans la République et canton de Genève avaient trait à:

  • trois modifications de lois fiscales (obligatoirement soumises au vote populaire);
  • une refonte de la loi sur l'assistance sociale individuelle, dont la promulgation après le vote par le parlement cantonal a été suspendue par une demande de référendum de la gauche (qui a réuni les 7'000 signatures d'électrices et d'électeurs requises dans le délai imparti de 40 jours);
  • une initiative populaire (10'000 signatures) d'extrême gauche demandant l'inscription dans la Constitution cantonale du droit à un salaire minimum (à concrétiser par la suite).

Taxes

Le passage obligatoire par le scrutin populaire dispense les partis ou groupes d'opinion de l'effort de devoir le provoquer tout en permettant occasionnellement de faire rejeter une loi (outre l'effet en quelque sorte préventif, de surmoi, et le redoublement de précautions qu'il induit pour éviter d'irriter le citoyen-contribuable). Cela ne s'est pas produit cette fois-ci, même si les partis populistes (UDC et MCG) ont tenté de se gagner les bonnes grâces des propriétaires de chien, et si la gauche a tenté de maintenir une taxe sur les loteries et tombolas dont le produit a une affectation sociale obligatoire - comme s'il n'y avait pas un jeu de vases communicants entre cette modeste recette et le budget général.

Politique sociale

La loi sur l'assistance sociale individuelle, qui représente le volet cantonal subsidiaire de la politique sociale là ou les grandes assurances sociales établies sur le plan fédéral de s'appliquent pas ou plus (épuisement du droit à l'indemnité de chômage p.ex.) ou ne sont pas suffisantes, était contestée par la gauche en raison de la suppression d'un symbole: la version locale du RMI à la française, cette allocation sans limite de temps et liée à une contre-prestation plus ou moins théorique ou artificielle, qui est un palliatif très critiquable d'action sociale.

La tâche des opposants était rendue difficile par le fait que la loi proposée n'est nullement un outil de démantèlement de la protection sociale au service d'économies budgétaires. C'est indubitablement une loi sociale progressiste et coûteuse, qui représente simplement une orientation conceptuelle et pratique différente de celle que la gauche préconisait. Du moins alors que ce n'est pas un membre du gouvernement issu de ses rangs qui pilote le dossier: cela aurait alors pu changer tant l'approbation des députés de droite pour le projet que la compréhension de la gauche pour le pragmatisme social... On touche là à une des limites de la "démocratie de concordance" à la suisse contraignant des partis concurrents à une coalition informelle dans un exécutif collégial, mais aussi à cette "triangulation" constante qui requiert de jouer souvent à contre-emploi.

Salaire minimum légal

Le dernier objet est une escarmouche préliminaire et locale sur objet qui va occuper toute la Suisse dans les années qui viennent (le débat existe aussi en Allemagne): la décision de rejoindre ou non les pays dont les autorités fixent un salaire minimum, à l'image du Smic en France, du minimum wage introduit au Royaume-Uni par le gouvernement de Tony Blair (et conservé par Cameron) ou de l'équivalent américain - et selon quelles modalités: un minimum vraiment bas, selon le modèle anglo-saxon (£6.08/heure actuellement au Royaume-Uni pour les travailleurs de 21 ans et plus, soit quelque 8.75 CHF ou 7.10 €), qui donne un bon résultat socio-économique? Le modèle français (9,19 €/heure dès le 1.1.2012), aux effets plus contestables? Ou la confusion entretenue plus ou moins inconsciemment en Suisse par une partie de la gauche et des syndicats entre la notion de salaire minimum légal et celle de revenu minimum souhaitable: ils articulent un montant de 4'000 CHF par mois, soit quelque 3'300 € au cours de 1.20 CHF ou 2'600 € si l'on prend le cours historique de 1.50 CHF.

Les syndicats suisses, qui étaient historiquement très attachés à l'autonomie des négociations entre ce que l'on appelle en Suisses les "partenaires sociaux" (organisations d'employeurs et de travailleurs), ont considérablement évolué sous l'influence de la mondialisation, du changement des générations, de la prise de responsabilités par des militants issus de l'extrême gauche comme aussi du durcissement des conceptions en la matière dans la gauche traditionnelle. Ils ont lancé leur propre initiative populaire fédérale dans ce sens. Des initiatives cantonales font partie d'une stratégie de préparation du terrain: cela a échoué à Genève (sans doute aussi parce que l'absurdité de ce "socialisme dans un seul canton" totalement internationalisé et quasiment enclavé en France y était particulièrement flagrante), mais a réussi dans le canton de Neuchâtel qui votait également aujourd'hui sur une proposition identique.

