Un swissroll

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Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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lundi 18 août 2008

«Il se trouve toujours des commentateurs pour défendre le droit du plus fort»

Màj 20.08, 0h59 - Billet revu et augmenté le 20.08 à 0h45

Une litanie de précédents remontant à Louis XIV à l'appui, l'ami Sardanapale résume brillamment une attitude courante à propos de l'agression russe contre la Géorgie. Ne manquez pas de lire le billet, qui reprend et éclaire les événements qui ont conduit à cette guerre, puis au bras-de-fer actuel autour de l'armistice négociée entre les deux parties par l'Union européenne sous l'égide du président en exercice du Conseil européen, Nicolas Sarkozy; lire aussi BHL! On doit aussi rappeler la décision de l'OTAN, sous l'influence franco-allemande, de rechercher l'apaisement de Moscou sur l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie: un acte de faiblesse qui n'a pu qu'encourager Poutine.

"L'esprit munichois"[1] est une faiblesse des démocraties toujours à combattre et surmonter. Cet effort sur soi-même n'est pas un affrontement naïf entre réalisme et idéalisme, mais la difficulté de la démocratie à penser son intérêt collectif et à long terme (qui est évidemment d'aider les jeunes démocraties, d'aider les peuples à se libérer des dictatures), tant elle est tout naturellement conduite à privilégier l'intérêt à court terme, et vécu par les individus.

La "médiation Sarkozy" illustre de manière criante une spécificité de l'Union européenne: elle intervient dans cette affaire alors qu'elle est culturellement, socio-politiquement, incapable, encore pour longtemps, d'exprimer, en politique internationale, une position propre, commune, supranationale -- bref qui soit autre chose que la ligne de moindre résistance entre ses membres, partagés entre leurs visions nationales: celle de la Pologne et des pays baltes ou de la Grande-Bretagne[2] n'est pas celle de l'Allemagne et de la France[3]. Que ce soit le président français qui l'incarne en ce moment lui donne certes une coloration particulière, mais il ne faut pas se leurrer: ce serait aussi le cas avec un président "permanent" (pour 5 semestres), assisté par un service diplomatique babélique: loin d'être l'expression d'une Europe-puissance, cette UE est condamnée à être une grosse Suisse dans ce que sa neutralité, même active, a pu avoir de plus caricatural. Dans The Times, Gerard Baker[4] appuie là où ça fait mal:

Georgia: Europe wins a gold medal for defeatism

Dans un récit du séjour de 12 apprentis eurocrates en Géorgie, je trouve fascinant ce mouvement de recul impuissant devant la réalité de la force: "Espérons que, face à des comportements guerriers venus d’autres siècles, l’Union Européenne saura, dans un futur très proche, proposer une alternative crédible à la seule force armée".

Et je termine, avec une question: et l'OSCE (l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, née des Accords d'Helsinki) dans tout ça? C'est probablement par son intermédiaire que des troupes russes se trouvaient curieusement garantes de la paix en Ossétie du sud et en Abkazie, ce qui évidemment ne la signale pas pour sa lucidité et sa compétence. Et conduit en fin de compte à souligner le rôle irremplaçable et fondamentalement pacifique dans le bon sens du terme d'une autre organisation: celle du Traité de l'Atlantique Nord, l'OTAN.

Notes

[1] De même que toutes les révolutions sont condamnées à se mesurer en référence à la Révolution française, les circonstances de la deuxième guerre mondiale puis de la guerre froide sont la matrice d'analyse inévitable de ce type de conflit. Un autre terme de cette époque qui paraît destiné à reprendre du service est celui de "finlandisation" pour qualifier ce qui est attendu de la Géorgie: comme le neutralisme à l'autrichienne, il illustrait une sorte de doctrine de la "souveraineté limitée" décrétée par Moscou sur ses confins.

[2] Elle reste celle qu'aurait éloquemment illustrée Tony Blair s'il était toujours aux affaires, même si on ne l'a pas entendue sur le moment.

[3] Merkel déçoit ici plus encore que Sarkozy.

[4] Qui n'est à ma connaissance nullement anti-européen, comme l'en accuse un commentateur ci-dessous.

dimanche 17 août 2008

Qui l'a écrit?

Salut marin, bon vent à toi
Tu as fait ta malle
Tu as mis les voiles
Je sais que tu ne reviendras pas
On dit que le vent des étoiles
Est plus salé qu'un alizé
Plus entêtant qu'un mistral
Au revoir marin, tu vas manquer
Tes yeux bleus, ton air d'amiral

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mardi 12 août 2008

Chaîne de Saint-Antoine

C'est bien sûr un de ces petits jeux idiots entre blogueurs. Mais j'aime bien Antoine B. d'Optimum, et je n'avais déjà pas relevé son précédent défi[1] (j'espérais qu'il n'aurait pas remarqué...). Et surtout celui d'aujourd'hui est plus facile.