Notes

[1] Dont je suis une fois de plus redevable à l'ami Martin, merci!

samedi 12 novembre 2011

Quel Etat européen pour succéder à l’Eurozone? Rêvons un peu...

L'Europe des régions peut réussir là où l'assemblage UE - Eurozone échoue

Au point où on en est de la triple crise (crise financière, crise de la dette publique européenne et de l’euro, crise économique), les fantasmes les plus fous paraissent possibles. Le départ de certains pays de la zone euro, la Françallemagne ou le meltdown complet ne sont soudain plus invraisemblables.

En même temps on doit bien se rendre compte que le duovirat Merkozy, le diktat des deux plus importants Etats de l’UE, même édulcoré au travers du Groupe de Francfort, n’est tenable que de manière passagère, en période de crise. S’il faut revoir radicalement la construction européenne pour éviter qu'elle s'écroule, alors il faut aller jusqu’au bout: dépasser, dissoudre les Etats-nations qui ont fait la perte de l’Union européenne pour réussir, au travers d’Etats régionaux qui assumeront toutes les compétences non déléguées à l’Union, les Etats-Unis d’Europe prophétisés par Victor Hugo et conceptualisés notamment par Denis de Rougemont.

Si un noyau dur doit se constituer autour de la France et de l’Allemagne avec certainement le Benelux (l’expression existe-t-elle encore?), sans doute l’Autriche et quelques autres (et même après tout l’Italie et la péninsule ibérique), il me semble essentiel de supprimer un niveau intermédiaire de bureaucratie, de revoir les équilibres (résolvant au passage des problèmes tel que celui de la Belgique) et d’éviter de retrouver les conflits d'orgueils nationaux: Merkel et Sarkozy en sont-ils capables, telle est la vraie question. Personnellement je pense que oui, ils sont tous les deux modernes et pragmatiques.

Je verrais bien une période transitoire après la mise en place du nouvel Etat par adoption d’une Constitution en référendum, à la majorité de l’électorat européen - constitué par les populations des Etats dont les autorités nationales auront pris l’ultime décision: participer au vote et s'effacer en cas de "oui". La Constitution européenne devrait prévoir trois ans pour conduire, dans les régions et à partir d’un schéma initial que n’importe quel technocrate peut produire en 24 heures mais qui n’a aucune légitimité, un processus itératif au terme duquel, par des référendums locaux, le nombre et les contours de ces nouvelles entités seront déterminés. En particulier, l’essentiel des frontières actuelles doivent être effacées par des régions transfrontalières.

Au demeurant, la Constitution devra garantir que l’Europe post-1989 et post-2008 n’entend pas tourner le dos à l’économie de marché et au libre échange qui sont liés à la démocratie, à la protection sociale, à la prospérité et à la paix: non seulement avec le second cercle des pays européens voisins, mais aussi avec le reste du monde.

lundi 24 octobre 2011

Référendum sur l'UE: l'objet et la question

Comment un pays peut-il ou doit-il organiser un référendum? Le problème ne se pose pas que pour le Royaume-Uni

Atmosphère des grands jours à la Chambre des Communes: on y débat de 16h30 à 22h d'une motion réclamant un référendum sur la participation britannique à l'UE, qui sera massivement rejetée. L'actualité veut que ce point soit précédé à 15h30 du traditionnel (dans le Parlement britannique, tout au moins!) compte-rendu du Sommet européen, y compris un bref débat. Il n'y a aucun suspense sur le résultat, le gouvernement comme l'opposition ayant décidé qu'un vote favorable serait un acte d'indiscipline, mais le débat devrait être riche et, côté conservateurs, c'est un test de l'autorité du premier ministre et de la division du parti.

Cette motion relève d'une catégorie particulière d'objets parlementaires: ce n'est une proposition ni du gouvernement ni de l'opposition, ce n'est pas non plus le fruit du travail d'une commission. Elle émane de députés de base et s'est vue allouer une case dans l'ordre du jour à la suite d'une institution informelle qui remonte déjà au gouvernement de Tony Blair: la possibilité de présenter, via le portail Internet du gouvernement, une "pétition électronique", ouverte ensuite à l'adhésion des internautes. C'était au départ une forme de sondage pour faire émerger les questions qui préoccupent l'opinion[1], il a fallu que Cameron surenchérisse et décide que toutes celles qui recueilleraient plus de 100'000 signatures seraient transmises au Parlement pour être considérées dignes d'un débat: ainsi en a-t-il été de la pétition réclamant un référendum sur l'UE.

La motion destinée à lui donner suite, proposée par des députés conservateurs mais aussi travaillistes, a la teneur suivante:

NATIONAL REFERENDUM ON THE EUROPEAN UNION

That this House calls upon the Government to introduce a Bill in the next session of Parliament to provide for the holding of a national referendum on whether the United Kingdom should
a. remain a member of the European Union on the current terms;
b. leave the European Union; or
c. re-negotiate the terms of its membership in order to create a new relationship based on trade and co-operation.

L'opposition du gouvernement est fondée à la fois sur des raisons d'autorité (et de pacification au sein de la coalition, les libéraux-démocrates de Nick Clegg étant eux essentiellement europhiles; les deux partis sont convenus qu'il n'y aurait pas de vague pendant la durée de la législature), des raisons de pure opportunité (vraiment pas le moment avec la triple crise de l'euro, de la dette publique et de la situation économique) et des raisons de fond: quitter l'UE n'est pas une option acceptable et un mandat de renégociation unilatéral non plus; le gouvernement s'est en revanche engagé à faire adopter une loi soumettant par avance tout futur transfert de compétence à un référendum et cela doit suffire. Et Cameron soulignera qu'en sens inverse il compte bien utiliser les ajustements et réformes des traités qui se préparent pour des transferts dans l'autre sens: obtenir que les Etats (ou en tout cas le Royaume-Uni) récupèrent des compétences précédemment transférées aux organes de l'UE.

Du point de vue du juriste suisse, habitué de surcroît à la démocratie directe, ce que les médias britanniques présentent comme un référendum en trois questions ressemble bien davantage au vote sur une proposition (quitter l'UE: oui/non) et un contreprojet (renégocier: oui/non)[2]: le maintien du statu quo quant à lui n'est pas tant une question distincte que le résultat d'un rejet tant de la proposition que du contreprojet. Cette forme de vote est celle qui s'applique en Suisse à une initiative populaire (la proposition principale) que le Parlement a décidé non d'accepter (ce qui est évidemment paradoxal car alors pourquoi la proposition n'émane-t-elle pas directement du Parlement?[3]), non de combattre sèchement, mais de lui opposer un projet de son crû en invitant le peuple à se déterminer.

Pendant longtemps, ce type de votation populaire restait critiquable car le statu quo était favorisé ou le résultat insatisfaisant: soit l'électeur avait l'interdiction de voter deux fois oui (ce qui divisait les partisans du changement) soit, régime alors appliqué dans certains cantons, il était autorisé et si les deux objets étaient approuvés c'était celui qui avait le plus de oui qui entrait en vigueur, mais cela pose aussi un problème de logique et d'équité. Jusqu'à ce qu'un des rares cas ou une démonstration purement scientifique a convaincu les politiciens, les médias et l'opinion et qu'une nouvelle procédure soit introduite (par votation populaire, en 1987, évidemment) tant au niveau national que dans les cantons: les frères Haab, l'un mathématicien et l'autre juriste, ont montré dans des travaux universitaires qu'il était préférable d'ajouter une question subsidiaire, ce qui permet l'expression la plus complète et la plus fidèle de l'opinion de l'électeur individuel comme de l'électorat dans son ensemble. En l'occurrence cela donnerait:

1. Voulez-vous quitter l'UE? oui / non
2. Voulez-vous renégocier le statut de membre de l'UE du Royaume Uni? oui / non
3. Au cas où les deux propositions sont adoptées, laquelle préférez-vous: 1 / 2

  • L'Europhile votera non, non et, pour le cas où son point de vue ne l'emporterait pas, il choisira pour la question subsidiaire ce qui lui paraîtra le moindre mal: 2[4]
  • L'Europhobe votera oui, non et 1
  • L'Eurosceptique pragmatique votera non, oui et 2

Mais ce à quoi je veux surtout en venir, c'est qu'il faut cesser d'improviser une procédure de manière opportuniste, en décidant dans le feu de l'action de tenir un référendum ou non, et d'en déterminer les modalités au cas par cas. A cet égard la loi décidée par la coalition va dans le bon sens mais laisse encore ouverte la possibilité qu'une révision d'un traité ne soit pas soumise au peuple non parce qu'elle serait purement formelle ou procédurale mais parce qu'on craint le rejet[5]. C'est dans le traité européen lui-même que les Etats membres devraient convenir de soumettre toute révision au référendum, le même jour dans toute l'Union, la révision n'entrant en vigueur que si tous les Etats membres l'approuvent.