Je suis donc sommé de vous proposer le texte des lignes 6 à 10 de la page 123 d'un ouvrage de mon choix. En anglais, ça ira aussi? Rien trouvé d'adéquat dans les quelques livres en français que j'ai à Londres, et je ne serai à Genève que la semaine prochaine. Bref, voici:

admirals, like the rest of the British party, were
condemned to wait in line in the annexe with towels
hanging from their arms or submitting to the
babushka and her sponge in the garden. For a period
of time that seemed to threaten imminent drowning,

C'est extrait de Churchill's Triumph un roman sur la négociation de Yalta en Crimée, début 1945, entre un Staline au faîte de sa puissance, un Roosevelt pressé par le temps et un Churchill accablé par sa responsabilité, par l'auteur de politique-fiction Michel Dobbs. La scène décrit Churchill dans son bain, mais le livre est évidemment beaucoup plus que cela!

Bon, maintenant il me reste à désigner une nouvelle victime... Je choisis l'ami KoZ, ne serait-ce que parce que je parais barré par le filtre anti-spams tant sur son blog que par courriel: avec un peu de chance il verra ou on lui signalera au moins ce billet!

Notes

[1] Ce n'est pas faute d'avoir essayé, bien que je ne l'aie découvert qu'avec quelques jours de retard -- dorénavant l'agrégateur m'a placé devant mes responsabilités le jour même; mais après un départ tonitruant j'étais bien en peine de compléter ma liste. Je vais donc enfin pouvoir alléger ma conscience et mon serveur de ce billet hors ligne du 12 mars!

samedi 9 août 2008

Sil sur Siné

J'ai pris connaissance de l'affaire Siné en lisant d'abord le fameux éditorial de Val du 30 juillet 2008. J'ai vibré (sérieusement) devant l'énoncé de l'accord tacite qui prévaut à Charlie: "nos satires, nos critiques, nos attaques concernent toujours des individus pour ce qu'ils font et jamais pour ce qu'ils sont." J'ai aussi savouré la diatribe contre la nostalgie d'une "liberté de proférer des insultes machistes, antisémites et homophobes" (...) Une forme molle de fascisme, qui ne veut pas rendre compte de sa violence aux victimes de sa violence."

Puis j'ai lu le texte incriminé de Siné, qui est écrit par quelqu'un qui a proclamé au moins une fois être antisémite. Mais si on tombe sur ce texte sans savoir qui l'a écrit, on ne peut pas le taxer d'être en lui-même porteur ou connotateur d'antisémitisme[1]. Tout le monde a fait le test: on pouvait remplacer judaïsme par protestantisme, islam ou scientologie, il s'agissait uniquement de dire du mal d'un homme politique en vue parce que fils-de en lui attribuant une mentalité détestable en général et arriviste en particulier[2].

Tout cela a déjà été dit. J'ai parcouru bien des blogs. Il était évidemment gênant de retrouver les commentateurs réacs et haineux (je veux croire que ce n'est pas une tautologie) parmi les défenseurs de la liberté d'expression et autres pourfendeurs du politiquement correct. D'autant plus que, en l'occurrence, l'enjeu se situe moins du côté de la liberté d'expression, que du côté de l'interprétation d'un texte et de la distinction entre ce qui est dit et celui qui le dit.

Et voici qu'hier je suis tombé sur cet article du SIL sur son blog Républicoin (via eXtrême centre). C'est vraiment l'article que je souhaitais désespérément lire sur le sujet, qui fait la synthèse de tout ce que je pensais plus ou moins confusément. Son extrême (et impressionnante) longueur et la profusion des réflexions pertinentes en font un long feu d'artifice[3].

Notes

[1] Complément de François à 19h15: Personnellement je ne partage pas ce sentiment: le fait de lier judéité et appât du gain, qu'on le veuille ou non, évoque trop un préjugé antisémite pour être innocent. On doit donc l'éviter (alors que cela ne pose pas de problème vis-à-vis d'un protestant etc.) et il y suffisamment d'autres manière de dire des choses désagréables sur Sarko fils. Pour actualiser une formule de Norman Geras qui m'avait frappée sur le sujet: on peut dessiner McCain sous des traits simiesques, mais pas Obama car cela renverrait qu'on le veuille ou non à la conception raciste faisant des Noirs les inférieurs des Blancs. Cela dit, je me retrouve aussi dans cet article du SIL car je trouvais que de part et d'autre on délirait pas mal.

[2] Qu'il s'agisse d'une accusation gratuite ou d'un fait avéré ne change rien, le test fonctionne pareillement.

[3] Pour terminer par une comparaison de saison - puisque ce soir a lieu le réputé spectacle pyromélodique (voir ce clip d'Athos99) qui clôt les Fêtes de Genève, l'exposition annuelle de tableaux de feu si chers (polysémie!) aux Genevois et à leurs clients hôtes. Avec une profusion d'héritiers dans les hôtels étoilés et sur les quais: les candidatures à la conversion ne doivent pas manquer!

mercredi 6 août 2008

Armes et corruption, de part et d'autre de la Manche

On s'approche donc d'un non-lieu général dans l'affaire dite des "frégates de Taïwan": la vente de navires militaires par le groupe français Thomson-CSF (devenu depuis Thalès) pour un montant de 2,8 milliards de dollars, dans laquelle on suspecte des pots-de-vin non seulement pour convaincre l'acquéreur, mais également en France même, pour lever les oppositions à un contrat politiquement sensible. C'est l'exécutif qui, en refusant la levée du secret-défense qui recouvre une partie de cette affaire, empêche le pouvoir judiciaire d'arriver à une autre solution.

Au Royaume-Uni, une autre affaire de corruption qui a fait des vagues, pour une vente d'armes à l'Arabie séoudite par le groupe BAE, portant, depuis 1985, sur 43 milliards de livres, vient également de trouver son dénouement. Le Monde avait rendu compte en détail des étapes précédentes: l'enquête menée par le Serious Fraud Office pour des soupçons de pots-de-vin versés au prince Bandar, les menaces de l'Arabie séoudite irritée, la décision de mettre fin prématurément à l'enquête, la plainte en justice d'ONGs indignées (comme l'opposition, la presse ou l'OCDE), et le jugement sévère de la High Court (2 juges) qui a condamné "Tony Blair". Mais, en appel, une Cour de 5 Law Lords a rendu son verdict le 30 juillet: à l'unanimité, elle a cassé le premier jugement, reconnaissant que le SFO avait agi de lui-même (et non sur ordre du gouvernement), dans son rôle et, surtout, sans violer le code anti-corruption de l'OCDE, en décidant de ne pas poursuivre l'enquête compte tenu des risques réels que cela entraînerait[1]. Que je sache, Le Monde n'en a informé ses lecteurs qu'au détour d'une phrase. Et, à vrai dire, même au Royaume-Uni, ce coup de théâtre n'a pas eu l'écho qu'il aurait mérité: "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose".

Notes

[1] Contrairement à la High Court, les Law Lords ont reconnu que la séparation des pouvoirs implique de ne pas substituer l'appréciation bien pensante des juges à celle de l'autorité compétente mais de ne sanctionner qu'un abus manifeste, en l'occurrence pas réalisé. Même si c'est moins gratifiant pour l'ego.

Au-delà du droit-de-l'hommisme

Les limites du droit, de l'approche légaliste, de la juridification de la vie sont un de mes thèmes récurrents sur ce blog, mais le plus souvent sous-jacent. KoZ y consacre un très beau billet, développé, en résonance avec la mort de Soljenitsyne. Je vous le signale déjà, en attendant peut-être d'y revenir.

vendredi 25 juillet 2008

Obama rencontre l'opposition partout, sauf à Paris

Bon, tout est dans le titre... Le candidat en attente de confirmation par la convention démocrate fait une tournée internationale en vue de voir par lui-même les lieux et les personnalités avec lesquels ils aura à travailler pour les 4 ou 8 prochaines années, s'il est élu en novembre face à McCain. Cela veut généralement dire le tenant du pouvoir en place mais aussi, c'est dans les usages démocratiques, son alternative possible. En Allemagne il s'agit certes de la chancelière CDU et de son vice-chancelier SPD, qui sont dans le même gouvernement de grande coalition, mais au Royaume-Uni ce sera bien le premier ministre Gordon Brown et le chef des conservateurs David Cameron[1] (mais surtout Tony Blair, qui reste une valeur sûre aux Etats-Unis).

En France c'était un problème (et cela milite en faveur de la conception ségoliène[2] du premier secrétaire du PS): qui voir? Pas le premier secrétaire sortant, quand même. Après, c'est la bataille de chiffonniers, pour le moment, il n'y a personne qui a une stature suffisante pour incarner l'opposition. On voit bien le ridicule qu'aurait une délégation. Une connaissance fine de la vie politique française aurait pu conduire ses conseillers à lui faire voir Michel Rocard, histoire de montrer qu'il n'a rien à craindre des septuagénaires, bien au contraire.

Notes

[1] Qui a semble-t-il gagné la course à la plus belle photo, quand bien même il vient d'offrir une belle démonstration de niaiserie: il s'est fait faucher devant le supermarché local son vélo qu'il avait pourtant soigneusement enchaîné autour d'un poteau... de 80 cm, il a suffi de le soulever pour l'emporter; elle n'aurait de toute façon pas sauvé un Gordon en perdition.