Notes

[1] Et évidemment montrer que les politiciens sont à l'écoute, mais il y a aussi une perspective moins cynique: montrer au gouvernement sur quels points il doit renforcer soit son action soit au moins sa communication.

[2] Ou l'inverse, après tout: proposition principale, renégocier, contreprojet, quitter l'UE.

[3] Le cas s'est produit pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU, après que le peuple a refusé une première tentative.

[4] Mais il peut aussi préférer la politique du pire, ou alors pousser l'abnégation jusqu'à vouloir éviter une telle complication à l'UE, et choisir 1!

[5] Il est aussi délicat et dangereux de devoir interpréter le contenu d'une modification: je vois d'ici un gouvernement estimer que tel révision du traité n'a pas à être soumise au référendum car les avantages (les compétences éventuellement récupérées) l'emportent sur les inconvénients....

dimanche 23 octobre 2011

Mort de dictateurs

Sans doute les belles âmes auraient-elles préféré que Kadhafi meure de vieillesse, surveillé à grands frais et oublié de tous dans un pénitencier tel Rudolf Hess à Spandau. Les mêmes qui revendiquent un procès n'ont pourtant que mépris pour celui, pourtant bien réel, qui a condamné Saddam Hussein à être pendu. S'il y a une échelle dans l'indignité, je trouve pour ma part que le lynchage spontané par une foule violente du tyran libyen stoppé dans sa fuite est préférable à l'exécution de sang froid (commandée par les uns dans une parodie de procès, exécutée sans délai par d'autres) du génie des Carpates, le roumain Ceaucescu. Et je préfère cela aussi à Franco mort dans son lit, comme à l'exil doré des Duvalier et autres Ben Ali.

samedi 22 octobre 2011

Elections fédérales en Suisse

Pays conservateur, la Suisse résiste aussi à la tentation populiste: l'UDC en recul

Aujourd'hui on ne vote pas qu'en Tunisie! Voici la traditionnelle galerie de photos de campagne électorale dans le canton de Genève[1], prétexte à un peu de vulgarisation sur les curiosités institutionnelles de la Suisse, qui ne laissent aucune place au lyrisme des lendemains qui chantent (ou au drame des surlendemains qui déchantent).

Ce que l'on appelle les élections fédérales, c'est avant tout l'élection dans tous les cantons des membres de la Chambre basse: 200 conseillères et conseillers nationaux. C'est aussi, dans la plupart des cantons, l'élection des membres de la Chambre haute (46 conseillères et conseillers aux Etats). Mais alors que les premiers font l'objet d'un scrutin uniforme qui obéit à des règles fédérales, les seconds sont régis par le droit cantonal: ce n'est que progressivement que l'élection populaire (plutôt que la désignation par le parlement cantonal) s'est généralisée, de même que la simultanéité avec le scrutin pour le Conseil national. Un seul canton fait bande à part, pour élire son unique conseiller aux Etats lors de l'assemblée des électrices et électeurs, connue sous le nom de Landsgemeinde, qui se tient au printemps); deux cantons pratiquent le scrutin proportionnel de liste pour élire leurs deux députés[2], dix-huit cantons le scrutin majoritaire à deux tours, mais avec des règles différentes pour l'élection dès le premier tour ou l'accès au second, et six cantons n'élisent, pour des raisons historiques, qu'un député. Les deux Chambres, strictement égales en droit et en compétences (ce n'est pas le cas en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, et encore moins au Royaume-Uni), forment l'Assemblée fédérale qui siège en un seul corps pour l'élection des membres du gouvernement fédéral et des magistrats du pouvoir judiciaire fédéral[3].

Par rapport aux autres démocraties, il y a toutefois deux particularités sur lesquelles je voudrais insister:

  • Ces élections ne sont pas très importantes pour la vie politique. La Suisse n'est pas un régime parlementaire, reposant sur l'existence d'une majorité, qui forme le gouvernement, et d'une opposition, qui aspire à devenir majoritaire. Elle est beaucoup plus proche du système présidentiel de stricte séparation de l'exécutif et du législatif, condamnés à s'entendre, avec un élément supplémentaire: la démocratie directe, cette épée de Damoclès, cet énorme surmoi qui s'impose aux politiciens du fait que toute loi votée par le Parlement doit être soumise au référendum avant d'entrer en vigueur si 50'000 citoyennes et citoyens le demandent, de même que toute proposition de modification de la Constitution soutenue par 100'000 d'entre eux et, obligatoirement, tout changement constitutionnel (et important traité international) approuvé par le Parlement. De fait, tant le Parlement élu pour quatre ans que les membres du gouverment qu'il (ré)élira début décembre sont en liberté surveillée (et c'est aussi pourquoi les membres du gouvernement ne sont pas élus sur un programme,comme une équipe, mais individuellement: ils seraient bien en peine de l'imposer), toujours à chercher comment ne pas déplaire au peuple, cette Pythie capricieuse...
  • Ces élections sont en réalité 26 scrutins cantonaux. Le Conseil national est théoriquement élu selon le système de la représentation proportionnelle, mais ce principe est largement battu en brèche par le fait qu'il est subordonné à une autre règle: chaque canton forme une circonscription qui élit un nombre de députés proportionnel à sa population (mais au moins un: sans cette règle, trois des six cantons qui n'élisent qu'un conseiller national devraient être absorbés dans une circonscription plus vaste). Ce qui nous donne: six élections au scrutin uninominal à un tour, treize élections à un scrutin proportionnel particulièrement grossier pour élire deux à neuf membres du Conseil national; cinq élections avec une proportionnelle dure aux courants rassemblant moins de 10% de l'électorat cantonal pour 10 à 18 sièges; et deux élections seulement, dans les cantons de Berne (26 sièges) et Zurich (34 sièges), offrant un siège à des listes représentatives de moins de 4% des électrices et électeurs. Cela conduit directement à un autre facteur centripète: les organes fédéraux des partis n'ont pratiquement rien à dire dans la désignation des candidats ou l'orientation de la campagne électorale - le plus centralisé étant selon un paradoxe qui n'est qu'apparent l'UDC soi-disant si attachée aux valeurs traditionnelles du fédéralisme etc. Il n'y a aucune fatalité à cela: le Bundestag allemand fait lui l'objet d'une répartition proportionnelle entre les partis au niveau national, avec un quorum national de 5% prévenant l'émiettement à l'israélienne, et c'est seulement au stade de la désignation des titulaires des sièges[4] que la répartition entre les Länder intervient; mais la Suisse deviendrait alors une République fédérale...

Une autre particularité non négligeable est le mode de vote à la proportionnelle: contrairement à ce qui se passe en France ou en Allemagne, ce sont les électrices et les électeurs qui ont le dernier mot sur les partis au moment de décider qui, concrètement, sera élu. Car ils ne sont pas obligés de voter pour une liste en bloc (ils peuvent même ne pas choisir un parti, ne votant que pour un ou des candidats individuels). Et cela rend aussi l'expression de la représentation populaire moins carrée ou plus confuse, entre ceux qui votent à la fois pour des candidats de gauche et des candidats de droite et ceux qui ne votent pas pour autant de candidats qu'il y a de sièges de leur canton sans désigner de parti bénéficiaire du solde de leurs suffrages.

Tous ces facteurs se combinent pour ne livrer que des changements incrémentaux à chaque élection, au grand chagrin des commentateurs, bien loin des "tremblements de terre" politiques que l'on peut connaître ailleurs. On glosera donc, dans les cantons, sur les résultats individuels si tel "sortant" est battu par un colistier et, au niveau national, sur des variations de quelques sièges de l'UDC, du PS, des libéraux-radicaux et du PDC, et des deux dissidences que représentent le parti bourgeois démocratique et les Vert'libéraux pour passer sans transition aux combinazione présidant à l'élection des membres du Conseil fédéral: un siège socialiste romand est à repourvoir, l'UDC obtiendra-t-elle le deuxième siège auquel elle aspire, et si oui sera-ce au détriment d'Eveline Widmer-Schlumpf (PBD) ou de Johann Schneider-Ammann (PLR), sinon ira-t-on à l'inverse vers l'exclusion de l'UDC du gouvernement au profit d'un deuxième siège PDC, voire de l'entrée d'un Vert...