[2] Deux "n" ou un? Note de Guillaume Barry: Si on veut faire preuve de correctitude grammaticale autant que sémantique, il faudra préférer un sobre 'ségolénienne' à 'ségolénale', 'ségoléniste' ou ségolénique'. Sinon, c'est impérativement 'ségoliène', mais qui serait l'adjectif dérivé de 'Ségole', dont on dirait que 'Ségolène' est elle-même un premier dérivé; mais on ne peut en tout cas pas avoir un e grave suivi de deux n - même en hommage à quelqu'un qui s'est illustré par sa production de néologismes. - C'est corrigé, merci!

jeudi 24 juillet 2008

De Max Mosley à Roland Nef, en passant par Bill Clinton

Billet revu et augmenté samedi 26.07, actualisé à 23h35[1]

Max Mosley, je vous en parlais ici, a gagné son procès: le News of the World devra lui payer 60'000 £ pour violation de sa vie privée (voir les 54 pages du jugement[2] qui présente de manière très lisible, étroitement et didactiquement articulés, l'état de fait, la situation juridique -- avec un accent tout particulier sur la jurisprudence pertinente -- et le raisonnement, à la première personne, du juge). Une compensation surtout morale puisqu'elle ne répare en rien le dommage gratuitement infligé par la publication de son goût pour la scène SM, en particulier vis-à-vis de sa famille qui n'en savait rien. Est-ce une menace pour la liberté d'expression, celle de la presse en particulier? Ce n'est que depuis la ratification de la Convention européenne des droits de l'homme que les tribunaux du Royaume-Uni ont commencé de la mettre en balance avec un droit à la vie privée. A vrai dire, la crainte de voir un tel jugement s'appliquer à une enquête légitime paraît aussi loufoque que la défense des procédés du NoW serait perverse. Le montant accordé, s'il est record au Royaume-Uni, reste modeste[3], et le juge a refusé d'infliger des dommages-intérêts "punitifs".

En Suisse nous avons également en ce moment une belle affaire de déballage par la presse d'éléments relatifs à la vie privée d'une personnalité, en l'occurrence le chef de l'armée[4], Roland Nef, récemment nommé par le Conseil fédéral. Ce qui a commencé comme une informalité (l'autorité de nomination n'était pas informée de l'existence d'une procédure pénale, classée, engagée sur la plainte de son ex-compagne) se développe aujourd'hui comme un débat de société à l'américaine sur la vertu privée exigée des hommes (et femmes) publics.

Il y a toutefois une différence fondamentale entre l'affaire Nef et l'affaire Mosley (ou bien d'autres qui viennent à l'esprit: l'affaire Lewinsky pour Clinton, l'affaire Spitzer[5]): l'existence d'une victime[6]. Selon la presse, dépit ou vengeance, Nef aurait utilisé le Net de manière à ce que son ex reçoive des propositions sexuelles qu'elle n'avait nullement sollicitées. Il est désormais suspendu, en attendant un départ qui paraît inévitable, sauf nouveau coup de théâtre, en raison de l'atteinte portée par ces révélations à sa crédibilité.

COMPLEMENT DE 18h05

Le débat sous-jacent est au fond le suivant: la société peut-elle exiger un degré de sainteté (fût-elle laïque!) proportionnel à la responsabilité exercée à son égard? Au citoyen lambda le droit à la médiocrité et à la cuite du samedi soir[7], aux politiciens, dirigeants d'entreprises, de syndicats ou d'organisations non gouvernementales[8], hauts fonctionnaires, hauts gradés, sportifs d'élite (le show-biz, on le sait, échappe encore largement à cette exigence) non seulement d'exceller dans leur domaine après s'être imposés face à une concurrence féroce, mais encore d'être des exemples dans leur vie de tous les jours voire jusque dans leurs pensées... La réponse n'est pas aussi évidemment négative que j'ai l'air de le suggérer avec cette formulation: il est clair que l'hypocrisie mensongère, "Faites ce que je dis, pas ce que je fais", peut et doit être dénoncée. Lorsque c'était encore d'actualité, je n'étais pas le dernier à défendre l'incitation active à sortir du confort de la confidentialité pour les personnalités gaies ou lesbiennes, voire l'outing de celles qui de surcroît s'affichaient homophobes. Mais c'est finalement toujours du cas par cas, et je ne crois certainement pas que telle attitude, même hautement critiquable, dans la vie privée oblitère nécessairement la vie publique.

Prenons l'exemple de Bill Clinton. Pour ceux qui haïssaient sa politique, l'affaire Lewinsky confirmait simplement tout le mal qu'ils en pensaient. Mais ceux qui approuvaient sa politique, admiraient le politicien, l'homme d'Etat: la tache sur la robe de Monika doit-elle leur faire tomber les écailles des yeux, réaliser qu'ils avaient tort? Non, bien sûr, pas plus que l'alcoolisme dépressif de Churchill n'enlève quoi que ce soit à ses mérites. Ma théorie personnelle, aux antipodes du vice privé qui se reflèterait nécessairement dans la prestation publique, ce serait plutôt qu'un individu de génie n'est pas seulement un être ordinaire (hélas) comme le proclame le dicton "Nul n'est un grand homme pour son serviteur", mais a probablement des défauts à sa mesure... Attention donc à ne pas créer une situation dans laquelle seuls les médiocres seront considérés comme sans risque.