Tous les électeurs et électrices ont reçu à domicile, avec les bulletins de vote imprimés par les partis et une liste blanche à compléter, une brochure officielle d'information. Le vote, par correspondance, est en cours depuis plus de deux semaines. Ce matin il est également possible de voter dans des bureaux de vote. Le scrutin est clos à midi, les résultats du Conseil national seront connus dans l'après-midi, de même que les premiers résultats des élections aux Conseil des Etats: voir les résultats pour Genève de l'élection au Conseil national et au Conseil des Etats, et les résultats nationaux officiels.

Sur les affiches genevoises, l'accent est mis sur les candidats locaux, tout simplement, sans grand souci de message politique. L'exception, avec l'extrême gauche et une affiche écologiste, c'est comme d'habitude l'UDC qui se signale par deux affiches fortes[5]. J'ai cette fois tenté d'organiser la série, de l'extrême gauche à l'UDC, avant de terminer par les affiches atypiques: le MCG, parti populiste anti-frontaliers bien implanté mais récent et purement local, un parti "évangélique" qui n'a traditionnellement d'élus qu'à Zurich, un parti tout neuf constitué autour du numérique qui lui aussi n'a guère de chance qu'à Zurich, une liste marginale et les Verts libéraux, parti national né à Zurich à la charnière entre droite et gauche (qui pourrait avoir une petite chance de percer à Genève, tant les Verts sont un parti de gauche traditionnel et la droite du centre mal remise de la fusion entre libéraux et radicaux, mais je n'y crois pas trop). A signaler l'absence, cette année, de listes distinguant les candidatures masculines et féminines[6] mais l'existence de listes jeunes et transfrontalières: cela s'explique par la possibilité d'apparenter les listes, ce qui permet de ratisser plus large tout en regroupant les suffrages pour maximiser l'effet lors de la première répartition; mais les jeunes par exemple ont peu de chance d'avoir un élu.

Affiche Jeunes UDC VDContre-affiche piratePour conclure sur une note plus légère, j'emprunte ces deux affiches vaudoises à l'ami André: on connaissait déjà, de John Kennedy à DSK en passant par Clinton, Mitterrand ou Chirac, le priapisme qui accompagne souvent l'ambition des hommes politiques, mais la relève est assurée. Comme naguère les Jeunes socialistes genevois, les Jeunes UDC vaudois n'hésitent pas à placarder leur obsession pour le sexe.

Je prévoyais de mettre en ligne ce billet à la mi-journée, sans attendre les résultats, mais puisque des raisons matérielles m'en ont empêché autant commenter les premières tendances! Je suis ravi que la résistible ascension de l'UDC se confirme, comme nous étions peu à le prédire: elle perd des suffrages et des sièges. Et oserai-je dire que je suis content que le PLR se maintienne devant le PDC? Cela ôte définitivement un prétexte aux défaitistes prêts à le priver d'un siège au Conseil fédéral pour l'offrir à l'UDC. Moi je suis au contraire partisan de confirmer Eveline Widmer-Schlumpf, dont le nouveau parti issu d'une dissidence démocratique de l'UDC réussit sa percée, quelque part complétée par l'émergence des Verts libéraux entre la gauche et ls droite, et de remplacer l'actuel membre UDC du gouvernement par un second PDC, dotant ainsi le pays d'un gouvernement cohérent (2 PS, 2 PDC, 2 PLR, 1 PDB) susceptible de rassembler des majorités variables tant au Parlement qu'en votation pour faire face aux problèmes de l'heure.

Notes

[1] Merci à mon ami Martin!

[2] Ce qui est plus démocratique: il faut deux tiers des voix pour monopoliser les deux sièges, un courant rassemblant plus d'un tiers des voix est assuré d'un siège.

[3] Dont le Ministère public fait partie.

[4] Une moitié d'entre eux au scrutin majoritaire uninominal, qui dans des cas limite viennent corriger la stricte répartition proportionnelle et augmentent le nombre de députés pour la législature.