COMPLEMENT DU 26.07 A 13h45

Affaire Mosley

Il y a eu des réactions extrêmement corporatistes dans la presse[9], agrémentées de l'habituel déni que la Convention européenne des droits de l'homme puisse avoir une quelconque pertinence quand bien même c'est bien le Parlement qui l'a incorporée au droit britannique (il faut dire qu'à l'autre extrême les exemples caricaturaux abondent ici de précautions les plus absurdes mises en oeuvre par invocation frileuse voire masochiste de la CEDH, qui feraient bien rire les autorités françaises ou italiennes). Quand bien même le jugement réfute expressément l'argument (ch. 73ss.), le Times allait hier jusqu'à laisser entendre que Mosley et la principale organisatrice, Woman A, ont détruit des courriels qui auraient prouvé la thématique nazie (il exhume aussi, en une sorte de diffamation par association, une note d'Orwell dans son Journal, en 39: "Il apparaît de source sûre qu'Oswald Mosley [le père, chef des fascistes britanniques] s'adonne en privé au sado-masochisme le plus extrême"...).

Mais Woman E, la témoin de la défense qui a fait défaut et à qui ces rats du NoW n'avaient même pas payé la somme convenue pour son rôle et la caméra dans son soutien-gorge (ou faut-il dire bustier?), a présenté des excuses et confirmé que la séance n'avait rien de nazi; l'explication que je donnais d'emblée que les Britanniques assimilent trop facilement allemand et nazi est largement reprise (il y avait pourtant eu de remarquables expressions de repentance à l'égard de ces préjugés à l'occasion de la Coupe du Monde de football en Allemagne, mais c'est trop profond...).

Affaire Nef

Il présente donc sa démission. Mais "pas d'argent, pas de Suisse": aucun panache aucune tentative même de se replacer sous un jour plus honorable, en humain faillible ou en militaire se sacrifiant pour ne pas entacher l'institution. Seulement des négociations laborieuses sur les conditions du départ. De quoi envier ce qui m'apparaît autrement comme une douteuse spécificité française, résurrection napoléonienne des privilèges de l'Ancien Régime pour l'aristocratie du pouvoir: la dissociation de l'appartenance à un corps, auquel sont liées les conditions matérielles, plus ou moins à vie, si je comprends bien, et la fonction exercée. On peut certes la perdre de manière assez sèche tous les mercredis en conseil des ministres, mais on peut aussi s'en retirer sans mesquinerie.

Notes

[1] Ce genre d'indication est-il utile pour qui lit ce blog par fil RSS? RSVP

[2] Pour un commentaire juridique détaillé et en français, voir Jules de Diner's room.

[3] Tant pour pour News Corp., le groupe de Rupert Murdoch qui édite le NoW, que pour Mosley, qui consacrait 75'000 £ par an à son hobby.

[4] Ça aurait sans doute amusé Foucault mais c'est son titre, et non seulement la chose, comme les conseillers fédéraux qui composent l'exécutif collégial sont appelés "chef (ou cheffe) du département" ministériel qu'ils dirigent chacun. C'est seulement en temps de guerre que l'Assemblée fédérale élit ce que l'on appelle alors un "général".

[5] Est-ce l'avantage de ne pas être élu? Contrairement à eux, Mosley ne s'est jamais senti obligé d'exprimer l'ombre d'un remord, plaçant entièrement sur le NoW la responsabilité de l'épreuve infligée à celle qui est son épouse depuis 48 ans ainsi qu'à ses deux fils, et revendiquant fermement pour lui-même le rôle de la victime outragée: "He was the first witness, and gave a performance that bristled with self-righteousness and self-confidence.".

[6] Dans cette mesure, elle se rapproche plutôt des affaires scandinaves où l'on a vu des ministres démissionner lorsque la presse a été révélé l'emploi de personnel étranger sans titre de séjour, ou l'usage abusif d'une carte de crédit professionnelle.

[7] Deux cuites par mois font partie de la nouvelle définition du minimum vital (excellente au demeurant, je voulais en faire le sujet d'un billet spécifique) proposée par une fondation charitable -- c'est en Grande-Bretagne évidemment, pas en Suisse!

[8] Ben oui, il n'y a pas de raison...