[5] Et en réalité il y en a d'autres; cette collection ne regroupe que l'affichage officiel gratuit, une particularité du canton de Genève, mais il existe également à côté un affichage commercial d'image, lui national, utilisé uniquement par l'UDC et le parti libéral-radical qui sont seuls à en avoir les moyens financiers.

[6] Qui avaient pour but d'assurer une certaine parité.

vendredi 21 octobre 2011

Les approximations de «L'Express»

Correspondance croisée PMF - Françoise Giroud - JJSS

Mardi 24, 21h: L'Express me récrit qu'après vérification c'est bien une lettre à PMF... Il faut vraiment que je me procure le bouquin!

Par une alerte Google, j'apprends que L'Express publie une lettre inédite de Jean-Jacques Servan-Schreiber depuis l'Algérie française. Je vais voir, elle est effectivement passionnante. Et elle fait partie d'un volume de correspondance croisée entre Mendès France, Françoise Giroud et JJSS publié par Eric Roussel et que je vais me procurer sans tarder (Laure Adler avait fait allusion à ces échanges dans son Françoise que j'ai lu récemment).

Mais dans la brève présentation qu'en donne Emmanuel Hecht, il y a deux erreurs manifestes:

  • La lettre n'est sûrement pas adressée à PMF (il est question de lui à la troisième personne dans le texte), mais bien plutôt à Françoise Giroud, qui assure la direction de L'Express pendant l'absence de JJ.
  • Hecht conclut par un petit coup de griffe au co-fondateur: il s'exprimerait "en journaliste... plutôt satisfait de son travail!". En réalité dans la lettre JJ dit sa satisfaction à la lecture de L'Express qu'il a reçu: le compliment est entièrement pour Françoise!

J'ai laissé hier un bref commentaire sur le site de L'Express, retenu pour validation, puis remarquant un lien pour la correction des fautes, erreurs et bugs, je répète ma démarche. Quelques heures plus tard mon commentaire était en ligne, et ce matin je reçois un courriel: "Nous allons vérifier l'information que vous nous avez communiquée et corriger notre erreur le cas échéant". Depuis mon commentaire n'est plus en ligne, mais l'erreur n'est toujours pas rectifiée. Se trouverait-elle (déjà) dans la version papier? Et l'ennui c'est qu'Emmanuel Hecht n'est pas un quelconque stagiaire mais le rédacteur en chef Livres, ancien de Sciences Po Paris et de ma génération (Google est mon ami), donc inexcusable de commettre deux bourdes pareilles...

Billet d'abord posté sur Google+: j'espère qu'il y aura bientôt un outil permettant de faciliter ce genre de croisement!

jeudi 20 octobre 2011

Extirper l'homophobie?

Laissé ce commentaire sous un post Google+, après lecture de l'article qui était signalé sur un accord entre le groupe rap Sexion d'assaut et des associations LGBT françaises:

Intéressant, mais ça me laisse assez ambivalent: d'un côté une victoire méritée qui pousse ses revendications de manière jusqu'auboutiste (retirer même des CD qui n'ont plus qu'une vente résiduelle, et même apparemment faire effacer ce qui a été téléchargé illégalement - mieux qu'HADOPI!); de l'autre les commentaires sont assez terrifiants: ce n'est pas assez, seul le suicide, ou l'autocritique type Révolution culturelle maoiste, suivi du travail aux champs pendant quelques années, serait assez bon pour eux!


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      Media organisations win a High Court battle over police orders to relinquish film of the evictions from the Essex traveller site.
    • Statins 'benefit healthy people'
      Thousands of heart attacks and strokes could be prevented if the cholesterol-lowering drugs, statins, were more widely prescribed, research suggests.
    • PM: UK my priority in euro crisis
      David Cameron is expected to say it is his job to keep the UK safe whatever the fate of the eurozone.
    • Olympic flame to be handed over
      The Olympic flame is to be officially handed over to organisers of the London Games at a ceremony in Athens.
    • Fees rise 'didn't boost teaching'
      Higher university tuition fees have not boosted teaching time at England's universities, research suggests.
    • UK housing market 'needs fixing'
      Housing groups warn that problems in Britain's housing market are not being fixed, on the day that figures on new house building are due.
    • Spanish queen cancels UK visit
      Spain's Queen Sofia cancels a visit to the UK for the Diamond Jubilee following disputes with London over the territory of Gibraltar.

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