[9] Ainsi, plus largement, qu'une alliance contre-nature entre libertaires (fondamentalistes de la liberté d'expression) et hérauts de la morale conservatrice traditionnelle, exprimée par exemple par l'ancien archevêque de Cantorbéry ou ce commentateur catholique. Le juge Eady y avait répondu par avance: "(I)t is not for the state or for the media to expose sexual conduct which does not involve any significant breach of the criminal law. That is so whether the motive for such intrusion is merely prurience or a moral crusade. It is not for journalists to undermine human rights, or for judges to refuse to enforce them, merely on grounds of taste or moral disapproval. Everyone is naturally entitled to espouse moral or religious beliefs to the effect that certain types of sexual behaviour are wrong or demeaning to those participating. That does not mean that they are entitled to hound those who practise them or to detract from their right to live life as they choose" (ch.127). "It is not simply a matter of personal privacy versus the public interest. The modern perception is that there is a public interest in respecting personal privacy" (ch. 130) -- c'est moi qui souligne.

mercredi 23 juillet 2008

Malraux - Blair même combat!

J'aime bien les séries d'articles du Monde cet été, d'abord ces portraits de frères et soeurs puis ces rêves de leaders... Hier c'était celui de Tony Blair (dans Le Temps aussi bien que dans Le Monde). Il s'exprime simplement, mais avec passion, sur lé rôle que la religion joue dans sa vie. Une foi trouvée sans angoisse et vécue avec une jubilation généreuse et pour tout dire oecuménique, lorsqu'il raconte qu'il n'a pas attendu le 11 septembre 2001 pour lire le Coran. Et il précise (comme si cela était nécessaire) que si cette inclination informe ses choix, elle ne les détermine pas: "Ma défense résolue de la recherche sur les cellules souches témoigne de ma liberté", il aurait pu aussi citer le partenariat pour les couples de même sexe. Sa conversion au catholicisme? "(P)our partager, très naturellement, la religion de ma famille". Cherie ne s'en embarrasse pas davantage, qui raconte dans ses mémoires que si Leo a été conçu lors d'un séjour du couple au château de Balmoral avec la famille royale, c'est parce qu'elle avait laissé à Londres son nécessaire de contraception... Des catholiques modernes comme on souhaite des musulmans modernes!

Pour lui comme pour Malraux, "Le XXIe siècle sera religieux" -- mais autant faire en sorte que cela soit bénéfique à l'humanité: la Tony Blair Faith Foundation, qui embrasse les six grandes religions, trouve ainsi sa place au côté d'une fondation pour l'intégration des jeunes par le sport dans la région dont il fut l'élu, son mandat de représentant du Quartet au Moyen-Orient, son engagement contre le réchauffement climatique ou ses activités de consultant ou d'administrateur... Un one-man-show global et multiforme à l'enseigne de The Office of Tony Blair qui suit les exemples de Jimmy Carter ou Bill Clinton.

COMPLEMENT DE GUILLAUME BARRY A 14h00: La foi assumée d'un Tony Blair doit être bien déconcertante pour les honnêtes hommes qui voient dans l'athéisme, humaniste, droits-de-l'hommiste, la seule manière conséquente de se réclamer des Lumières et d'être moderne (en tolérant bien sûr avec commisération les expressions de la foi).

Or, pour les profanes qui, comme moi, ne maîtrisent pas les subtilités de la troisième voie, Tony Blair incarne la modernité. Je me représente grossièrement sa démarche, sinon comme une synthèse (Aufhebung hégélienne?), pour le moins comme une optimisation de l'économie de marché et de la social-démocratie réconciliées. Bref un esprit affranchi des préjugés et des dogmes de toutes sortes.

Et voilà que ce personnage public apporte la démonstration que la foi (par ailleurs décomplexée et jamais sur la défensive) s'accommode d'une indépendance d'esprit totale - pour ne pas dire, en toute partialité, qu'elle la fonde. Si j'avais pu avoir des doutes sur le personnage, ils sont maintenant levés, et je n'ai plus à me sermonner en me disant que je n'étais peut-être que sous l'influence d'un charme trompeur. Son charme extérieur était donc bien animé d'une brillance qui vient de l'intérieur...

vendredi 18 juillet 2008

Sac en plastique: un bouc-émissaire et non un symbole

Au Royaume-Uni, c'est Gordon Brown lui-même qui s'en mêle: il est impératif de réduire voire d'éradiquer l'usage des sacs en en polyéthilène distribués de manière généralisées aux caisses des supermarchés, en les taxant ou en les interdisant[1]. En France je ne doute pas que le Grenelle de l'environnement a trouvé un accord là-dessus. Et en Suisse c'est un parlementaire démocrate-chrétien qui présente une motion sur le sujet[2], et s'indigne au passage dans Le Temps d'un projet d'exporter de l'eau minérale aux Etats-Unis (l'un de ses collègues veut d'ailleurs interdire, tout court, l'eau minérale).

Tout récemment Swissinfo s'est fendu d'un dossier sur les initiatives dans ce sens, en Suisse et à l'étranger. Mais il est un peu court sur la question centrale, finalement: l'impact environnemental réel de ces maudits sacs. Or je me souviens que le FT Weekend Magazine avait, lui, consacré un dossier à cette question précisément (et le plastique en général, pas seulement les sacs): le voici. De quoi désespérer sur nos fixations sur le gimmick qui fait qu'on se sent moralement supérieur, sans considération d'efficacité.

Notes

[1] Au moment où les unes après les autres les enseignes rivalisent de distribution de sacs durables et de campagnes incitatives à les réutiliser, avec un résultat que je trouve notable alors que depuis des années mon calvinisme écologique enrageait de ce que je voyais...

[2] En Suisse cela fait des années que le sac plastique est marginal par rapport aux cabas réutilisables, et en papier, que les supermarchés vendent, mais cela focalise probablement d'autant plus l'attention sur l'hérétique.

mercredi 9 juillet 2008

Fessée nazie: l'inconscient anglais en procès

L'un des nombreux paradoxes de la société britannique est le suivant: si vous demandez réparation d'une atteinte illicite à votre vie privée, vous commencez par multiplier cette atteinte. Il faut une capacité singulière d'obstination dans l'adversité, ancrée dans la certitude de défendre un principe essentiel (et c'est ma foi l'une des qualités traditionnellement attachées à la mentalité insulaire) à Max Mosley, le demandeur, pour poursuivre le News of the World, le défendeur. Vidéo à l'appui, le magazine à scandale avait révélé en mars le goût pour les jeux sado-masochistes dans une mise en scène piquante du patron de la course automobile de formule 1 (et fils d'une famille haïe, cela joue un rôle); celui-ci était parvenu à s'y adonner dans le plus grand secret pendant 45 ans, vis-à-vis en particulier de sa femme et de ses enfants. Cette semaine, le procès a lieu, en audience publique comme il se doit, et donne donc lieu à compte-rendus aussi exhaustifs que neutres ("Il a dit...", "elle a dit...", "l'avocat a dit...") dans les journaux les plus convenables. Il y a certainement matière à l'une de ces pièces qui fait fureur ici où l'on met magistralement en scène des extraits verbatim d'un événement d'actualité.

La goutte d'eau qui semble avoir fait déborder le vase, tant pour l'écoeurement vendeur du News of the World que pour l'indignation cérébrale de Max Mosley, c'est que ces jeux sexuels se seraient inscrits dans un contexte "nazi": l'une des cinq partenaires féminines[1] de Mosley était allemande, le scénario comprenait entre autres l'interrogatoire d'une autre partenaire féminine dans cette langue qu'elle ne connaît pas du tout, Mosley s'appliquant pour sa part à donner un accent allemand à son anglais.

Frappé, probablement comme tous les étrangers, par la rémanence en Grande-Bretagne d'un antigermanisme épidermique lié à la deuxième guerre mondiale, qui n'a d'équivalent ni en Suisse, ni en France, ni aux Etats-Unis, je suis tout prêt à donner raison sur ce point aux deux parties. Pour Mosley, né en 1940, allemand n'est pas nazi (et une vie entière sous le poids de l'engagement de son père comme chef des fascistes britanniques et de la vénération de sa mère, Diana Mitford, pour Hitler, qui leur valut à tous deux l'internement, puis l'exil à Paris, ne l'incite nullement à érotiser ce moment de l'histoire allemande); il tient sa vie sexuelle en général pour strictement privée mais s'indigne particulièrement de cette accusation. Quant au News of the World, il est certainement de bonne foi, conformément à des préjugés solidement ancrés et largement répandus[2], en "voyant" du nazisme dans un interrogatoire en allemand suivi de fessées. Voir ce compte-rendu particulièrement éclairant.

Au demeurant, la vraie question est celle de l'atteinte à la vie privée, ou plus précisément de la justification pour un média de la commettre. Est-ce la saveur nazie (plutôt que, disons, "Club Méd'", avec des GO particulièrement enthousiastes, qu'aurait eu la même scène sur un mode français, italien ou espagnol) qui créé l'intérêt public? Même le NoW ne va probablement pas soutenir cela; il s'en tient à la thèse que, par sa fonction de président de la Fédération internationale de l'automobile, Mosley est un homme public, un personnage influent, et qu'il n'est pas indifférent de connaître ses (répugnantes, évidemment) pratiques SM. Bien sûr cet aspect de sa personnalité n'est connu que grâce au magazine, mais celui-ci invoquera comme intérêt public le risque que présente, vis-à-vis d'un maître-chanteur, l'existence d'un tel secret... Un raisonnement[3] dont on se demande où, dans la hiérarchie sociale, placer précisément le curseur, qu'il s'applique ou non à Mosley; mais bien sûr le juge n'ira pas jusque là.

Pour ma part je souhaite sincèrement que Mosley gagne. Complément du 24.07: le jugement

Notes

[1] C'est l'une d'elle qui a caché la caméra pour le compte du NoW, les quatre autres témoignant au procès pour le demandeur.

[2] La question cruciale: comment se situe le juge, Mr Justice Eady, à cet égard? Réponse du 24.07: le juge Eady est manifestement un homme plus moderne et informé sur le monde contemporain que sa perruque le donne à craindre.

[3] Appliqué naguère à l'homosexualité.

dimanche 29 juin 2008

Repos

En ce jour de TGRM (très grande récréation mondiale), je célèbre deux cultes dans ma paroisse en tant que prédicateur laïc. A la veille d'un départ en vacances chez les Ch'tis (une destination choisie avant d'avoir connaissance du film), et après des semaines bien remplies, j'ai choisi de méditer sur le thème du repos, histoire de me prêcher aussi à moi-même. Pour ce faire, j'ai proposé en alternance la lecture de quatre textes bibliques et les réflexions qu'ils m'ont inspirées.

Lire la suite

vendredi 27 juin 2008

Dédramatisation

A propos de l'affaire Nestlé - Securitas - Attac (mandatée par Nestlé, une société de sécurité privée a recruté des étudiants pour infiltrer une section vaudoise de l'organisation altermondialiste), Philippe Barraud relativise et dédramatise en disant que l'infiltration, "c'est de bonne guerre" pour la multinationale.[1] C'est de bonne guerre puisque que l'infiltration, rappelle Barraud, fait partie des méthodes de lutte prônées par les organisations de gauche historiques qui se respectent.

On pourrait juste lui rétorquer que l'indignation vertueuse exprimée par la partie infiltrée et ses sympathisants (la gauche en général) est aussi de bonne guerre. Restent les médias, qui eux ont relayé cette indignation. Est-il possible qu'ils aient omis de laisser penser qu'une autre lecture est possible? Une réponse affirmative justifierait alors l'existence des Philippe Barraud et l'intérêt qu'ils représentent – disons, pour les fois où lui-même il ne s'indigne pas vertueusement[2]. Mais: que celui qui ne s'est jamais indigné vertueusement jette la première pierre.

Notes

[1] On était en 2003, à la veille du G8, et Nestlé s'inquiétait de ce qui se préparait à proximité de ses bâtiments de Vevey.

[2] Dans ses croisades écologique et antitabagique notamment.

lundi 23 juin 2008

Le Zimbabwe entre héroïsme et martyre

Arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle, en ayant par ailleurs conquis la majorité absolue au parlement, tout cela de l'aveu même du régime, Morgan Tsvangirai retire sa candidature à une semaine du second tour, et se réfugie personnellement à l'ambassade des Pays-Bas. Robert Mugabe pourra donc se proclamer élu par défaut -- le principal étant, à vrai dire, la campagne qu'il mène contre son peuple par la famine et la terreur. Faut-il le reprocher à Tsvangirai et à son parti, comme le fait allègrement David Blair dans le Daily Telegraph? Il est lui-même un grand reporter qui a mouillé sa chemise sur tous les continents, et pas un simple commentateur de salon. Mais tout de même: il y a, je trouve, une grandeur foncièrement démocratique dans ce refus du MDC d'envoyer au massacre jusqu'au dernier militant[1]. Et c'est au fond une manière plus éclatante encore qu'un résultat truqué de souligner l'illégitimité du régime.

Tsvangirai porte depuis des années le poids considérable d'une opposition admirable qui persiste obstinément à vouloir se battre avec les armes du droit et du bulletin de vote. Résignons nous au fait qu'il n'est pas un saint laïc à la Nelson Mandela. Ce n'est qu'un héros faillible à la Churchill ou à la Walesa, personnifiant un combat qui a obtenu des victoires inouïes, de recours judiciaire en référendum et en élections générales. Mais il a aussi ses défauts et ses erreurs.

Et ce que j'admire c'est la formidable résilience du peuple du Zimbabwe, que la communauté internationale (Afrique en tête) doit maintenant ne plus oublier afin que l'ultime "victoire" par la terreur de Mugabe soit le début de la fin de son régime.

Notes

[1] Mugabe semble encore pratiquer ce curieux usage des puissants: épargner la vie de son alter ego de l'opposition (les coups et les détentions arbitraires étant, pour leur part, permis). Ce fut déjà le cas avec Joshua N'Komo, l'autre leader de l'opposition intérieure au régime raciste de Ian Smith, dont les partisans ont été annihilés.

samedi 21 juin 2008

Initiation

Une vidéo découverte au détour d'un billet d'Hugues... Comme je commence à l'envoyer par courriel, autant en faire profiter tout le monde!


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